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N° 3. INJURES GRAVES

190. L’injure suppose qu’il y a dol et intention de nuire. C’est ce que dit la cour de Turin dans un arrêt rendu en matière de divorce. Il faut donc appliquer à l’injure ce que nous venons de dire des excès et des sévices. Un arrêt de la cour de Montpellier semble contraire à cette doctrine (i). Il décide que les imputations dirigées par un mari contre sa femme, bien quelles ne puissent dériver que des hallucinations d’un esprit troublé, deviennent une cause de séparation lorsqu’elles sont si graves et si persévérantes que la cohabitation n’offrirait plus à la femme aucune sécurité. Si le trouble de V esprit , dont parle cet arrêt, était une maladie mentale, alors la cour a méconnu les principes les plus élémentaires en matière d’injure et de divorce. Peut-on dire d’un mari qui a l’esprit troublé, dérangé, qu’il viole les devoirs qui naissent du mariage? et peut-il y avoir divorce sans cette violation? Y a-t-il injure là où il n’y a plus de saine raison? Toutefois, en fait, la décision peut être très-juridique. Le trouble de l’esprit peut provenir d’un mauvais sentiment, d’une jalousie aveugle; dans ce cas, il n’y a pas maladie mentale; le mari est responsable de ce qu’il fait, par suite il y a injure et cause de divorce.

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