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TISSU ADIPEUX

son point de fusion soit devenu constant à 61 ou 62^. La stéarine est blanche, inodore, insipide, très-combustible, insoluble dans l'eau ; l'alcool bouillant en dissout le septième de son poids, et n'en retient que très-peu à froid. Elle est très-soluble dans Téther. Elle a, d'après M. Heintz, deux points de fusion, un transitoire vers 55**, l'autre définitif à 71®, 6. Ce point de fusion est très-variable. Une stéarine fusible à 65®, et chaufTée à 64 ou à 65®, se solidifie à 61®, et fond de nouveau à 66®, 5. Cette même stéarine, fondue à 65®, lorsqu'on la chauffe à 68 ou 70®, se solidifie à 51®, et fond de nouveau à 52®. Ces changements sont dus à des modifications isomériques. Elle se décompose, par la saponification avec de la potasse, en glycérine et en acide stéarique. On traite ensuite le stéarate de potasse par un acide; l'acide stéarique insoluble se dépose, et on le purifie par des cristaîlisations dans l'alcool.

L'acide stéarique ^ xw 1 0 est blanc ; il cristallise

par fusion en aiguilles brillantes, soluble en toutes proportrions dans l'alcool et dans l'éther. Il fond à 69®,2.

Trioléine /pisussns ( 0*. — La trioléine existe dans

les graisses, et surtout dans les huiles. Elle dissout facilement la stéarine et la palmitine. Ce mélange représente la constitution de la plupart des corps gras naturels. On obtient l'oléine en traitant les matières grasses par l'alcool bouillant, qui abandonne par le refroidissement la stéarine et la palmitine, et retient l'oléine.

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L'oléine est incolore; liquide à la température ordinaire, elle devient jaune dans Tair humide, soluble dans l'alcool et Téther. Elle se saponifie par les alcalis, en donnant de la glycérine et de l'acide oléique.

L'acide oléique n 0 est liquide, incolore, insipide, inodore, insoluble dans l'eau, très-soluMe dans l'alcool, soluble en toutes proportions dans Tét&er. D dissout les matières grasses solides, l'acide stéarique, etc. Chauffé, il absorbe de l'oxygène en dégageant de l'acide carbonique. Décomposé par la chaleur, il donne des carbures d'hydrogène, des acides Tolatils et de l'acide sébacique.

Trirrtargarine /rimsi(\\%\^' — ^^ trimargarine

est une combinaison de glycérine et d'acide margarique. Cet acide, d'après M. Cheyreul, existe dans presque tous les corps gras. On l'obtient en saponifiant l'huile d'olive par l'oxyde de plomb. II se forme un savon composé d'oléate ^t de margarate de plomb. On le divise, et on l'épuisé par l'éther ; l'oléate de plomb se dissout , le margarate de plomb reste comme une poudre blanche, insoluble. En décomposant ce dernier par l'acide chlorhydrique chaud, on sépare l'acide margarique, que Ton purifie par des cristallisations dans l'alcool bouillant. L'existence de l'acide margarique, et, par suite, des margarines, a été contestée par Heintz, qui le regarde comme un mélange d'acide stéarique et palmitique. Cependant Becker parait l'avoir obtenu artificiellement, en décomposant par la

potasse le cyanure de cétyle CH^Az, ce qui implique l'existence réelle des margarines.

