Vodena est à 311 m., Niausta à 331 m., Verria à 188 m
ment de PeHa» et la plaine a l'air aujourd'hui 4'une nécropole. Mais le surgissement ou la décharge des eaux au débouché des montagnes avait désigné quelques-uns de ces sites invariables que ne délaissent plus, après les avoir adoptés, les établissements humains. Tous les voyageurs, depuis Cousinéry \ se sont plu à décrire Vodena, la ville des eaux, qui déguise sous son nom slave l'Édesse macédonienne, l'iEgœ plus ancienne encore. De ses terrasses de travertin s'écroulent en cascades, puis se * multiplient en ruisseaux, écumant ou poudroyant à travers de magnifiques vergers, des masses d'eau venues de l'intérieur. Vodena est le débouché du bassin de Monastir, l'andenne Pélagonie ; mais, le long de la même chaîne, se succèdent d'autres sites humains, Niausta *, puis Yerria (Berrhoea des anciens Grecs, Karaferia des Turcs). Celles-ci, d'après J. Cvijic, ne marquent pas des' points de passages, elles doivent tout aux avantages locaux. Ces villes, tant de fois assaillies ou dévastées, persistent en vertu des lois naturelles qui régissent les établissements humains. L'eau est pour elles un gage de vie impérissable ; elles pourraient à elles trois, dit un Anglais, c alimenter de leur énergie hydraulique toutes les manufactures de Manchester • *. En attendant que ce pronostic se réalise, eUes ont perdu, au-dessus d'elles, la florissante couronne de villages que détruisit, au temps de l'insurrection grecque, Ali-pacha de Jamna, et dans la plaine qui s'étend à leurs pieds r^e à peu près.la solitude ^.
La montagne est donc non seulement évocatrice mais conserva-» trice de population. Le fertile bassin que traverse la Strouma avant de parvenir à la mer, et, plus à l'Est, celui de Drama qu'une barrière de 500 mètres de haut sépare de son port de Kavala, ont contracté leur population sur les flancs des montagnes.* Ceiles-d, contreforts avancés du Rhodope (Boz-dagh), dominent de 1.800 mètres environ des plaines basses, ddnt le centre est en partie lacustre. Le long de la voie romaine (oia Egnaiia)^ la ville fondée par Philippe n'est plus
1. • Sur le devant du plateau jalIUsseiit vingt cascadeff... qoi ee rfonistent dans la vallée... Danf If viUe, la rivière est divisée, pour le service publie, en on grand nombre de canaux ; et, «u sortir des usines, ces ruisseaux vont former les cascades de la pente méridionale. Au dehors de la viUe, du côté de l'Est, commence une prairie très étendue, entourée de jardins, de platanes, de saules, d'ormeaux, etc.. » (E.-M. CoxnmtRY, Voyage danâ la Macédoine^ Paris, Impr. Royale, 1881, t. I, p. 78-79.)
2. « EUe a dû être habitée depuis les anciens temps à cause de ses l>elles eaux et de ses beaux vignobles. U paraK que ce canton fut anciennement habité par te Bryges. • (CoûsmÂRY, ouvr. dté, p. 71.) — Ce peuple des Bryges était, semble-t-Il, apparenté aux Phrygiens. •
3. D'après J. Cvijic, Grundlinten der Géographie und Géologie von Matedonien und AU-Serbien. I. Teil (Pdermannâ Miii., Ergzbd. XXXIV, Ergzh. n« 162, Gotha, 1908, p. 353).