A^, anuM, arhtt§Uu, poÊcam. (De RepuèUm
3. T% oitoptfjLOç et yfj Tts^uxcufiévri. (Xénophqn, HeUéniçae$p 3, 2, 10). — Id, dans
tas ÂCBfMNRlgiIfS.
Tart agricole. Quant à la vie pastorale, elle implique non seulement différence, mais opposition. Elle est le principe d'un antagonisme qui a frappé les observateurs depuis Thucydide jusqu'à Strabon, et qui persiste encore, sous une forme atténuée, de nos jours.
En effet, dans le cadre qu'embrassent les plis des chaînes ibériques et provençales, de l'Apennin, des Alpes dinariques et du Pinde, la plaine et la montagne s'enchevêtrent : celle-ci, neigeuse en hiver, mais ofhimt en été de frais pâturages ; l'autre, hospitalière en hiver, après le renouveau qui suit les pluies d'autonme, mais subissant da fait des sécheresses d'été une interruption de végétation qui peut durer jusqu'à deux mois. Le bétail, aisément mobile, qui est, dans la région méditerranéenne, la forme caractéristique de richesse (pecunia)^ trouve ainsi alternativement dans la plaine et la montagne ce qui lui convient. Un régime pastoral est issu de cette soUdarité ; il eSt possible d'en concevoir le développement. A proximité d'abord, puis, à mesure que se formaient des collectivités pastorales assez fortes pour assurer leurs migrations, à des distances considérables \ les troupeaux, suivant'l'ordre des saisons, ont passé des hauteurs à la plaine et vice vena. C'est ainsi que, des Alpes dinariques au littoral dalmate, du Pinde aux plaines de la Thessalie, des Abruzzes à la Campagne romaine et au Tavogliere de Fouille, enfin des montagnes du Léon et de Tenid aux plaines de l'Andalousie, s'établit le régime de la transhumance. La montagne, en déversant périodiquement sur la plaine ses pasteurs et ses ^troupeaux, y gênait toute poursuite de travail agricole. Ce travail, dans les plaines où les conséquences du régime ont été poussées à l'extrême, finit par se réduire à deux courtes apparitions de traviailleurs, l'une en octobre pour les semences, l'autre en juin pour les récoltes. Ainsi s'explique que, dans les plaines assujetties à un tel régime, n'ait pu se nouer ce contrat qui, par un rapport quotidien de soins ' assidus, unit le cultivateur à la terre. La petite propriété n'a pu s'enraciner avec la ténacité nécessaire, pour peu que des périodes de gubrre et de troubles se soient prolongées ; elle a été emportée par la tourmente et a fait place à ce régime de latifundia qui pèse encore en Espagne et en Italie sur quelques-uns des domaines où des populations ont prospéré jadis, où elles pourraient encore vivre à l'aise.
n y a là, dans l'état actuel, une des causes restrictives de la deu-
1. L'industrie pastorale, en Espagne, dassalt les troupeaux en sédentaires (eêtantet), ne sortant pas de la région (rioeriegoê)', enfln t Iranâkumanta • ceux qui vont d'une extrémité à l'autre du royaume.' (J. Goury du Rosuaf, Bêêoi sur VhiMiotn économique de VEspagne, Paris, Guillaumin, |1888], in-8, [vi] + 355 p.) Voir : AndrA Fribovrg, Lalranshumanee en Eêpagne (Annalea de Géographie, XIX, 1910, p. 231-244, 3 flg., cartes ; cartes à 1 /5.000.000, pL 14 A, B).
RfiGIONS IfÊDITERRANÉBNNES 88
site de population autour de la Méditerranée. Elle atteint les plaines, très sensiblement dans le Sud de TEurope, et plus encore dans l'Afrique du Nord où la colonisation française réagit non sans succès. Cette complication de faits physiques et historiques se traduit dans la densité de population par des points faibles et ce qu'on pourrait appeler une série d'anomalies négatives K
IL — ROLB DES (lXa.TURBS ARBUSTIVBS
n en est autrement des domaines où s'est implantée la culture arbustive : là se sont formés de bonne heure, ont grossi successivement, se sont conservés comme en réserve pendant les temps, de crises, les rangs èpaÎA d'une population qui ne se lasse pas de prêter de nonveUes recrues à la vie urbaine limitrophe ou même à l'émigration d'outre-mer.