§ép«r«thMi de» ourtières gy— €■. — Les matières grasses se reconnaissent surtout à leur insolubilité dans l'eau, et leur solubilité dans Téther. Quand elles sont simplement en suspension, il suffit, pour les extraire, d'agiter le liquide avec Téther, et de décanter la couche éthérée. Quelquefois il est préférable d'évaporer les solutions ou de dessécher les tissus dans un bain-marie, de réduire en poudre le résidu, d'épuiser par l'éther, puis par l'alcool, d'évaporer en* suite l'extrait alcoolique, et de le reprendre par l'éther. Le résidu de l'évaporation des solutions éthérées contient les matières grasses , les acides gras libres, la cholestérine. Pour séparer les acides gras, on ajoute du carbonate de sodium, et on maintient quelques heures à TébuUition ; les acides se saturent, les matières grasses et la cholestérine restent inaltérées ; on les dissout dans l'éther. On peut abandonner l'éther à l'évaporation spontanée et séparer les cristaux de cholestérine, faciles à reconnaître ; il vaut mieux saponifier le mélange, en le chauffant pendant quelques heures au bain-marie, avec de la potasse alcoolique, et reprendre par l'éther, qui dissout seulement la cholestérine ; puis extraire de la solution alcoolique l'acide gras et la glycérine.

Le tissu nerveux comprend, chez l'homme, le cerveau, la moelle épinière, les ganglions nerveux et les

nerfs. Il est composé de cellules et de tubes nerveux.

Les cellules nerveuses se rencontrent dans la sub< stance grise de l'axe cérébro-spinal, les ganglions céphalo-rachidiens, les ganglions du grand sympathique. Elles ont de 0'"",09 à0»'",018 de diamètre. Elles envoient des prolongements qui les font communiquer les unes avec les autres et avec le cylindre de Taxe. Elles n'ont pas de membrane d'enveloppe, et possèdent un noyau et un nucléole,' duquel partent des prolongements qui se rendent dans les ramifications de la cellule. Elles contiennent des granulations plus ov moins abondantes , dont l'ensemble donne à la substance grise sa couleur particulière.

Les tubes nerveux sont formés de plusieurs parties: 1" une membrane externe, gaine de Schwann, enveloppe extrêmement mince de tissu conjonctif, renfermant des noyaux , lesquels apparaissent entourés de protoplasma ; 2° la myéline, substance médiane, homogène , detni-liquide , réfractant fortement la lumière. Elle s'écoule souvent par l'orifice de section des tubes, au moment même où le nerf vient d'être séparé chez l'animal vivant, et forme des masses à double contour, arrondies, ovales, etc. Elle se gonfle dans Teau, se dissout dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, Tessence de térébenthine. L'acide chromique la colore en jaune: l'acide sulfurique, d'abord en rouge, puis en violet ; elle est principalement formée de lécithine, de cérébrine, de leurs produits de décomposition ; S"" le cylindre de l'axe, qflinder axis, filament central, un peu aplati, élastique, diaphane,

semblable à un (il de cristal pendant la vie, paraissant formé degranulations extrêmement fines après la mort. Partie essentielle du nerf, il ne manque jamais, même quand les couches extérieures font défaut.

Les tubes nerveux contenant de la myéline diffèrent entre eux par leur grosseur ; on les a divisés en tubes larges et en tubes minces. On trouve dans le grand sympathique d'autres fibres, dites deRemak, qui sont sans niyéline et constituées seulement par le névrilème et le cylindre de Taxe.

Cervetto. — Yauquelin reconnut dans le cerveau, le cervelet, la moelle épinière et les nerfs, une matière grasse, blanche, d'aspect cristallin, contenantes pour 100 de son poids de phosphore, soit i pour 100 du poids de la substance cérébrale fraîche. Lassaigne donna le nom de cérébrine à la matière blanche graisseuse du cerveau. Couerbe crut trouver dans cet organe quatre produits gras différents. MM. Fremy, Gobley, Valenciennes, fixèrent l'attention sur la grande diffusion de la substance cérébrale dans tout l'organisme, et constatèrent sa séparation en acide oléique et acide phos* phoglycérique. M. Fremy regarda ces combinaisons grasses comme formées par de l'acide oléophosphorique,' tandis que M. Gobley distingua deux matières grasses phosphorées, la lécithine, et une matière non phosphorée, la cérébrine. Liebreicht isoladepuis une substance qu'il nomma protagon. 11 l'extrait en épuisant le cerveau, bien privé de sang, à l'aide d'injections dans les carotides avec Féther et l'eau à 0*. L'éther enlève la cholestérine, l'eau les parties solu-

bles. En traitant la masse restante par Talcool à 85, chauffé à 45^, le protagon se dissout et se dépose par le refroidissement ; lavé à l'éther pour enlever les dernières parties de cholestérine, et redissous dans Talcool faible, il cristallise en très-petits cristaux blanc de neige, et a pour formule, en équivalents : C'»'ff*«Az*PO**.

