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LES INSTRUM^H'S ET LE MATÉRIEL

leur concavité, projettent des dents ou lamelles semblables aux stipules qui se détachent de la gaine d'une feuille.

IIL — CENTRES DE DâVELOPPEMENT ORIGINAUX

NatureDement, une connaissance plus complète du monde tropical a mis en relief, se détachant sur ce fonds commun, une variété inattendue de développements originaux. L'intérieur africain, par exemple, a cessé de nous apparaître comme un morne ensemble d'imiforme barbarie. Sur les bords du Cassai, du Congo, de TOuellé, les observations de voyageurs scientifiques ont dressé devant nous des types relativement avancés de civilisations : ainsi chez les Bakoubas, les Batékès, les Mongbouttous, chez d'autres encore.

On a souvent remarqué, depuis Livingstone, la différence de nature à l'Est et à l'Ouest des grands lacs africains. Entre les Masal et les peuples du Congo les instruments, les armes, les vêtements s'opposent comme la steppe à la silve, la faune de grands coureurs à la faune arboricole, le pasteur au cultivateur.

Les Malais. ' — C'est dans le monde insulaire et péninsulaire de llalaisie et de Mélanésie, au Sud du continent asiatique et conmie à son ombre, que de nouveau la végétation tropicale, se déploie dans sa splendeur. Elle s'accompagne, dans les grandes ^s^'&oisines du vaste continent, conune Sumatra et Bornéo, d'une richesse inaccoutumée en espèces de mammifères. La richesse et l'originalité du matériel ethnographique sont en harmonie avec cette nature vivante. Les Bataks de l'intérieur de Sumatra, les Semangs et Sakals de la presqu'Oe malaise, les Dayaks et Keniahs de Bornéo, ont constitué, chacun dans son genre, des types d'armes, vêtements, instruments, figures aussi archaïques maintenant par rapport à la civilisation malaise que le paraissent au milieu de nous celles du pfttre castillan ou du Palikare. Au bord des golfes ou des fleuves, au penchant des collines, entre les forêts qui couvrent rii^érieur à peine connu de ce petit continent qu'on appelle la Nouvelle-Guinée (plus de 800.000 kilomètres carrés), des Nègres dolichocéphales à épaisse toison chevelue ont» sans le secours des métaux, fabriqué des massues, des arcs, des tambours comme les Nègres d'Afrique, des masques fétichistes comme ceux du Dahomey, des tabourets artistement sculptés pour appuyer la tête, comme on en use au Japon, des pirogues à balanciers et platefonnes conune il en fourmille entre les Des du Pacifique. ^

Ces surfaces terrestres vont s'émiettant, se dispersant en une pous-

sière d'Iles dont les marins se racontaient, du temps de Marco Polo» c qu'il y en avait 12.700» toutes hahitées nns compter celles qu*oii ne sait pas ». Mais si l'appauvrissement de la nature végétale y correspond au rétrécissement des surfaces, les analogies générales subsistent Il n'y a pas d'hiatus véritable entre le monde malais et le monde polynésien ; une connexité s'y laisse apercevoir, beaucoup plus nette qu'entre l'Est et l'Ouest de l'Afrique équatoriale. n faut ici certainement tenir grand compte des relations d'échanges et d'emprunts qui se sont produites sur les voies d'une colonisation embrassant presque toute l'étendue du Pacifique. Toutefois c'est encore la nature ambiante qui fournit le fil conducteur.

Les Polynésiens. — Dans l'inventaire tropical des continents» les seuls animauT mis à contribution sont les oiseaux, surtout au Brbil et en Guyane» ou les hôte» puissants des marais ou savanes» éléphants en Afrique» bufiles en Asie. La faune marine n'apparaît que çà et là sous les formes minuscules de perles ou monnaies d'échange. Elle prend» au contraire» de plus en plus d'importance en Indonésie» en Mélanésie» pour devenir enfin prépondérante dans les archipels du Pacifique. Déjà à Bornéo» en Nouvelle-Guinée» et jusque dans les montagnes de la Birmanie et de l'Assam» on voit les longs boucliers de bois se garnir et se rehausser de coquilles» à Bornéo des cuirasses d'écorce se blinder d'écaillés de poissons» en* Nouvelle-Guinée les masques fantastiques se recouvrir d'une plaque en carapace de tortue.

Ainsi s'annoncent les approches d'une r^on maritime qui.se distingue entre toutes les autres par la variété et là magnificence de sa faune. C'est entre l'Océan indien et la partie tropicale du Grand Océan que le domaine des tortues géantes» des huttres perliéres» se rencontre avec celui de la Cgprea moneta, premier spécimen de cette monnaie de coquillage qui eut une si extraordinaire dispersion» du NantilaSt et surtout de la merveille des merveilles» le Tridacna gigas^ dont les coquilles bivalves» larges souvent d'un mètre et semblables à un bénitier» se drapent des plus vives couleurs. Cette région indo-padfique» par ses constructions de coraux qui ménagent l'abri et la nourriture» entre leurs récifs et dans leurs lagunes» à des légions de poissons, est» à sa manière» un puissant foyer de vie. L'empreinte de cette animalité maritime s'est conmiuniquée à l'industrie humaine. Privés de métaux» ces Océaniens ont utilisé la dureté et les dimensions du Trir dacna gigas, qu'ils trouvaient implanté sur les récifs de poljrpiers» pour en fabriquer des ornements et des armes. Par un frottement obstiné au moyen d'une pierre enchâssée dans une tige de bambou»

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