‹ Principes de chimie biologiqueChapitre 41 sur 94 · SS · texte numérisé non relu

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Lorsqu'on cherche, d'après ces chiffres, combien iùO Tolames de gaz du chien* et du mouton contiennent chacun des gaz pris isolément, on arrive au résul* tat suivant.

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icide carbonique. . . .

Oijgène

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M. Bernard dose Toxygène du sang par une autre méthode. Il déplace l'oxygène de l'hémoglobine par tm courant d'oxyde de carbone, et mesure la quantité de gaz que fournit un volume déterminé de sang. L'opé* ration se fait sur le mercure dans une cloche graduée. On introduit avec une seringue, sous la cloche, environ 15"^ de sang, on en détermine le volume, puis de Toxyde de carbone ; on agite, et on attend vingt «quatre heures. On fait passer les gae dans une éprouvette gra^ duée, on absorbe d'abord l'acide carbonique par la potasse, puis Toxygène par l'acide pyrogallique. Le volume de gaz disparu indique la proportion de ce dernier gaz. Les chiffres trouvés par cette méthode comparés avec ceux fournis en se servant de la ma^ ehioeppeumatiqueà mercure sont sensiM^mentégaui.

Le tableau suivant, d'après Nawrocki, donne le résultat comparatif des deux procédés.

QOAXnri D'oXTfiiHB DéTIRHIlfiB DANS LX MÊME SANG.

par la machine

pneumatique

à mercure.

par la méthode

de

M. Bernard.

l'*CXDéri«DM • . . •

ï* exoérience

3" exDérieDce

Ozjfène.' — L'oxygène pénètre sous forme gazeuse les bronches et les cellules pulmonaires. Existe-t-il également à l'état de gaz libre dans le sang, ou s'y trouve-t-il en combinaison? La plupart des physiologistes et des chimistes du commencement de ce siècle soutinrent la première opinion. Ils en donnèrent pour preuve la possibilité de déplacer l'oxygène du sang, au moins dans certaines conditions, à l'aide d'un courant d'acide carbonique. Mais les observations de Liebig, les expériences de Magnus, de Meyer, de Claude Bernard ont montré depuis l'insuffisance de cette démonstration , et font admettre aujourd'hui que l'oxygène se trouve dans le sang à l'état de combinaison insiabie.

On sait, en effet, que lorsqu'un gaz est simplement absorbé physiquement par un liquide et non combiné avec lui, la quantité de gaz qui se dissout est propor-

SAKG. 847

tionnelle à la pression que le gaz exerce sur le liquide. Elle augmente ou diminue selon que la pression augmente ou diminue. Or Toxygène en contact avec le sang se comporte d'une manière toute différente. La quantité capable d*être absorbée est toujours la même, malgré les changements de pression. D'après M\I. Femet et Meyer, à la température ordinaire, et sous la pression de 0,760, mille volumes de sang absorbent 9,2 à 9,5 volumes d'oxygène; ces chiffres restent constants lorsqu'on augmente ou qu'on diminue la pression. Ils démontrent donc que la quantité de gaz absorbé est indépendante de cette pression même, à condition toutefois, comme l'a constaté M. Bert, que la pression ne varie que dans des limites peu étendues. Comme conséquence, on doit donc admettre que l'oxygène n'est pas maintenu dans le sang par un simple phénomène de dissolution, mais qu'il y a, suivant Pexpression de Liebig, une attraction particulière ayant pour effet de produire une combinaison chimique.

L'oxygène est surtout fixé par les globules du sang. Berzelius avait déjà remarqué que le sérum dissout moins d'oxygène que le sang défibriné. Magnus a constaté que le sang absorbe beaucoup plus d'oxygène que l'eau pure. IJOOO volumes d'eau, d'après Gay- Lussac, absorbent 9 1/4 volumes d'oxygène, 100 volumes de sang en dissolvent de 100 à 150 volumes. M. Fernet a vu qu'à la température ordinaire, le sang absorbe 5 fois autant d'oxygène que le sérum privé complètement de globules sanguins.

Contrairement à ce qui se passe dans les simples dissolutions gazeuses, les globules sanguins ne dissolvent pas une quantité de gaz d'autant plus grande que la température est plus basse. Ds s'imprègnent d'une quantité maximum d'oxygène de 40* à 45®. Passé cette température, des phénomènes d'oxydation se produisent, et l'oxygène disparait. Hoppe Seyler a montré que les globules fixent l'oxygène par leur hémoglobine.

