‹ Principes de dressage et d'équitationChapitre 45 sur 92 · I. En pareil cas, le salut, c'est la jambe droite · texte numérisé non relu

I. En pareil cas, le salut, c'est la jambe droite

correction administrée avec vigueur et précision. Quand il l'a subie quelques fois, la seule vue du stick suffit^

I. L'animal le plus désagréable que j'aie jamais rencontré était un étalon des plus ramingues et mordeur en diable.

Comme il est impossible de dresser un cheval sans le secours des jambes et des éperons, il me fallait pourtant trouver un moyen de les lui faire supporter. Pendant les six premières semaines, les choses se passèrent assez bien, mes exigences n'étant pas très grandes; mais, dès que je voulus obtenir le rassembler au moyen des attaques de l'éperon, l'animal cherchait à me mordre les jambes, se jetait avec violence sur les genoux et, dans cette position, tournant la tête, faisait des efforts désespérés pour atteindre mes pieds. Et comme j'étais forcé de reculer les jambes pour éviter ses dents, il avait gain de cause, puisqu'il parvenait à m'empêcher de me servir des éperons.

J'imaginai alors de faire mettre deux tiges en fer, longues chacune de quarante centimètres^ dans les rênes du filet. Ayant ainsi placé l'animal dans l'impossibilité de tourner la tête, et, mes jambes se trouvant par suite à l'abri de ses dents, je me croyais sûr de la victoire.

Pas du tout. Furieux de son impuissance, ce cheval endiablé continuait à se jeter à genoux et, désespérant de me mordre les pieds, il se dévorait le poitrail. Je pensai tout d'abord que, quand il ressentirait de trop fortes douleurs, il cesserait. Mais, bien loin de là, il s'arrachait des lambeaux de chair, et je ne doute pas que si, à ce moment, il était parvenu à me désarçonner, il m'aurait dévoré. Je lui mis alors un tablier en cuir très épais ; mais, au bout de trois jours, le cuir était en morceaux.

Je parvins pourtant à me rendre maître de l'animal. Je finis par lui attacher sous le menton une sorte de demi-entonnoir en fer-blanc. Réduit à l'impossibilité de mordre, il perdit bientôt cette détestable habitude, et je pus continuer son éducation, que j'ai faite entièrement, 78, avenue de Malakoff, dans un établissement tenu à cette époque par M. Gost fils,

Chevaux qui battent à la main.

II y a bien peu de cavaliers qui n'aient eu à subir les inconvénients et même le danger des chevaux qui battent à la main ou. comme on dit vulgairement, qui encensent.

Les uns baissent fortement la tête et prennent pour ainsi dire un élan pour la relever avec plus de force. Les autres se contentent de jeter la tête brusquement en arrière, sans l'avoir baissée auparavant.

Dans le premier cas, il faut surprendre le cheval avec les rênes du filet tenues dans la main droite, exactement au moment où il commence à baisser la tête. Sur cette secousse, il relève vivement la tête ; à l'instant même, il faut faire une forte pression des jambes pour le pousser en avant. Les rênes du mors

marchand de chevaux, qui a plus d'une fois assisté à ces luttes épiques que j'ai toujours soutenues seul.

Je travaille toujours seul, sans aucun aide. Je n'ai même pas un palefrenier spécialement attaché à mes chevaux.

Les incrédules peuvent facilement s'en rendre compte. J'ai en mes chevaux en pension dans plusieurs manèges, et je les ai toujours dressés dans ces mêmes établissements : or, soit au manège Latrv, soit au manège Vincent, soit au manège Quartero, soit encore au manège de TEtoile, jamais je n"ai réclamé le secours de personne.

CHEVAUX QUI 3ATTEKT A LA MAIK. acj

sont lâches, mais fermement fixées dans la main sauche, de telle sorte qu'au moment où, relevée par le filet, la tête fait son mouvement de bas en haut, le cheval, en levant la tête, tend les rênes de mors er se donne lui^nême un coup sur les barres. Il a donc été arrêté par le filet lorsqu'il voulait baisser la tête pour prendre son élan, et puni par le mors lorsque sa tête remontant s" est rejetée trop en arrière.

Dans le second cas, lorsque le cheval rejette la tête en arrière sans avoir pris d'élan, il faut le pousser par une pression des jambes aussitôt qu'il lève la tête, et le recevoir sur le mors dans les mêmes conditions que ci-dessus.

En résumé, dans le premier cas, on fait trois mouvements, filet, jambes, mors. Dans le second cas, on ne se sert que de deux aides, jambes et mors. Ce sont là assurément des mouvements successifs, mais tellement rapprochés qu'ils se confondent presque en un seul.

Dans les deux cas. si l'action des jambes ne précédait pas, si peu que ce soit, celle du mors, on risquerait de provoquer la cabrade, tout au moins on écraserait l'arrière-main en acculant le cheval .

Chevaux qui semportent.

J'ai toujours été assez heureux pour éviter, pour mes élèves et pour moi-même, les accidents provenant de chevaux emportés. Si Ton me faisait observer qu'en cela j'ai eu de la chance et rien que de la chance, je répondrais que ce n'est pas tout à fait exact.

Sans doute, quand un cheval est emballé ou emporté, il n'écoute et ne sent plus rien, — et je ne soutiens pas que tel écuyer pourra l'arrêter plutôt que tel autre; — mais je prétends que l'écuyer peut beaucoup pour empêcher son cheval de s'emporter.

Le véritable tact consiste précisément à prévoir que le cheval peut, à un moment donné et pour différentes raisons, s'affoler : c'est pourquoi Técuyer attentif ne le laissera jamais s'échauffer par trop. Dès qu'il sentira que le chev^al s'anime et devient entreprenant, il le ralentira, le mettra dans la main, le calmera par des caresses et par la voix.

Souvent, le cheval s'emporte parce qu'à force de tirer sur la bouche, on lui a engourdi les barres qui finissent par devenir insensibles. En ce cas, lorsque vous tirez sur la bouche, c'est à peu près comme si vous tiriez sur un mur : aussi le cheval peut-il vous mener du train qu'il lui plaît.

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