Liehreicht obtint ensuite^ une base puissante par l'action de l'hydrate de baryte sur ce corps, et lui donna le nom de neurine ou névrine, tandis qu'en même temps, prenaient naissance de l'acide phosphoglycérique et des acides gras. Les recherches de Dybkov^sky et de Diakonow leur font regarder la névrine comme identique avec la choline, autrefois retirée de la bile par Strecker. Liehreicht attribue aces bases une composition différente.

La comparaison des analyses de la cérébrine et de la lécithine conduit à considérer le protagon comme un mélange de ces deux substances.

ciniBRiNK. D'après MQUer.

PROTAGOM.

D'après Liehreicht.

LÉaTBIlIB.

D'après Diakonow.

Carbone

Hydrogène.. . .

Azote

Phosphore. . .

Oxygène

La lécithine correspond, d'après Diakonow, a la formule C**H'®Az, PO'. On trouve encore dans la masse cérébrale des matières albuminoïdes, des sels, et divers produits de décomposition du tissu nerveux, particulièrement de la cholestérine.

liédibiBes. — La lécithine a d'abord été extraite, à l'état de pureté, du jaune de l'œuf, puis elle a été isolée du cerveau par des procédés à peu près semblables.

Préparation de la lécithine par le jaune d'œuf. — On précipite par' le chlorure de platine une dissolution de jaune d'œuf dans un mélange d'alcool et d'éther; on obtient un dépôt floconneux, que Ton débarrasse facilement des matières grasses en le lavant pendant un temps suffisant ; on le dissout dans l'éther et on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré qui précipite le métal; on chasse l'hydrogène sulfuré de la solution filtrée à l'aide de la chaleur et d'un courant d'acide carbonique, et par l'évaporation il se dépose du chlorhydrate de lécithine ressemblant à de la cire. On obtient la matière privée de chlore, en traitant la solution éthéro-alcoolique du chlorure par l'oxyde d'argent. Dans ce traitement, il se dissout aussi de l'argent ; on l'enlève par un courant d'hydrogène sulfuré, et par l'évaporation, la lécithine reste comme une masse homogène et transparente. La lécithine est très-facilement décomposable. Strecker obtint par ce procédé une des lécithines, l'oléinemargarinelécithine. La méthode suivante, due à Diakonow, fournit le moyen d'en séparer les diverses variétés.

On épuise le jaune d'œuf par Téther, tant que ce véhicule se colore, puis on traite le résidu par l'alcool concentre, refroidi à — 10®; on obtient ainsi un produit solide, d'une composition constante, qui correspond à la formule C**H*'AzPO' dioléine lécithine. Le liquide qui surnage ne fournit pas de matière solide, même par refroidissement à — 20®; mais si on Tévapore, on obtient une nouvelle lécithine jaune, la distéarine lécithine, dont la formule est C**H'®AzPO'.

En s'appuyarit sur la présence deTacide palmitique dans les produits de décomposition dune autre lécithine, séparée par sa grande solubilité dans Téther, Diakonow admet encore l'existence d'une troisième lécithine, la dipalmitine lécithifte C*^IPAzPO».