L'oxygène fixé par le sang, acquiert des propriétés oxydantes très-énergiques à une température où l'oxygène ordinaire est sans action. Il est comparable à Tozone par l'énergie de ses réactions. D'après Schœnbein, en effet, les globules du sang jouissent d'une propriété semblable à celle que possèdent l'essence d'amandes amères et Pessence de térébenthine, capables, comme on sait, de transformer l'oxygène ordinaire en ozone et antozone. L'antozone forme de l'eau oxygénée, l'ozone se décompose immédiatement en partie par oxydation, en partie en s'unissant à l'antozone de l'eau oxygénée pour former de l'oxygène ordinaire. Cette double décomposition explique pourquoi on n'a jamais trouvé d'ozone dans le sang. Elle est due aux globules qui décomposent l'eau oxygénée en se décomposant eux-mêmes. En effet, le sang ne perd la propriété de décomposer l'eau oxygénée que lorsqu'il est complètement décoloré. L'essence de térébenthine agitée à l'air absorbe Toxygène, le transforme en ozone, et bleuit la teinture de gaïac; pure, elle est sans aotion. Mais Tient->on à lui ajouter

8A96. tit

quelques globules de sang artériel : elle bleuit immédiatement la teinture de gaîac; Toxygène du sang a formé de Tozone. Cette teinte bleue est tellement forte et caractéristique, qu'elle peut même servir à reconnaître des quantités extrêmement faibles de ces globules.

Le peroxyde d'hydrogène peut dissoudre Tacide pyrogallique, sans provoquer la moindre oxydation; le liquide reste incolore, mais si on ajoute une trace de noir de platine, il brunit rapidement. La même expérience répétée, en remplaçant le noir de platine par des globules sanguins, amène pareillement la production d'une teinte brune. Ces faits ont conduit Schœnbein à conclure que les globules sanguins ont la propriété de transformer Tantozone Q en ozone Q L'ozone est pour lui la cause des phénomènes d'oxydation produits par le sang.

Malgré la facile décomposition de Toxyhémoglobine, elle ne perd pas son oxygène en présence de certains corps très-avides d'oxygène. M. Claude Bernard a vu que Tacide pyrogallique, qui absorbe rapidement l'oxygène dans les ï^olutions alcalines, est cependant sans action sur l'oxygène du sang.

Outre Toxygène combiné aux globules, le sang contient une très-petite quantité de ce gaz dissous dans le sérum, en proportion variable, suivant la quantité et le rapport des différents sels, ainsi que l'a bien déterminé M. Fernet. Meyer avait déjà remarqué que lorsque le sang devient plus aqueux, la proportion d'oxygène qu'il peut entraîner à Tétat de combinaison

diminue rapidement; celle qu'il absorbe à l'état de simple dissolution augmente au contraire.

On a vu que l'oxygène forme avec l'hémoglobine une combinaison défmie, que, quelle que soit la quantité d'oxygène mise en rapport avec du sang défibriné, la proportion d'oxygène absorbé e^i sensiblement la même, qu'elle est à peu près indépendante de pressions qui ne varient que de 0,600 à 0,700°^. Ces expériences prouvent que, dans certaines limites, on peut respirer une atmosphère contenant une quantité variable d'oxygène, sans en introduire dans le sang une quantité diff^érente de celle qui s'y rencontre normalement, et sans que rien vienne troubler le jeu régulier des fonctions, et changer la composition de l'air expiré. MM. Regnault et Reiset ont constaté, en effet, que des animaux qui respirent dans une atmosphère contenant deux ou trois fois plus d'oxygène que Tair, n'éprouvent aucun malaise, et que les produits de la respiration et la quantité d'oxygène consommée restent sensiblement les mêmes que dans Pair normalement constitué. On explique par ce même fait que les hommes peuvent être soumis impunément à des augmentations et des diminutions de pression atmosphérique considérables. Les ouvriers vivent et travaillent sans souffrance dans des cloches à plongeur, sous des pressions allant de deux à sept atmosphères ; les habitants des montagnes supportent sans inconvénient la raréfaction de l'air. Mais on a été trop loin en. regardant le sang comme le régulateur absolu de l'absorption de l'oxy-

gène. M. Bert a montré que les proportions de gaz fixées par le sang varient dès que les changements de pression deviennent un peu considérables. Le sang veineux des animaux soumis à l'action de Tair comprimé est rouge comme le sang artériel, et la proportion d'oxygène dissous est au-dessus du chiffre normal.

