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Sans cela il pointerait à chaque instant

2. Alors il s'est rendu, il a véritablement fait sa soumission.

3. Alors les éperons doivent faire comme un roulement de tambour.

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derrière les sangles, alors prenez la cravache, le bâton, la trique, recourez à un auxiliaire armé d'une chambrière, au feu s'il est nécessaire, mais atout prix faites porter le cheval en avant. Ici, nous sommes en pleine lutte, et il importe de savoir qui de l'homme ou du cheval sera le maître. Vous ne devez donc céder sous aucun prétexte. Tous les moyens sont bons à employer, car il faut que vous sortiez vainqueur de la lutte : sinon votre cheval est rétifs

Si, en effet, le cheval sent qu'il peut en reculant échapper au travail, vous êtes perdu; non seulement vous ne serez plus le maître, mais il sera le vôtre. Toutes les fois que vous voudrez vous servir des éperons pour n'importe quel mouvement, il reculera; et si vous ne lui inû'igQz pendant qu'il recule, une correction exemplaire, il faut renoncer au dressage, et, — ce qui est encore plus sage, — au cheval.

On doit, néanmoins, toujours conserver son sangfroid, tout en étant très énergique. Si vous vous laissez aller à la colère, vous serez plus vite épuisé que le cheval. Sous le bénéfice de cette réserve, châtiez froidement et fort, jusqu'au moment où l'animal sentant que, plus il recule, plus sa souffrance s'aggrave, il se décidera alors à se jeter en avant.

Dans ce cas, on doit aussitôt caresser le cheval,

I . Il va sans dire que je ne conseille de recourir aux grandes attaques, et même aux moyens violents, que lorsque le cheval s'entête à reculer. Alors il n'y a plus qu'un objectif pour l'écuyer : ne pas être vaincu.

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descendre et profiter de la concession qu'il vient de faire pour terminer la leçon.

Que la lutte se produise au commencement ou au milieu de la leçon, peu importe : dès que le cheval a cédé, il faut s'en tenir là; car, si vous recommencez le travail, vous n'êtes pas sûr d'obtenir une deuxième concession dans la même leçon, surtout si le cheval s'est entêté longtemps. D'ailleurs, vous êtes fatigué et lui aussi; il ne peut donc plus vous opposer que la force de l'inertie : c'est la plus terrible de toutes. Vous pourriez le tuer de coups qu'il ne bougerait pas. C'est que vous avez dépassé ses forces, et, en insistant, vous n'arriveriez qu'à le rebuter pour toujours.

Il faut donc profiter de la moindre concession. Il faut surtout éviter de prolonger la correction quand le cheval se porte en avant. Autrement, il ne saura plus à quel moment il fait bien ou mal, puisqu'il continue à être battu, qu'il se porte en avant ou qu'il recule.

Je recommande donc à l'écuyer, d'une façon particulière, de ne jamais perdre son sang-froid, tout en étant de la dernière énergie.

J'ai eu un très beau pur sang noir, nommé Négj^o, que j'ai monté en public pendant quatre ou cinq ans. Jamais ce cheval ne m'a manqué un travail, et pourtant il était quinteux, criait et pissait quand on l'attaquait. Lorsque j'ai commencé à le dresser, il se mettait à reculer aussitôt qu'il sentait l'approche des jambes.

Durant deux mois, il n'a pas cessé de reculer sous

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moi pendant vingt minutes chaque jour. J'étais désespéré. Tous les écuyers prétendaient que jamais je n'arriverais à le porter en avant, et pourtant il a fini par céder. Il est même devenu un excellent cheval pour dames, et n'est jamais retombé dans la fâcheuse habitude que j'avais eu tant de peine à lui faire perdre.

