PRÉFACE. VII
les besoins dont ils révèlent l'existence. Le droit n'est pas cependant livré à une incertitude fatale, même s'il s'agit d'un droit appelé à exercer son autorité sur des peuples indépendants les uns des autres. Les besoins d'une société policée ne varient pas sensiblement avec les climats ; les hommes, de leur côté, montrent sous toutes les latitudes les mêmes tendances, sont sujets aux mêmes passions, souffrent de^ mêmes nécessités. N'y a~t-il pas dans cette similitude les germes d*un droit commun, et un droit international est-il réduit h des conjectures, alors que l'observation directe lui fournirait une ample moisson de vérités sociales incontestables?
Il est toujours pénible d'avoir h se contenter d'une demi-vérité et la parole du maître, si respectable soit-elle, n'est jamais la caution suffisante de l'exactitude de sa doctrine. Il semble surtout que le devoir de s'instruire personnellement et de ne tenir pour existants que les principes dont on a pu vérifier soimême le fondement soit particulièr-ement impérieux pour un professeur. Le professeur est responsable de l'enseignement qu'il donne, il est moralement coupable si, par sa facilité à accepter pour juste ce qui est au plus probable, il accoutume l'esprit impressionnable de ses auditeurs a considérer comme une science une doctrine acceptée par lassitude bien plutôt que par choix et qui est incapable de justifier des fondements premiers sur lesquels on prétend la faire reposer.
Ces idées, ou mieux ces scrupules m'ont conduit à faire une étude attentive des questions fondamentales du droit international privé. Je remarquai, non sans étonnement , que ces problèmes généraux touchant à l'existence de notre science et à ses premiers principes arrêtaient peu d'ordinaire les auteurs, que ceux-