Aeide earboniqne. — Le saug arrivé au poumon absorbe de Poxygène, perd de l'acide carbonique, et de sang veineux devient sang artériel. Le lieu où se fait la réaction inverse, la transformation du sang artériel en sang veineux, n'a pas été connu primitivement. Lavoisier et Laplace pensaient qu'une combustion pure et simple des éléments du sang s'effectuait au niveau du poumon, en donnant naissance à Tacide carbonique contenu dans l'air expiré. Cette opinion ne peut être admise. L'acide carboniquje se constate dans le sang veineux longtemps avant son arrivée au poumon. On ne peut donc concevoir la formation exclusive de ce gaz au niveau de ces organes. Quelle que soit son origine, l'acide carbonique existe tout formé dans le sang. On a cherché par de nombreuses expériences à déterminer s'il y est en simple dissolution, ou à l'état de combinaison. On crut tout d'abord que l'acide carbonique s'y rencontre sous ces deux états, et on pensait en avoir la preuve dans Texpérience suivante. En soumettant du sang à l'action du vide, on obtient un dégagement d'acide carbonique ; puis en ajoutant un acide au sang, on constate un nouveau dégagement d'acide carbonique. Lothar

S5S CHIMIE BIOLOGIOUE.

Meyer ne put enlever complètement Tacide carbonique du sang par Taction combinée du vide et de la chaleur ; il produisit un nouveau développement de gaz par une addition diacide tartrique. Ce fait n'est pas exact. Ludwig, Setschenow et Preyer parvinrent à extraire tout Tacide carbonique du sang par l'actioo du vide seul et de la chaleur: ce qui semble prouver que l'acide carbonique se trouve dans un seul et même état.

L'acide carbonique n'est dissous qu*en faible pro« portion par les globules du sang. Il se trouve principalement dans le sérum. On a fait de nombreuses expériences pour déterminer si la fixation de ce gaz ne résultait pas de sa combinaison avec quelques-uns des sels du sang. Une dissolution de carbonate de sodium se change en présence d'un excès diacide carbonique en bicarbonate de sodium. Cette transformation a lieu par combinaison chimique, et est indépendante de la pression. Le bicarbonate de sodium en solution aqueuse, placé dans le vide, ou soumis à l'action d'un gaz inerte comme T hydrogène, perd son acide carbonique et redevient carbonate neutre. Si les carbonates se comportent dans le sérum comme dans l'eau, ils doivent être considérés comme des sels capables de fixer l'acide carbonique dans le sang. Cependant cette transformation des carbonates en bicarbonates en présence du phosphate de sodium, qui existe toujours dans le sérum, s'accorde difficilement avec la réaction alcaline du sang, car on ne peut supposer la présence simultanée de ces deux sels sans admettre aussi leur décom-

position partielle, d'où résulte la mise en liberté d'une petite quantité d'acide phosphorique, résultat incompatible avec l'état alcalin du sang. Cette difficulté ne parait pas sérieuse, Sertoli regarde la quantité de phosphate contenue dans le sérum comme trop faible relativement pour changer la réaction des carbonates et pour modifier leur action propre.

M. Fernet^ a déterminé la quantité d'acide carbonique que peut dissoudre chacun des éléments du sérum en particulier. Il a vu que l'action du carbonate de sodium résulte de la transformation du carbonate simple en bicarbonate, par suite de la fixation d'une molécule d'acide carbonique, et de l'action dissolvante de la solution du bicarbonate sur l'acide carbonique. Cette dernière possède un coefficient de solubilité un peu moindre que celui de l'eau, et d'autant plus faible que le sel est en plus forte proportion.

Le phosphate de sodium ordinaire forme d'abord avec l'acide carbonique une combinaison qui a pour formule, en équivalents (PhO*.2CO*) {2NaO.HO), et la solution du nouveau sel dissout une nouvelle proportion de gaz?

