‹ Principes de géographie humaineChapitre 83 sur 129 · La MiMtion Igonnaiae en Chine, Lyon, 1898, p · texte numérisé non relu

La MiMtion Igonnaiae en Chine, Lyon, 1898, p

3. A. d'Obbiony, Voyage dans VAmériqae méridionale, tome IV, p. 102.

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des steppes. Il n'est guère en somme de contrées du globe où l'homme n'ait trouvé quelque matière première à utiliser ; c'est plutôt, en certains cas» TefTort d'esprit, l'initiative, que la matière qui a fait défaut • Ce qu'on peut dire, c'est que les matériaux locaux qu'il parvint à adapter au transport, étaient souvent de si imparfaits pis aller, qu'il ne s'y serait pas obstiné, pour peu que des emprunts au dehors eussent été possibles. Tel est surtout l'enseignement qui résulte de ces produits primitifs de l'industrie humaine.

Le stade qu'ils représentent est celui des premiers et inutiles efforts contre l'isolement qui enveloppait ces groupes locaux, qui empêchait les inventions de se transmettre et de se communiquer de l'un à l'antre.

Traîner le fardeau plutôt que le porter est une idée qui, par ellemême» n'implique pas une grande supériorité intellectuelle, puisque la fourmi, le scarabée et d'autres animaux pouvaient en fournir le modèle à l'homme. Mais eUe fut chez lui un principe fécond d'inventions mécaniques. L'usage d'interposer entre le sol et le fardeau qu'il s'agit de mouvoir un corps cylindrique donna lieu, chez les Assyriens, aux traîneaux à rouleau, que représentent leurs monuments. Mais entre le rouleau primitif et les roues, soit pleines, soit évidées, sur l'essieu desqueUes est posé le char, il y a la distance d'un trait de génie. Où, quand se produisit-il ? On est embarrassé de le dire, malgré la légende chinoise qui attribue ce haut fait à un emperenr r^ant il y a plus de quarante siècles. Mais il est permis du moins d'éliminer certaines régions de la liste de celles qui peuvent prétendre à cette invention. La rondelle taillée dans un tronc d'arbre, qui fut le type primitif de ^a roue \ exigeait des arbres d'essence dure et de grand diamètre. Ce ne sont point des matériaux qui abondent dans les contrées où les palmiers et les arbres à bois tendre ou spongieux composent surtout la végétation. L'invention évoque naturellement l'idée dn chêne et des arbres résistants qui peuplent les contrées froides ou tempérées.

On peut alléguer, d'ailleurs, que la véritable patrie d'une invention est le milieu dans lequel elle se féconde et diversifie ses applications. Tels furent il y a un siècle les pays miniers, pour le rail et la traction à vapeur. Dans les temps préhistoriques auxquels il faut remonter pour l'origine du chariot à roues, il n'y a que certaines régions qui se soient montrées capables d'en généraliser l'emploi et d'en multiplier les applications : ce sont celles qui joignaient à l'avantage d'une

1. PoBnnxa, La roue, étude paUoAeehnologiqut, 1 broch., Paris-N«nc3r, 1900.

v£g£tatioD propice celai d'an relief facile et de plaines onies sur une grande étendue. A la rigueur la roae, mise en monvement par la force bnmaine, comme dans la brouette, peut s'accommoder d'un sol inégal et raboteux. Mais dans le cas de traction animale, les conditions de sol et de relief prennent ane importance maîtresse. Or l'usage des chariots a de beaucoup précédé la construction des routes, les indices ne manquent pas, dès la hante antiquité, de l'attelage animal soit à bi charrue, soit an char. La Chine, aussi bien qne la Chaldie, l'ont coodu.

Le char de guerre figure dans les plus vieilles annales des peui^es de la Méditerranée, n a pénétré relativement tard en Egypte ; mais on peut à peu près fixer l'époque où, dans sa marche progressive, il s'y est introduit, du moins comme butin ou machine de guerre ; et ce fut vers la XVIII* dynastie, soit ven 1800 ans avant notre ère.

Nous rencontrons donc une question sur laquelle U faut préalablement s'expliquer.

Les applications de la roue se sont développées en raison de l'emploi de la traction animale : nous avons à chercher quels étaient les animaux que l'homme avait su plier à ses besoins de circulation et de transport.

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