CONCLUSIONS: RÉSULTATS ET CONTINGENO^ M
yeux le principal levier d^aetion que rhamanité ait réaaai à combiner. Ces épais bataillons peuvent sans s'appauvrir suffire à une expansion qui s'étend autour d'ettx comme une auréole. Le flot de la colonisation chinoise» après s'être avancé du Nord vers le Sud» réparant au besoin ses pertes, recouvrant ses conquêtes perdues» finit» dans les provinces mcmtagneuses du Sud, par se diviser, se ramifier en filets de plus en plus amincis. Mais tant il s'en faut que sa force d^expansion soit éteinte» que dans l'Indochine et la Malaisie l'élément chinois est le ferment le plus. actif des sociétés qu'il pénètre. L'Inde, de son côté, fournit des travailleurs à l'Âssam et à la Birmanie ; sa colonisation rayonne Sur l'Afrique orientale. .De ces deux grands groupes sortira peut-être le supplément de bras et d'intelligences humaines dont le manque se fait encore si fâcheusement sentir dans la plupart des contrées tropicales.
L'Europe fut aussi un foyer de colonisation pour elle-même» avant de le devenir pour le nouveau monde. Les contrées déjà populeuses de Flandre et des Néerlandes fournissent pendant le moyen âge des colons» non seulement au pays du Brandebourg qui en tire son nom de Fiaming^ mais aux marches orientales de l'Allemagne. La Russie plus tard puisa & son tour dans l'Europe centrale des contingents de colons pour reconstituer son Ukraine, sa firontière des steppes.
Les ag^omérations ont servi à leur manière la cause du progrès ; car rien de nouveau'ne se crée sans que l'évolution souhaitée ait à sa portée de suffisantes dispontbfiités d'honmies. On puisa dans ces multitudes pour la construction des grands travaux puUics qui furent l'orgueil de certaines dynasties chinoises ; pour ces barrages hydrauliques et ces tanks innombrables qu'on admire dans le Sud de l'Inde. Et, ce qui nous touche de plus près, la moderne évolution industrielle de l'Europe eut la chance de trouver dans la présence de populations assez denses la inain-d'œuvre et le personnel dont elle avait besoin. Dans les r^ons élevées et pauvres de Saxe, de Silésie» de la Forêt- Noire» des Vosges, du Lyonnais étaient installées des populations nombreuses pour lesquelles l'industrie était un appoint, avant de devenir une vocation. Les manufactures qui se fondèrent dans le centre et l'ouest de l'Angleterre à la fin du xviii^ siècle» recrutèrent leur personnel dans la classe de petits agriculteurs que ruinait alors une crise économique. C'est ainsi que, aujourdlmi, le Japon peuple ses récentes usines avec la surabondante population de sa campagne.
Mais les causes en apparence les plus durables peuvent avoir fait leur temps. Il se peut que dans l'arsenal mouvant des causes économiques d'autres prennent leur place. L'augmentation croissante des
besoins, la multiplicité des services de notre civilisation moderne requièrent sans cesse un plus grand concours de forces humaines^ Mais les facilités de transport permettent aujourd'hui à la maind'œuvre d'affluer, sans se fixer, même à de grandes distances. Qui peut dire d'aiUeurs que force reste synonyme de nombre? Avec les progrès du machinisme l'intelligence supplée au nombre. Qu'adviendra-t-il enfin si d'autres sources dé pouvoir se substituent à celles qui exigent un appareil encombrant ?
Ainsi l'examen des faits, comme il arrive souvent, pose plus de questions qu'il n'en résout.