La combinaison du phosphate de sodium ordinaire et de l'acide carbonique, à laquelle M. Fernet fait jouer un rôle important pour la fixation de l'acide carbonique, ne peut exister que dans des dissolutions étendues, et se décompose dès qu'on cherche à les concentrer. Aussi Meyer, auquel on doit ces observations, ne

* Fcmet, Annales d'Histoire naturelle. 4* s^rlo, Zoologie, t. VIII, page 134.

pense pas qu'un phénomène de cet ordre s'accomplisse dans le sang. Toutefois SchœfTer fit voir que le sel de M. Fernet peut se détruire par une diminutiqn de pression ou le passage d'un gaz étranger; et il trouva qu'il existe, entre la quantité de phosphate de sodium contenu dans les cendres du sang et la quantité d'acide carbonique, un rapport précisément semblable à celui que demande la formule proposée plus haut. Cette dernière observation ne suffit pas pour prouver la préjexistence de ce sel. Elle repose sur l'hypothèse que tout le phpsphore contenu dans le sang est à Tétat d'acide phosphorique; on sait au contraire qu'une partie de ce métalloïde entre dans la composition de la matière phosphorée, ou lécithine. Sertoli, en effet, détermina la quantité de phosphate de sodium qui se trouve dans les cendres du sang, lorsque au préalable on a enlevé de celui-ci les corps organiques phosphores ; après ce traitement, les cendres de 200 grammes de sang de bœuf ne lui ont donné que 0,0025 à 0,0050 d'acide phosphorique. Cette faible quantité ne pourrait fixer, d'après la formule de M. Fernet, que 0,75 volume d'acide carbonique podr 100 volumes de sérum. On doit donc en conclure que le phosphate de sodium ne joue qu'un rôle accessoire pour la dissolution de l'acide carbonique dans le sang.

Le chlorure de sodium a une action dissolvante moindre que celle de l'eau pure.

En résumé le sérum se comporte, par rapport à l'acide carbonique, comme une solution de phosphate et de carbonate de sodium, et son action se compose :

1' De la fixation d'un certain Tolume d'acide carbonique retenu par une véritable affinité chimique, et demeurant constant quand on fait varier la pression.

2^ De la dissolution proprement dite d'un autre volume d'acide carbonique qui change avec la pression, suivant la loi de Dalton, dont le coefficient de solubilité est un peu moindre que celui de l'eau pure, et diminue à mesure qu'augmente la proportion des matières dissoutes.

Causes du dégagement de r acide carbonique dans le poumon. — Le dégagement de l'acide carbonique des bicarbonates a été regardé par Verdeil comme produit par un acide azoté, particulier au poumon, qu'il nomma acide pneumique.

Depuis, des expériences dues à SchœfTer, ont montré que les globules jouent un rôle tout particulier dans le dégagement de l'acide carbonique. Leur action est semblable à celle d'un acide faible qui mettrait l'acide carbonique en liberté. Les élèves de Ludwig trouvèrent que le vide enlève tout l'acide carbonique du sang, et ne peut dégager celui du sérum ; ils en conclurent que les globules ont une action propre pour amener le dégagement de l'acide carbonique. Preyer divisa le sérum d'un même sang en deux parties , soumit la première à l'action du vide tant qu'il se dégagea du gaz, il ajouta à la deuxième une certaine quantité de globules du sang et la plaça également dans le vide. Quand tout le gaz fui dégagé, il mêla les deux liquides, et vit de nouveau un développement de gaz en quan*

tité juste égale à celle qu'eût produite dans le premier sérum Taddition d'un acide, preuve évidente de l'action des globules sur le sérum.

Pflûger chercha les conditions qui pouvaient modifier cette action particulière des globules ; il étudia Tinfluence de la température; il vit qu'à 0*, le tiers seulement des gaz du sérum se dégage, et qu'en ajoutant de l'eau au liquide, trois à quatre volumes de gaz se développent encore dès que le contenu des globules se répand dans le sérum, par suite de leur destruction en présence de l'eau en excès. 11 expliqua par cette expérience le dégagement d'acide carbonique qui se produit par l'agitation seule du sang. 11 trouva du reste que le sang artériel perd plus facilement son acide carbonique que le sang veineux, mais que le sang veineux dégage aussi facilement son acide carbonique que le sang artériel, s'il a été agité quelque temps à l'air. Il vit là une action particulière de Toxygène, qui formerait un acide avec un des éléments du sang. Il constata que la matière colorante est capable de faire dégager avec l'action du vide, Facide carbonique du carbonate de sodium, et il la considéra comme un acide ; mais ce résultat, exact dans les conditions de l'expérience, ne peut être invoquée pour expliquer le dégagement de l'acide carbonique dans le poumon. Jusqu'à présent aucun fait n'a permis de démontrer l'existence réelle d'un acide des globules, et on doit regarder encore comme des hypothèses les théories fondées sur son existence. On ne peut supposer que ce soit r hémoglobine de Hoppe Seyler qui se décompose pour

former un acide, car l'étude spectrale du sang maintenu à 40"" montre qu'aucune trace d'hématine n*a pris naissance, ce qui aurait eu lieu si T hémoglobine se fût transformée.