Pour y arriver, je n'ai employé que l'éperon par picotements. Jamais l'éperon ne doit rester adhérent AUX FLANCS*. Les éperons dont je faisais usage étaient très acérés, et je les appliquais, comme toujours, le plus près possible des sangles ^ J'avais soin, naturellement, de caresser l'animal aussitôt qu'il se portait en avant. Toutefois, j'avoue qu'après vingt minutes d'une lutte sans relâche, j'étais complètement épuisé, aussi bien que mon cheval. Pour dresser un animal pareil, il faut donc être jeune, avoir en selle une solidité à toute épreuve et de bons reins, car ce sont toujours les reins qui se fatiguent le plus.

1. En effet, ce qui fait que le cheval fuit l'éperon, c'est que la douleur se renouvelle à chaque instant. Si l'éperon reste adhérent aux flancs, le cheval se couche sur le fer, et on aboutit inévitablement à la rétivité.

2. C'est là, et là seulement, que l'attaque de l'éperon donne l'impulsion. L'attaque plus en arrière peut déterminer un mouvement en avant, mais sans impulsion. De plus, elle rend le cheval chatouilleux en raison de sa sensibilité beaucoup plus grande en cet endroit. C'est l'attaque le plus près possible des sangles qui seule amène le jarret sous le centre : d'où l'impulsion. En ce qui me concerne, je mets constamment mes sangles en lambeaux.

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Quand )e dis qu'il faut cesser de tenir le cheval en place dans les trois défenses que j'ai citées, c'est afin d'être toujours maître de lui. S'il résiste aux attaques sur place, je le porte en avant à tout prix. Puis je le renferme et je recommence jusqu'à ce qu'il cède. Le point sur lequel j'insiste, c'est qu'on est toujours maître du cheval tant qu'on peut le porter en avant.

On comprend assez que toutes ces observations ne concernent pas uniquement le piaffer et le passage. Si je les ai développées assez longuement, c'est que ce sont toujours les mêmes moyens que l'on emploie pour combattre les défenses, — toujours les mêmes auxquelles le cheval ne manque pas de se livrer chaque fois qu'on l'attaque de l'éperon en le maintenant en place ^

Les hommes de la nouvelle école, dont j'ai déjà eu occasion de parler dans le chapitre précédent, emploient, pour enseigner le piaffer, un mo3^en non moins bizarre que celui dont ils se servent pour enseigner le pas espagnol, mais plus sauvage encore.

On ouvre la porte du manège, et on place le cheval

I. Beaucoup ù'écuyers, présentant des chevaux qui se détendent, disent, pour s'excuser, qu'on ne peut rien faire d'animaux qui ruent, pointent ou reculent chaque fois qu'on leur fait sentir l'éperon. La simple vérité, c'est que leur méthode est défectueuse. Parfois ils se vantent d'avoir donné de telles corrections à leur cheval qu'il est resté plusieurs jours sur la paille. Cela prouve seulement leur brutalité. Dans les pires défenses, je n'ai jamais maltraité un cheval au point de le mettre sur la paille. Je ne l'ai même jamais assez fatigué pour qu'il ne puisse reprendre son travail le lendemain.

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la tête tournée du côté de l'écurie, tout près de l'ouverture de cette porte, pour exciter son impatience.

Un homme est sur son dos, un autre homme le tient au caveçon, et un troisième se place derrière le cheval, la chambrière à la main K

On met ensuite à chaque paturon un bracelet en cuir auquel est attaché un morceau de bois en forme d'œuf.

Dès que le cheval bouge un pied, ou plutôt quand il le pose, l'œuf frappe sur la couronne et l'oblige à relever le pied. L'homme qui le monte l'actionne des éperons; l'autre, qui est placé derrière, l'actionne de la chambrière, tandis que l'homme qui tient le caveçon, et se trouve placé devant la tête du cheval, empêche celui-ci d'avancer, en lui donnant des coups de caveçon sur le chanfrein. Le cheval, ainsi emprisonné, manifeste très vivement son impatience, et comme, chaque fois qu'il pose un pied, l'œuf le frappe sur la couronne et le lui fait relever, il fait une espèce de piaffer précipité qui n'est ni gracieux ni régulier. Au surplus, on habitue de cette façon le cheval à piaffer devant la porte de l'écurie, ce qui est sans doute très ingénieux et ne demande pas grand

