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CHYLE ET LYMPHE

Les vaisseaux lymphatiques et chylifères sont le siège d'une circulation incomplète, annexe de la circulation sanguine. Ils tirent leur origine de réseaux qui commencent à la périphérie des orgîines et vont se terminer dans la veine sous-clavière gauche. A leur point de départ, les réseaux lymphatiques sont immédiatement appliqués sur les capillaires sanguins, qu'ils embrassent toujours dans une partie

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de leur circonférence, de telle sorte qu'ils ont une paroi propre incomplète et sont limités par les capillaires sanguins.. Ils n'arrivent à avoir d'indépendance que lorsque les vaisseaux sanguins acquièrent un diamètre souvenl déjà considérable.

Ils forment, chez les animaux, la gaine lymphatique des vaisseaux, laquelle a été trouvée par II. Robin sur les artères du Cerveau de l'homme, et reconnue depuis sur l'ensemble du système artériel.

Les lymphatiques tirent leur origine des plexus du tissu conjonctif; ils prennent également naissance dans la trame des membranes séreuses, véritables sacs lymphatiques, d'après M. Ranvier, et en communication directe avec les vaisseaux du méine nom.

On donne le nom de lymphe au liquide contenu dans les vaisseaux lymphatiques généraux, de chyle à celui qui provient du réseau des capillaires de l'intestin. Ces deux liquides présentent une composition semblable; ils diffèrent au moment de la digestion par des matériaux qui, absorbés dans les vaisseaux, donnent momentanément au chyle des propriétés chimiques particulières, et un aspect lactescent.

On obtient la lymphe mêlée de chyle en recueillant le liquide du canal thoracique, ou exempt de ce dernier produit, en prenant celui qui, chez le bœuf ou le cheval, s'écoule des lymphatiques du cou. La quantité de lymphe qui traverse le canal thoracique d'une vache s^élève, d'après M. Colin, à 92 litres en vingt-quatre heures, mais à vrai dire, dans ces expériences, l'écoulement n'avait pat lieu dans des conditions normales.

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La lymphe est incolore ou faiblement colorée en jaune, rosée à la suite d'abstinence, plus foncée quand elle provient d'un organe gorgé de sang. Sa d^sité Tarie de 1022 à 1057. Sa réaction est alcaline, moins cependant que celle du sang; il suffit de 0,57 d'acide lactique pour neutraliser 100 grammes de lymphe; il en faut 0,50 pour rendre neutre 100 grammes de sang.

Le chyle est généralement opalin. Sa couleur est due aux matières grasses qui le pénètrent, et deux à quatre heures après Tingestion des aliments, elle cesse d'être jaunâtre et limpide pour devenir lactescente ; elle est d'ailleurs d'autant plus laiteuse que les aliments contiennent une plus forte proportion de matières grasses.

La lymphe et le chyle sont formés d'un plasma et de globules blancs, ou leucocytes, tenus en suspension.

La lymphe abandonnée à elle-même se coagule spontanément, et se sépare en caillot et en sérum. Cette transformation est indépendante de la présence de l'air; elle a lieu dans le vide aussi bien que dans les gaz inertes, comme l'azote ou l'hydrogène. Le chyle dans les mêmes conditions se prend en masse.

Cette coagulation indique la préexistence, dans la lymphe et le chyle, des éléments capables de donner naissance à la fibrine, le fibrinogène et la substance fibrino-plastique. Le caillot entraine la plupart des éléments solides contenus dans le chyle et la lymphe; mais la fibrine du chyle est moins rétractile que celle du sang, et le caillot n'aCTecte pas la forme de godet.

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Globules blancs ou leucocytes. — Les globules blancs possèdent les caractères des cellules embryonnaires, et semblent devoir être confondus avec elles; ils sont Irès-répandus dans Torganisnie, ils forment les globules blancs du sang, les globules de la lymphe, du chyle, du mucus, du pus, du coloMnim, etc., et quelquefois, dans les parties solides de Téconomie, la trame de certains tissus.

Leur origine est encore discutée. Deux théories sont en présence pour expliquer la génération des éléments anatomiques. L'une établit comme base fondamentale que toujours la cellule naît directement de la cellule ; l'autre, au contraire, admet que des éléments anatomiques figurés peuvent naître spontanément dans des blastèmes amorphes.

Cette dernière opinion s'appuie surtout sur des expériences directes dues à MM. Onimus et Legros. Certains blastèmes entièrement dépourvus d'éléments figurés, tels que la sérosité des vésicaioircs, renfermés dans des vessies faites de baudruche ou d'autres substances organiques, et placés dans l'intérieur de plaies pratiquées à des animaux, se remplissent spontanément de leucocytes, après un court espace de temps. Ces expériences ne réussissent que si la fibrine du liquide des vésicatoires n'est pas coagulée. Elles démontrent la génération spontanée des leucocytes dans des blastèmes fîbrineux, sous certaines conditicns de température et d'endosmose.

Cependant, pour M. Lortet et d'autres observateurs, ces faits ne sont pas probants, doivent s'expliquer

par h pennéabilité des membnuMs, et, an lien de dénuMitrer la généralion des leucocytes, ils n'indiquent que la simple introduclicm d'éléments anatomiques à traTers les parois de sacs membraneux, n faut seulement, pour que les leucocytes puissent pénétrer les membranes, qu'ils soient encore doués de leurs mourements sarcodiques et browniois, et qu'ils soient placés dans certaines conditicms de température et de Tie.

M. RauTier a yu ^alament que des firagments de moeUe de sureau, introduits sous la peau d'un certain nombre d'animaux, se remplissent de globules blancs qui pénètrent de la périphérie au centre. Enfin, dans des recherches de chimie pathologique, Conheim reconnut que souTent, dans Tinflammation, les leucocytes proTiennent du sang, et trayersent les vaisseaux capillaires.

On a admis la transformation des leucocytes en globules rouges, dans le sang et dans les vaisseaux lymphatiques eux-mêmes. Ce changement a été reproduit artificiellement par Recklihghausen, en abandonnant du sang de grenouille dans une étuve chargée d'air humide que Ton renouvelle chaque jour. On a pu suivre ainsi la transformation des globules blancs ^ M. Robin n'admet pas cette origine pour les hématies, et fait remarquer que ce n'est qu'une manière illusoire de reculer une difficulté, car il reste toujours à déterminer le mode et les conditions de la naissance des leucocytes.

« Cité pw Frej, TraUé d'histologie, p. 154.

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