Des expériences de Sertoli semblent attribuer aux matières albuminoïdes, un rôle prépondérant dans cette décomposition. Il vit que l'albumine du sang, aussi bien que la globuline extraite du cristallin d'un œil de bœuf, peuvent, dans le vide de la machine pneumatique à mercure, dégager l'acide carbonique d'une solution de carbonate de sodium, aussi bien que celui du sérum. Dans une expérience, il obtint vingt-sept volumes d'acide carbonique pour cent de sérum ; dans une deuxième, vingt-quatre volumes d'acide carbonique pour cent de sérum.

11 reste à expliquer comment la réaction se produit chez l'être vivant. Sertoli admet que l'acide carbonique se forme dans les tissus, qu'il trouve dans les capillaires et les veines une pression assez forte pour faciliter la formation d'un sel acide de sodium, tandis que, dans les capillaires du poumon où la pression diminue, les éléments albuminoïdes se fixent sur l'alcali, et rendent libre une partie de l'acide carbonique. Azote. — L'azote existe en petite quantité dans le sang; on en trouve toujours 2 ou 3 pour 100, tant dans le sang artériel que dans le sang veineux. Le sérum n'en dissout que 1 pour iOO, et comme la totalité du sang en contient davantage, il est probable qile les globules en dissolvent aussi. Les animaux à l'état d'inanition empruntent de l'azote à l'atmosphère ; ceux

3» CHIXIE BIOLOGIQUE.

qui reçoivent une alimentation azotée trè^abondante en rejettent au dehors pendant l'expiration.

L'hydrogène a été constaté aussi comme partie constituante des gaz du sang.

Jkmâdjme ém mw*. — MM. Dumas et Prévost ont donné la première méthode qui ait été employée avec succès pour l'analyse du sang. Elle consiste à recueillir le sang d'une saignée dans deux capsules. La première sert à doser la fibrine, la seconde est abandonnée au repos. On sépare, après la coagulation, le sérum et le caillot, on les dessèche et on les pèse. On a ainsi les données nécessaires pour obtenir le poids de la fibrine, des globules, de Teau et des matières solides du sérum. Cette méthode a été appliquée par MM. Andral et Gavarret à l'examen du sang dans les maladies ; elle ne peut cependant donner que des approximations. Un grand nombre de procédés, recommandablesà divers titres, ont été proposés depuis; dans tous, l'incertitude tient à la difficulté de doser les globules sans les altérer.

M. Bouchard^ est parvenu à résoudre cette difficulté de la manière suivante : On recueille 10 à 15 grammes de sang dans deux capsules pesées. La capsule n^ 1 est abandonnée à la coagulation spontanée. Dans la capsule n^ 2, avant d'introduire le sang, on verse quelques grammes pesés d'une solution neutre, en ce sens, qu'elle ne doit agir sur les globules, ni pour les gonfler, ni pour les faire revenir sur eiu-

* Bouchard, Société de Biologie.

SAHG. 259

mêmes, et on laisse également le sang se coaguler. Après un temps suffisant, le caillot se rétracte dans les deux capsules, et reste bai^^né dans un sérum incolore. A l'aide d'une pipette, on prend de 2 à 4 grammes de sérum dans chaque capsule, on les additionne d'eau distillée, acidulée avec l'acide azotique pur, et on les traite par la chaleur. On recueille le précipité floconneux sur un filtre pesé, on le lave à l'eau bouillante additionnee.de 1/20 d'acide azotique; on sèche les filtres à l'étuve, et les poids donnent la quantité d'albumine contenue dans chacun des deux sérums. On a ainsi les éléments suflisants pour doser le sérum dans la capsule n"" 2; soit a, en effet le poids connu d'albumine contenue dans un gramme de sérum pur (capsule n^ 1 ), a\ le poids d'albumine contenue dans un gramme de sérum étendu (capsule n"" 2), /, le poids du liquide ajouté au sang dans la capsule n"* 2 et x le poids total du sérum contenu dans la capsule 2 avant son mélange avec la solution sucrée.