Les observateurs qu'attiraient dès l'antiquité classique les problèmes de civilisation, ont parfaitement noté que ce tjrpe de culture n'était pas une création élémentaire et spontanée, mais l'expression d'un progrès, d'un degré de vie supérieure. Comme tous les progrès de ce genre, c'était une œuvre de collaboration, se transmettant par voie de contact et d'imitation suivant que le permettait l'analogie des climats. L'origine et le centre de propagation de ce genre de vie peuvent être cherchés sans hésitation dans la partie du domaine méditerranéen confinant aux grandes sociétés antiques de l'Euphrate et du NiL Le véhicule en fut Tintercourse maritime, que les découvertes préhistoriques en Crète et dans l'archipel égéen nous montrent comme on des faits les plus anciens et des plus déddfs de la géographie des dvitisations. Les trouvailles de vases crétois ou égéens jusque dans la Haute-Egypte, et réciproquement celles d'objets égyptiens en Crète, ouvrent de larges horizons qui se prolongent jusqu'aux premières dynasties pharaoniques, peut-être au delà. Â l'époque où l'He de Santbrin n'avait pas encore vu sa partie centrale s'effondrer dans une convulsion volcanique, c'est-à-dire il y a quarante siècles au bas mot, ses habitants entretenaient un commerce de poteries avec le dehors ; ib cultivaient l'olivier, l'orge, divers légumes K II est possible dç dis-
1. Grèce. Nome de Phtlotlde : 24 hab. par kmq. ; nome de Laiiisa : 25 hab. Moyenne da royaume : 41 hab. « Italie. Province de Foggla : 70 hab. par kmq. Moyenne du royaume : 126 hab. — Espagne. Province dcHuelva : 31 hab. par kmq. ; province de Gordoue : 36 hab. ; province de SéviUe : 42 hab. Moyenne da nyanme : 40 liab.
2. P. PouQU^ Sanlatln et u» Aupiiotu, Paris, Masson* 1879, ch^. ui : « GoBsthic- UoQt antéhlstoiiqnes ». ~- C'est dans ces constructions enfouies sous d'épaisses
84 LA RâPARTrriON DES HOMUBS SUR LE GLOOE
cerner, à travers ces rapports primitifs» le germe qui» suivant des dreonstanoes diverses de temps et de lieox, s*est épanoui, grossissant antonr de la Méditerranée les rangs de la population. Comme tont progrès destiné à exjdter dans Thumanité un surcroît de force colleetive, il s'accomplit au contact de sociétés inégales, mais travaillant sur un fonds commun.
Les bords européens de la Méditerranée souffrent de sécheresses saisonnières ; mais, à la différence des régions franchement arides, le tribut d'humidité versé par l'I^ver, le printemps et l'automne suffit pour entretenir dans le sous-sol, — à l'exception des pays karstiques, — des réserves persistantes d'humidité. Ce sont elles que l'arbre oo l'arbuste puise par la longueur de ses racines, n faut tenir grand compte du sous-sol dans la culture méditerranéenne \ Si l'irrigation joue un rNe qu'on ne saurait exagérer, elle n'est point cependant la dispensatrice absolue de population et de richesse dans les régions subdésertiques. Cette nuance de climat nous explique pourquoi une culture de terres sèches a constanmient coexisté, dans le Sud de l'Earope, avec une culture d'irrigation *. Celle-ci exigeait une sonmie de travaux collectifs et d'organisation qui n'a pu être atteinte qu'à la longue ; d'autre part, les surfaces éprouvées par un mauvais écoulement des eaux réclamaient de coûteux travaux de dessèchement*. Au contraire, la culture arbustive a pu de prime-abord se propager et s'étendre sur les terrains où, la surface étant sèche, le sous-sol restait suffisamment humecté. Remarquons, en effet, que les plantes de ce genre qui, par l'ancienneté de leur culture, semblent avoir de bonne heure acquis la prépondérance : la vigne, le figuier, l'olivier, auxquels on peut ajouter l'amandier, sont de celles qui ne nécessitent pas l'irrigation. Je suis porté, par tous ces indices, à considérer les contrées à surface sèche et à sous-sol humide comme le plus ancien type méditerranéen de culture et de population denses.
n en est une qui, par sa position et sa nature, convient à cette
couches de cendres qae les fouilles opérées par la mission française ont mis à Jour les différents objets auxquels nous faisons allusion.
1. Ce qu'on appeUe, aux États-Unis, le Drg fanning semble renouvelé des méthodes de l'agriculture punique.
2. Secano» et riegos, sur la côte d'Espagne ; Aspns, lUgatiu ou Ririend, dans le RoussUlon.
3. La légende et l'histoire mentionnent en Grèce des œuvres ou des tentatives de dessèchement. D n'est pas douteux, cependant, qu'elles aient suivi de lofai les travaux d'irrigation. Les plus anciens dessèchements connus, dans le RoussUlon, ne remontent pas an delà du xii* siècle. (J.-A. Brutails, Étude mut la condition deâ populations rurale» du RoussiUon au Moyen Age, Paris, Impr. Nationale, 1891.> N'a-t-U pas fallu près de sept siècles, à partir du xi*, pour mener à fin le dessèchement de la Valle dâ Chiana ?
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