X PREFACE
reviendront ensuite à nous, s'il leur plaît d'approfondir davantage les notions qu'ils auront d'abord acquises.
Comme, d'autre part, il est évident que je n'ai point ici la prétention de faire la leçon aux maîtres euxmêmes, à des collègues dont j'estime fort et dont j'admire parfois la science et l'ingéniosité, on pourrait être tenté de conclure de cette énumération que ce livre, du propre aveu de son auteur, ne convient à personne du tout. Ce serait exagérer, car je pense que ces recherches, qui ne correspondent sans doute à aucun objet pratique déterminé, conviendront bien aux besoins des esprits d'une certaine catégorie. Je le destine et le dédie aux esprits curieux de certitude, à ceux qui pensent ne rien savoir tant qu'ils ne se rendent pas un compte exact des bases sur lesquelles repose leur science, à ceux qui ont inscrit dans leur règlement de vie cette belle maxime familière, paraîtil, à saint Augustin : « Il faut aimer à comprendre. » A ceux-là, praticiens ou théoriciens, maîtres ou élèves, je puis dire que mon livre fournira, non pas la solution définitive et complète des problèmes dont notre science fourmille (ce serait me vanter singulièrement que de le prétendre), mais une considération impartiale et approfondie de ces problèmes, une méthode qui peut revendiquer au moins une qualité, celle de rendre compte de tout ce qu'elle admet, depuis ses origines les plus lointaines jusqu'à ses dernières conséquences. Et si ceux-là ont souffert, comme j'ai souffert moi-même, de cette imprécision des premiers principes qui rend obscure et conjecturale la science tout entière, ils jugeront, je Fespère, que mes longs efforts n'ont point été entièrement inutiles.