On peut dire que le poids total de l'albumine contenu dans le sérum (caps, n"" 2) est ax ou o! (x-f-/).

air=fl'(x-»-/)

d'où

la* « = — - .

Connaissant la quantité de sérum contenu dans la capsule 2, on peut la rapporter à 1000. On enveloppe dans un nouet le caillot de la capsule

n^ 1, on le malaxe sous un courant d'eau, on le lave à l'alcool absolu, on le dessèche à TétuYC, et on a le poids de la fibrine. Par le calcul, on le rapporte à 1000.

On connaît donc le poids du sérum, celui de la fibrine; par différence, on a celui des globules frais.

Le liquide ajouté au sang dans la capsule n^ 2, ne doit pas altérer les globules plus que le sérum luimême. On reconnaît que cette condition est remplie quand on ne les trouve nullement déformés à l'examen microscopique; on tire une autre preuve de la concordance de plusieurs analyses faites avec des quantités variables du liquide ajouté. Un liquide trop peu dense gonfle les globules, trop concentré, il les fait diminuer de volume ; l'observation montre qu'une solution de sucre de canne, marquant 1026 à l'aréomètre, peut s'employer avantageusement.

ikMage de l'hémosiobiiie. — On trouve par expérience que l'hémoglobine contient 0,42 pour 100 de fer (Hoppe Seyler), de 0,50 à 0,55 (Preyer), et on sait que tout le fer contenu dans le sang se trouve dans l'hémoglobine. En dosant la quantité de fer contenue dans les cendres du sang, on peut calculer la quantité d'hémoglobine.

Preyer ^ arrive à la même détermination à l'aide de l'analyse spectrale. On prend deux cuves en verre dont les faces parallèles sont distantes de 1 centimètre. On place dans l'une une quantité déterminée d'une disso-

* J'reyer, Quantitative Bestimmung des Faràstoffs im Blute durch dos Spectrum [Ann. der Chem. und Ph., 6. CXXX, S. 187).

iution d'hémoglobine assez concentrée pour que tous les rayons soient interceptés à Fexception du rouge, et que Taddition d'une petite quantité d*eau suffise pour faire apparaître la couleur orangée et un peu du vert. Dans l'autre, on met une quantité mesurée de sang, et on Tétend d'eau jusqu'à ce qu'apparaisse la même teinte verte. On peut alors, si on a déterminé à l'avance la quantité k d'hémoglobine qui correspond à l'apparition du vert, v la quantité d'eau ajoutée au volume b du sang, calculer la quantité d*hémoglobine que ce dernier renferme par la formule

et si

b = 500 centimètres cubes.

Vierordt détermine la quantité d'hémoglobine par un procédé tout différent : On regarde au spectroscope le spectre formé par une lampe à pétrole, et on projette sur ce spectre l'image d'une fente horizontale réfléchie sur la face de sortie du prisme. Cette fente remplace le micromètre, dont on sert habituellemeht. Le spectre est ainsi coupé en deux dans toute sa longueur par une ligne blanche. La fente est éclairée par une seconde lampe à pétrole dont on*a affaibli l'intensité par des verres noirs de pouvoir absorbant connu, jusqu'à ce que la ligne blanche disparaisse successivement dans chaque couleur. L'intensité de la lumière émanée de la fente est alors égale à celle de la couleur dans laquelle. l'image de cette fente dispa-

rait. On arrive par cette méthode photométrique à mesurer l'intensité de la teinte des pigments colorés, et en particulier celle de Thcmoglobine conteoue dans le sang.

Cendres. — Les analyses des cendres du sérum, des globules et du caillot ont donné les chiffres suivants (Gorup-Besanez) :

PARTIKS CORSTITOAIfTKS DE 100 PARTIES DE GENDRES.

Chlorure de sodium.

Chlorure de potassium

Potasse

Soude

(^haux

Magnésie

Oxyde de fer

Acide pho^'pborique. .

Acide suif urique. . .

Acide carbonique. . .

Acide silicique. . . .

SiRDM WEBER.

GLOBULES WBUER.

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