RÉGIONS MÉDITERRANÉENNES
définition : c'est la plaine calcaire qui, à rexttémité Sud-Est de la péninsule italique, s'avance comme un pont à la rencontre de l'Orient. Elle lait partie de la région que les Grecs ont très anciennement connue sous le nom d'Iapygie et que les Romains désignaient par celui d'Âpulie, qui se perpétua sous la forme plurielle significative : le Puglie. Dans cet ensemble, la bande littorale qui s'étend de Barietta jusqu'à Bari et même an delà jusqu'à Brindisi et Lecoe se distingue dès l'antiquité, vu l'énorme quantité de vases qui en sont originaires, conmie un foyer de population \ Malgré le cours différent qu'a pris l'histoire, la contfèe reste encore une terre bénie dont la mauvaise administration séculaire n'a pas réussi à paralyser les avantages. Entre une double série parallèle de villes, l'une sur la c6te, l'autre à 10 kilomètres dans l'intérieur, s'encadre la campagne sèche et lumineuse où, sons l'ombrage tamisé des oliviers, figuiers, pêchers, etc., s'étend et gagne de plus en plus le vignoble, sans atteindre toutefois la prédominance exclusive que lui abandonne, sur un sol également sec, son émule moins favorisée, la CouMiière du Bas-Languedoc.
IIL — LES « RrVIÈRES •
Lé commerce maritime et la colonisation gréco-phénicienne ont propagé, jusqu'à l'extrémité des limites qu'elles pouvaient atteindre, ces cultures éminemment lucratives. Sans l'éveil de vie générale dont nous avons signalé les précoces indices, on comprendrait mal comment ce ^enre de vie supérieure a rayonné de rivage en rivage, donnant lieu à diverses combinaisons. Certaines cêtes, par leur exposition et leur pente, se déroulent comme des espaliers dont l'homme
n'a eu qu'à tailler les gradins. Et, d'autre part, elles ménagent, à l'abri du mistral et des vents du Nord, de petites plages sablonneuses è portée les unes des autres, communiquant aisément grâce à la clémence des vents et à l'uniformité du régime, favorables ainsi à une vie de cabotage et de pêche. Telle est, par excellence, la zone de Ugurie, que la nomenclature populaire a distinguée par le nom caractéristique de Rivière : Rivière du Ponant, de Gênes à San-Remo ; Rivière du Levant, de Gênes à la Spezia \ Lar montagne y serre de près la côte,
' 1. La densité moyame de la province de Bari (175 liab. au kmq.) et de oeUe de Lecee (120 hab.) n'exprime qu'incomplètement ceUe des deux tmndes populeuses : !• Barietta, Bari, Liccce 1 2* Andria, Bitonto, Putignano, etc., qui confinent à la bande presque déserte des Murgle.
2. Densité en 1914 : province de Grénes, 273 hab. au kmq. ; province de Porto- Manriaio, 127 hab. — D'après une carte de la densité de population de la province de Gènes, en 1881, la zone de plus de 200 hab. au kmq. se prolonge avec continuité le long de la mer depuis Sestri Ponente jusqu'à Sestri Levante. Elle s'avance
86 LA RÉPARTITION DES HOBOfES SUR LE GLOBE
l'enveloppe pour ainsi dire. On voit sor les pentes tournées vers la mer blaneliir entre les plantations et 1^ bois d*olivierB le boarg principal que des sentiers en gradins» quotidiennement escaladés par des ftnes, relient à la plage. Entre deux promontoires qui renserrent, se profile en arc de cercle, comme t une corde à demi tendue >, dit Redus, Tanse où les bateaux peuvent être tirés sur le sable. Bourg et marine se coirespondent, se voient mutuellement, se complètent, parfois sous le même nom. Ce dualisme est Timage de la combinaison d'où est né un genre de vie essentiellement propice à la coOaboration familiale» car il unit les occupations de la mer à ceQes d'une culture exigeant plus de soins que d'efforts musculaires. Tel est» sans parler des causes survenues au cours des temps, l'attrait qui a poussé les hommes à se presser sur cette frange de cabotage et de pêche \ Peutêtre est-ce en Syrie, sur cette partie du littoral qui s'étend du Sud de Tripoli jusqu'au mont Carmd, qu'il faudrait en chercher le prototsrpe. Là se déroula jadis, de Byblos à Tyr, toute la série des villes phâû» dennes, pépinières de colonies qui ont essaimé sur tous les rivages. Les villes ont subi le sort qui frappe les créations historiques ; mais» le long des petites rades qui se succèdent, s'échelonnent de nombreux villages, indice et ultime relique, pour ainsi dire, de la population dense qui s'est pressée sur cette c6te *.
De cette rencontre de conditions, verger et marine^ est née une combinaison propre à la vie de la Méditerranée, qui concentre la population et la vie sur certaines parties du littoral» tandis que d'autres sont inhospitalières.
Ce type de Rwièn se répète ailleurs le long de la Méditerranée en proportions plus ou moins réduites. Parmi les organisations auxquelles il a donné lieu, celle de Catalogne est une des plus remarquables. Une pépinière de bourgs assodés à des marines s'est formée au Nord-Est et au Sud-Ouest de Batcdone : l'une (Costa de Levante), jusqu'au cap de Creus ; l'autre (Costa de Ponente), jusqu'à Tarragone *• (^udqae
en poliite Jnsqa'à une vingtaine de kUomètret au Nord de Gênes. En général, la sone de phu de 100 |iab. ne s'écarte guère à plus de 5 kilomètres de la mer. (Butt. iMUtui Iniem. de Stat., III, ttvr. 2, 1888» p. 159-185.)
1. Par exemple : côte septentrionale du golfe de Saleme (Amalfl) ; oôte faité-^ ileuje de la Magnésie (Volo). Sur le venant oriental du promontoire appelé Gap Goise, à l'abri des vents d'Ouest, se déroule pendant 35 kilomètres une succesaloa de ^OKT^ et de marinu^ dont la population dépasse 75 hab. au kmq.» plus de deux fois la moyenne de VXkt,
2. Sur la frange littorale <iui se déroule de Tripoli à Salda, la densité de la popa* latlon peut être évaluée entre 50 et 100 hab. au kmq;
8. Dans l'organisation patriarcale de l'andenne marine de Catalogne, ptosleais propriétaires s'associaient pour l'armement et les opérations d'un bateau. (RiCAirr GiBALT, Noesfra marina menanie^ Baroelona, 188^. • Toute cette partie de la eAto