‹ Principes de géographie humaineChapitre 52 sur 129 · LES INSTRUMENTS ET LE MATÉRIEL · texte numérisé non relu

LES INSTRUMENTS ET LE MATÉRIEL

ils en ëvidaient le centre» ou ils en taillaient les arêtes. Des disques» des bracelets, des instruments ayant le tranchant de la hache sont sortis de ce patient travail. De plus, les grands rôdeurs des mers tropicales, squales, cachalots, ont contribué par leurs dents et leurs arêtes à baisser les massues, lances et harpons, et à renforcer d'accessoires aussi meurtriers que pittoresques l'arsenal sur lequel est fondée l'eadstence de ces insulaires.

Une note fortement caractérisée d'endémisme prévaut à la faveur du morcellement insulaire. Le matâiel ethnographique, comme le genre de vie, varient d'archipels en archipels. A côté de spécimens perfectionnés d'art nautique, on constate l'ignorance de la navigation» C'est ainsi que l'archipel des fles Matty, si voisin de la Nouvelle- Guinée, s'en distingue par l'absence de tout matériel naval. Les formes de massues, quoique empruntées aux mêmes matières, se diversifient d'Qe en Ile. L'attirail et l'accoutrement guerrier se spécialisent. L'insulaire des Salomon, avec son disque d'écaillé plaqué sur le front, son arc en bois de cocotier et son bouclier de filaments végétaux, représente un des types les plus originaux. Plus étrange et plus formidable est le guerrier des Iles Gilbert, armé d'une massue que hérissent des dents de squales, et protégé par une cuirasse de filaments de cocotiers garnie de chevelures humaines, dont il s'enveloppe hermétiquement, malgré le dimat, et qui évoque je ne sais quelle figure de samouraï ou de chevalier du moyen fige égarée dans ces mers polynésiennes ! Parmi cette diversité de civilisations insulaires, s'étalait enfin, aux temps où ces sociétés étaient encore intactes, l'aristocratique chef maori, avec le casse-tête en serpentine ou en os de baleine suspendu au poignet, et le manteau en Phormium tenax dans lequel se drapait son importance. Dans cette lointaine Nouvelle-Zélande, terme extrême vers le Sud des colonisations polynésiennes, comme dans l'archipel des Haval, vers le Nord, ces civilisations insulaires avaient jeté un certain édat. Là, comme à Tonga, Samoa, Tahiti, se pratiquait la construction de ces grandes pirogues qui firent l'admiration des Cook et des Dumont d'Urville. Quand on songe que les artisans qui avaient su accoupler ensemble de grandes pirogues, longues parfois de 30 métrés, assez étroitement reliées pour manœuvrer ensemble, n'avaient eu pour accomplir, cette difficile besogne d'autres matériaux, en dehors du bois, que des filaments végétaux et des gommes, ni d'autres instruments que la coquille ou la pierre, cette admiration ne peut que redoubler.

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