I. Ces messieurs n'opèrent qu'en troupe. Toujours plusieurs bourreaux pour une victime. Ils sont d'ailleurs tellement convaincus qu'on ne peut s'y prendre autrement qu'ils croient qu'on se moque d'eux quand on leur dit que l'écuyer doit enfourcher son cheval et le dresser seul sans l'aide de personne. Cela leur paraît simplement impossible.

savoir. Mais il y a un inconvénient à user de ce procédé : dès que vous tournez la tête de l'animal du côté opposé à l'écurie, il ne montre plus aucune impatience et cesse de piaffer.

Voilà ce qu'est le cheval mécanisé. Je m'arrête, n'ayant l'intention de ne donner qu'un aperçu du système employé par la nouvelle école pour dresser le cheval. Pour toute espèce de travail, les adeptes de cette école emploient les mêmes moyens. Je n'entreprendrai pas de les décrire.

Le cheval auquel on a appris à piaffer avec le seul concours des rênes et des jambes, et par des effets d'ensemble, piaffe n'importe oià, au gré du cavalier, quel que soit le moment ou l'endroit.

Il n'en est pas moins vrai que le S3'stème de l'école nouvelle est employé presque partout. On dresse maintenant les chevaux sans les monter et par des moyens analogues à ceux que l'on pourrait employer pour dresser des singes ou des chèvres. C'est ce qu'on appelle ironiquement, à Vienne, Piideldressirung, du dressage de caniches ^

Il est, du reste, facile de se rendre compte des raisons qui font que le piaffer, appris dans de telles

I. Il faut ranger dans la même catégorie la recommandation faite par certains auteurs de chanter un air à deux temps à un cheval à qui on apprend le piaffer ou le passage.

Je n'ai jamais dressé un cheval avec une musique quelconque. Tout mon orchestre est dans mes éperons.

Quand mes chevaux entendent la musique pour la première fois, cela les déconcerte d'abord, mais ils s'y font facilement.

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conditions, sera toujours mauvais. D'abord, question décisive : tout progrès est impossible. Ensuite, l'action de la cravache ou de la chambrière ayant pour résultat d'élever la croupe, les jambes de derrière dépasseront en hauteur les jambes de devant et l'encolure s'affaissera nécessairement. Or, dans le piaffer comme dans le passage, les jambes de devant doivent toujours dominer comme hauteur. Cela s'obtient quand on enseigne ces mouvements avec le seul secours des mains et des jambes, car les jarrets sont alors poussés sous le centre de l'animal, ce qui provoque l'élévation de l'encolure, et par conséquent une plus grande hauteur de l'avant-main^.

On comprend que les chevaux de la nouvelle école ne sont jamais dressés dans la véritable acception du mot. Ce sont tout au plus des machines, des automates que le premier venu peut faire mouvoir et dont il pourra obtenir tel et tel travail, bon ou mauvais, pour peu qu'on lui ait indiqué comment, à quel

I. Comparez les figures i et 2 de la planche XXIX avec la planche XXX exécutée d'après une photogravure publiée dans un récent ouvrage où l'on enseigne le piaffer à la cravache. Dans la planche XXX, la position de la tête et de l'encolure sont si défectueuses, l'avant-main est si surchargé que l'animal ne peut pas lever la jambe droite de devant qui devrait être en l'air, comme dans les figures i et 2 de la planche XXIX. Dans la planche XXX, au contraire, le cheval plie simplement le genou, le sabot traîne à terre. Il ne piaffe que de rarrière-main,qui est plus haut que l'avant-main. Contre l'intention de l'auteur, tous les vices du piaffer à la cravache sont rendus frappants par cette figure.

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moment et à quel endroit il faut toucher certaines parties du corps de l'animal.

