‹ Principes de géographie humaineChapitre 35 sur 129 · IV. — ZONES D'ALTITUDE · texte numérisé non relu

IV. — ZONES D'ALTITUDE

C'est un fait persistant, dans notre région méditerranéenne, que la densité de population se localise dans la zone des cultures de plantations. Au-dessus de 800 métrés, les établissements humains deviennent rares, saaf aux extrémités méridionales de ce domaine. Encore même les villages échelonnés sur les pentes méridionales de la Sierra Nevada ne dépassent-ils pas en général la limite des oliviers (1.200 m.) \ et s'il se trouve çà et là, en Sicile» des bourgs populeux conmie les bourgs jumeaux de Calasdbetta (878 m.), et de dastrogiovanni, l'antique Henna (997 m.), la tranche principale de la population de l'Ile est-eUe circonscrite entre 300 et 800 métrés *. Cette zone populeuse par excellence se subdivise elle-même suivant les divers éléments dont éDe se compose et dont elle s'est graduellement enrichie *. Ces limites respectives se dessinent par des lignes d'établissements. C'est ainsi que la tranche inf^ieure, où prospèrent les cultures d'agrumes, se termine sur les flancs orientaux et méridionaux de l'Etna par une rangée populeuse que semble régir la courbe de niveau de 300 métrés : niveau de sources où s'alimentent les irrigations. Sur les collines argileuses miocènes qui bordent l'arc extérieur de l'Apennin, de Bologne à Termoli, une bande de population concentrée comme dans le Sud de r Italie, mais librement disséminée, suit fidèlement la répartition de l'olivier entre 200 et 600 mètres environ. La vigne et l'olivier se font mutuellement cortège ; la vigne, cependant, est attirée par les causes économiques actuelles vers la plaine. C'est par la châtaigneraie, du moins quand la nature du terrain s'y prête, que ce mode de culture.

«si couverte de vlUages, femet» malsons de campagne... avec fanbongi de pêcfaems mr la plage. » (Iiutmeiions Naaiiqoet, n* 968, 1913, p. 1S6.) De même, en petit, la eete d'Argelès-eor-Mer et CoUionre, à l'entrée da golfe du Lion, où la densité d^MUse 100 hab. par kmq.

1. O.' QuBLLB, BeUràge sur Kennints der êpanUehm Sierra Nevada (ZeUêchr, GtB, Brdk. Berlbu 1908, p 424 et sniv.).

2. O. MABniBixi, La diaùibuzione aUimetriea ddla popoUaUme in SieiUaJ' (RÊv, Geog. liaL, 1, 1898, n« 2, p. 117.) — En Corse, sur 62 cantons, plus de la moitié (96) sont âtués à on niveau supMeur à 400 m. ; une dixaine seulement sont à plus de 800 m. U semble donc que ce soit entre 400 et 800 m. que se concentre le gros de la population de Ftle.

S. Le mûrier, avec Tlndustrle de la soie, au moyen Age en Espagne et chex nous plus tard, vicnjt prendre rang parmi ces cultures.

88 LA RâPARTITlON DES HOMMES SUR LE XJLOBE

de gradins en gradins, lait preuve de la plus grande force expansive. Avec elle monte aussi la zone des populations denses. Elle ne commence que vers 400 mètresp et plus baut seulement, vers 600 ou 700 mètres, elle devient dominante. Une ligne d'établissements humains correspond souvent à la limite où l'olivier, avec les cultures qui raccompagnent, cède la place au châtaignier \ Grâce à cet arbre nourricier, le flot d'une population dense a pu atteindre ses extrêmes limites sur les flancs de l'Apennin, des Alpes méridionales et des Cèvennes ^ Cc& banteuis, elle les délaisse aujourd'hui, rebutée par le travail minutieux et pénible qu'exigent les terrassements en gradins, édifloe tnaçonné qu'il fallait sans cesse réparer et entretenir. Ce travail de Sisyphe n'est plus à la portée ni du goût des habitants ; aussi la partie supérieure de ces anciennes terrasses cultivées présente-t-elle souvent l'aspect d'une pierraille croulante, abandonnée à la vaine pftture. Une sorte de flux et de reflux en sens vertical régit les mouvements de la population. Ce que jadis die cherchait en hauteur, c'était la sécurité, souvent la salubrité ; aujourd'hui, l'attraction contraire prévaut K

Page 1