G RAK DIDIER, Origine des Malgaches
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moussons. Entre la côte de la Chine au Sud de Fonnose et la côte d'Annam» l'alternance de la mousson hivernale du Nord et de la mousson estivale du Sud a créé des rapports : le novfi de mer de Chine les exprime. La violence souvent dangereuse de ces vents cesse au delà de la digue insulaire formée par les Philippines, Palaouan et Bornéo : ce fut un autre domaine que désigna le nom de mer de Célèbes et de Jolo. Mais à des domaines régis par des vents connus, et où Ton était sûr de pouvoir revenir, succédaient des espaces que des dangers, grossis volontiers par l'imagination, semblaient interdire : tel était, au Sud de la région fréquentée par la navigation arabe, Iç courant redouté de Mozambique qui portait vers le Sud avec violence.
Un monde nouveau conmiençait là. Les documents anciens montrent que la navigation, s'avançant de Carthage ou de Gadés le long dé la côte d'Afrique à la faveur des alizés du Nord-Est, ne dépassait pas Sierra Leone. Là s'arrêtait l'océan Atlantique des pays de l'Atlas, au delà régnaient d'autres vents, vents irréguliers que rencontrent les navires à voiles sur les côtes de Guinée ; les fréquentes tornades y rendent encore aujourd'hui la navigation difficile : il faut 45 jours à un voilier pour se rendre à Lagos, tandis qu'il n'en met que 42 pour atteindre Rio-de^aneiro K Cette séparation resta la limite du monde connu des anciens.
n est à remarquer que le domaine des navigations norvégiennes qui, entre le viii® et le xi® siècle, embrassa l'inmiense espace maritime compris entre les Hébrides et l'Islande jusqu'au Groenland et même au Labrador, n'empiéta pas au Sud sur la zone dangereuse du Gulf- Stream. Ces navigateurs si hardis semblent s'être astreints à suivre des routes assez septentrionales pour éviter la lisière du courant qui, par 40^ de latitude environ, charrie des bourrasques et qui, dans les mois d'hiver, est la zone la plus tempétueuse qu'A y ait sur le globe. On estime à 42 jours la durée moyenne d'un trajet direct à voile d'Europe/en Amérique, et, encore aujourd'hui, les navires partis de Scandinavie continuent à tenir le plus possible au Nord jusqu'à Terre- Neuve K L'idée d'une mer septentrionale comprenant l'espace entre le Groenland, Tlslande, la Scandinavie et l'Ecosse, s'exprime maintes fois au XVI® siècle dans les revendications dano-norvégiennes.
1. G. SciiOTT, Die Verkehnwege der Transozeanischen Seffeischiffari in der Gegenwart (Zeitschr. der GeselUcha/t fur Erdkunde tu Berlin, t. XXX, p. 247 et 279).