I. — ORIGINE DES CHEMINS DE FER
Les deux éléments qui constituent k chemin de fer» le rail et la locomotive» ont une commune patrie d'origine. C'est sur les lieux où 3 a fallu aviser au transport de matières lourdes qu'on a commencé à se servir de rails. Le charrois sur raib fonctionnait sous terre, dans les mines de la Grande-Bretagne» avant qu'on ne vtt se prolonger le ruban de voies ferrées à la sur&oe. L'emploi de la force motrice de la vapeur» d'abord pour élever l'eau» puis pour actionner les métiers mécaniques était répandu à la fin du xviii^ siècle dans les districts industriels et miniers de l'Angleterre et du Pays de Galles. La substitution de la locomotive à la machine fixe» la combinaison de la locomotive et du rail» telles qu'elles furent réalisées pour la première fois par Stephenson» après un premier essai entre Stockton et DarUngton» en 1830 entre Uanchester et Liverpool» sont des événements en étroite connexion avec les lieux où ils ont pris naissance. Par un enchaînement de procédés et de découvertes qui se succédaient depuis plus d'un siècle dans les régions minières et métallurgiques du Centre et de l'Est de l'Angleterre» l'invention décisive avait été préparée et comme fixée d'avance. Elle est inséparable des faits précurseurs dans lesquels perce nettement» sous l'impulsion de la nature» le génie mécanique de la race.
Ce furent notamment : !<> la grande extraction de la houille, conséquence de son application à la fonte des minerais ; 2^ la substitution de la liouille au bois et de la vapeur à la force hydraulique ; 3^ l'essor que piend l'exploitation du fer, par suite de sa substitution sur une grande échelle au bois dans les constructions. Ainsi, les principaux éléments de l'industrie moderne étaient déjà entrés en activité; et s'annonçait l'importance qu'allaient prendre les régions dotées de fer
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et de houille. C'est dans ces laboratoires naturels des mines du Blidland, du Lancaahire, du Northumberland, de la Basse-Écosse, qu'on peut saluer l'avènement du machinisme. Dans l'espace de quelques années, des voies ferrées ne tardèrent pas à être établies entre liverpool et Manchester, Manchester et Leeds, Leeds et Bradford, Derby et Newcastle ; et les mailles du réseau n'oat plus cessé de se resserrer dans cette région, n y a, entre le chemin de fer et les grandes forces de l'industrie moderne, un rapport réciproque de cause et d'effet, qui se marque dès l'origine. LÀ fut signé leur acte de naissance.
Ce rapport se marque aussi sur les continents européens, de même qu'aux États-Unis. Les premiers chemhis de fer y apparaissent dans des régions industrielles déjà en travail, auxquelles ils apportent un surcroît de vitalité, telle, en France, la zone Lyon-Saint-Étienne et la Haute-Alsace, en Belgique la région de Liège, en Allemagne celle de Dresde, Leipzig, Magdebourg; de méine, au delà de l'Atlantiqne, des rapports se nouent entre New York et la Pensylvanie. Dès le début, la puissance nouvelle apparaît dans tout son jour. Son développement continuera à s'alimenter surtout dans les contrées qui disposent de matières d'échange en assez grand nomt^re pour organiser économiquement le trafic, particulièrement dans les régions de houille : Grande- Bretagne, Belgique, Westphalie, États-Unis du Nord-Est. Dans la Pensylvanie orientale, six ou sept compagnies, les Coal Roads vivent du transport de l'anthradte. A peine le rail commençait-il à prendre possession de la Chine, que déjà le Chan-pi, pays du fer et de la houille, prend la tête du mouvement. Le chrâiin de fer répond partout à l'appel de cette forme d'industrie essentiellement moderne qui met en mouvement d'énormes masses minérales.