Les lécithines se décomposent lentement à froid et rapidement à chaud. On obtient un dédoublement caractéristique lorsqu'on les fait bouillir avec l'hydrate de baryte. On verse une solution alcoolique de lécithine dans de l'eau de baryte bouillante ; du phosphoglycérate de baryum se produit, se sépare en partie, et reste en partie en solution avec la névrine. Dans la dissolution filtrée, on précipite l'excès de baryte par l'acide carbonique, on évapore et on reprend le résidu par l'alcool ; en ajoutant du chlorure de platine, on obtient des flocons jaunes que l'on lave avec de l'alcool et que l'on fait recristalliser ; le chlorure double de platine et de névrine se dépose sous forme de prisme jaune orangé.

On dissout dans Teau la partie restée insoluble après le traitement par l'alcool ; on précipite la ba-

TISSU NERVEUX. 'oOO

ryte par l'acide sulfurique, on sature par le carbonate de calcium, et on obtient un mélange de phosphoglycérate de calcium et de sulfate de calcium ; on précipite complètement Tacide sulfurique par le chlorure de baryum, et la dissolution bouillante laisse déposer des aiguilles de phosphoglycératede calcium que Ton lave à Talcool.

Le sel de baryum, resté insoluble après le traitement par Teau de baryte, est décomposé par Tacide chlorhydrique; il donne par la chaleur une couche liquide d'acide, qui se solidifie par le refroidissement; on la lave avec de l'eau. La dissolution contient beaucoup de chlorure de baryum et de l'acide phosphog'ycérique qui, par l'évaporation de la solution acide, se décompose en acide phosphorique et en glycérine. Les acides gras sont dissous dans l'ammoniaque, et transformés par l'addition d'acétate de plomb, en sel de plomb ; on traite le précipité par l'éther, qui dissout Toléate de plomb ; on peut ensuite obtenir Tacide oléique libre, en transformant l'oléate de plomb en oléate de baryum cristallisé; puis, en décomposant le sel pur de baryte par l'acide chlorhydrique, on sépare un acide oléique ayant tous les caractères do Tacide ordinaire, incolore, se solidifiant dans l'eau glacée, se transformant en acide élaïdique par l'action de Tacide nitreux, etc.

Le sel de plomb, resté insoluble dans Téther, décomposé par l'acide chlorhydrique, donne des aiguilles d'acide margarique, mêlées avec un peu d'acide stéarique.

MO chuhe biologique.

La transfonnation de Toiéine margarine sous Tinfluence de l'eau de baryte peut s'écrire

C*«H»*AzPO»-h3H«0=C»H«AzO« + C««H**0«+ C««H*«0« -f- (?H»PO«

LicithiM. Kévrine. Acide Acide Acide

oléique. margarique. pbotpfaogiy-

cérique.

De même, la distéaorolécithine se dédouble d'après l'équation

C**H«>AiP0»-h 5H«0 =C»H»»ÂzO«-h2(C«»H»«0«) -f-C5H»P0«

Lédthine. Rëvrine. Adde Acide

ilèarique. phosphoglycérique

Diakonow^ regarde les lécithines comme des éthers, et les rapporte t trois types correspondants à la trio, léine, tripalmitine et tristéarine, qui se rencontrent dans l'économie.

C**H*>AzP0»

Disléarine lécithine.

C«H»«AzP0«

Dipaimitine iédthine.

(C"HW0)«

ffH»*AzO

(C*«HMO)«

C»H**AzO

C»H»»AzO

C**H»AiPO« =

Dioléine lécilbine.

Ces lécithines peuvent, en se combinant entre elles, donner des lécithines intermédiaires, telles que la palmitine oléine lécithine C**IP^AzPO*, etc. •

* Diakonow aus Kasan, Ueber das LccUhin (Med.'Chem. Unteriuchungen, S. 405).

Pour établir une formule qui pût rendre compte des diverses réactions des lécithines, Strecker^, s'appuyant sur les propriétés de la névrine d'être moitié base, car elle se combine aux acides comme les ammoniaques composées, moitié alcool, car elle forme des combinaisons éthérées, la représente par la formule suivante, qui met en évidence ces deux manières de se comporter avec les réactifs :

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