Les écuyers de la nouvelle école se gardent bien, du reste, de jamais chercher à dresser des pur sang, sachant par expérience que des chevaux nerveux, énergiques, puissants, ne se laisseraient pas ligoter. Ils soutiennent, pour s'excuser, que les pur sang manquent de souplesse. La vérité est au contraire que le pur sang est le cheval le plus souple, mais aussi le moins endurant.

C'est d'ailleurs à cette nouvelle école qu'on doit toutes ces amazones qui, ne pouvant ou ne voulant pas apprendre à monter à cheval, trouvent beaucoup plus simple d'acheter une bête mécanisée et la font travailler à coups de cravache, sur les jambes, la tête, la croupe, et enfin un peu partout, de la manière la plus disgracieuse.

Les vrais amateurs sont loin de goûter ce genre d'équitation, tout fait de contorsions, et qui consiste presque toujours, soit à obliger le cheval à se tramer sur les genoux, soit à allonger la tête par terre comme un veau qui attend le couteau, soit encore à marcher sur des balustrades, etc.

Sans doute, le gros public, peu au courant de l'équitation, applaudit quand même; mais il est triste que l'art de l'équitation soit tombé si bas.

Pour savoir si le cavalier possède réellement la science du cheval, il suffit de regarder l'animal. Quand celui-ci est léger, toujours bien placé, toujours dans

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l'impulsion, et exécute tous les mouvements avec tant d'entrain qu'il paraît travailler avec plaisir, vous pouvez être certain que vous n'avez pas affaire à un adepte de la nouvelle école et encore moins au cheval mécanisé, dont j'ai parlé plus haut.

J'ajoute que l'homme doit toujours monter sans cravache, et que l'amazone ne doit user de la cravache que pour suppléer l'action de la jambe droite, c'està-dire pour en frapper à droite, et rien qu'à droite, un peu en arrière des sangles.

Il n'est pas douteux que la méthode adoptée par l'école nouvelle sera de préférence suivie par ceux que rebute tout travail, ce genre d'équitation étant à la portée de quiconque l'a vu pratiquer pendant quelques jours. On peut au contraire regarder travailler, pendant des années, un véritable écuyer et n'apprendre que très peu de chose. L'écuyer ne se sert, en effet, que des mains et des jambes, et encore avec tellement de délicatesse, avec des mouvements si atténués, que l'œil du spectateur peut à peine les saisir.

En somme, la nouvelle école dresse le cheval au moyen de trucs. C'est pourquoi, dès qu'il est en possession de ces trucs, le premier venu peut obtenir certains résultats.

L'ancienne école est à la nouvelle ce que le piano est à l'orgue de Barbarie. Pour avoir véritablement du talent sur le premier de ces instruments, il faut de longues études et une grande persévérance -, encore n'y arrive pas qui veut. Tandis que, pour jouer de

l'orgue de Barbarie, il suffit d'avoir le bras assez solide pour tourner la manivelle. Dans le premier cas, on peut, avec du travail et de la patience, devenir un artiste; dans le second, on fait du bruit et c'est tout.

Différence entre le passage et le trot espagnol.

Même parmi les gens qui montent bien à cheval, beaucoup confondent le passage avec le trot espagnol.

Dans le passage, les genoux et les paturons sont fléchis; dans le trot espagnol, ils sont dans l'extension.

Dans le passage, moins on parcourt de terrain, mieux cela vaut, alors le temps de soutien est plus accentué et le cheval paraît s'enlever sous lui.

Dans le trot espagnol, au contraire, on doit chercher à prendre le plus de terrain possible à chaque foulée. Pour être brillante, il faut que l'allure soit haute et allongée, sans toutefois être précipitée, car, si vous allez trop vite, les jambes de devant ne pourront pas marquer le temps de soutien.

Il y a aussi un autre trot que l'on appelle nageur, dans lequel le cheval doit trotter de toute sa vitesse, en indiquant avec les membres antérieurs un temps

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