‹ Principes de géologie transformiste: application de la théorie de lChapitre 39 sur 58 · DE L'ESPECE EN STRATIGRAPHIE, ETC. U · texte numérisé non relu

DE L'ESPECE EN STRATIGRAPHIE, ETC. U

la France (page 91). Mais il est possible d'aller plus loin, corame nous l'avons fait dans nos tableaux des terrains tertiaires en France et en Belgique (page 99), et de grouper dans des séries parallèles contiguês les dépôts de même origine, c'est sur cette disposition particulière que nous allons revenir.

Qui n'a pas été frappé en effet de l'anomalie singulière que présentent les tableaux linéaires des classifîcateurs, où, dépôts lacustres, marins de toutes pro- . fondeurs, terrestres, etc., sont mêlés, confondus môme, lorsqu'on veut caractériser des types pour tout le globe.

En y réfléchissant un peu, on comprend qu'il est irrationnel de présenter comme type de changements successifs sous une même accolade des dépôts d'origine différente, car le jour où un dépôt nouveau est découvert, s'il ne possède pas exactement le faciès du type particulier choisi, sa place ne saurait être indiquée (voir la citation de Constant Prévost, page 7).

Selon nous, pour qu'un type soit complet, il faut le connaître dans toutes ses formes, dans tous ses aspects, si l'on veut être parfaitement sûr qu'il ne fait pas double emploi.

Nous avons choisi comme points qu'il fallait distinguer et caractériser, comme ayant chacun leur faciès spécial qu'il faut connaître à chaque moment de la vie du globe sept points qui correspondent à cinq zones :

Faciès 1*' point. Marin très-profond Zone I.

— 2* — Marin littoral

— 3* «^ Rivage au moment de la Zone II.

marée ,.......;...

DoLLFUs.— ^ Géol; trans. S

Faciès 4* point. La Dune Zone III.

— 5* — Le lac ou la lagune ,

— 6* — Le fleuve et son embou- J Zone IV.

chure ,

7* — La terre continentale, la • terre végétale, etc

jZone V.

On peut réunir les points littoraux aux rivages, car ceux-ci ne contiennent guère que les coquilles roulées de ceux-là. — Le lac et le fleuve sont joints parce que leur faune et leurs sédiments sont impossibles à distinguer, et que ces eaux douces passent par une transition insensible aux eaux saumâtres dont il n'est pas toujours facile de les distinguer.

Nous devons signaler ici le remarquable travail de M. Delesse, Lithologie du fond des meî'Sy où Ton trouvera les renseignements les plus intéressants et les plus curieux sur la nature des sédiments des fonds à l'époque actuelle.

Caractérisons brièvement chacune de ces zones :

I. Grands fonds, — Il nous suffira de nous demander ce que sont les grands fonds actuels? Les observations récentes disent qu'ils sont : crayeux ou marneux dans les Océans à circulation complète, argileux et boueux dans les mers intérieures sans circulation. Le premier faciès toujours très-habité (la craie, la marne), le deuxième faciès à vie rare ou nulle (argile, boue).

Les profondeurs sont caractérisées par les globigérines, les brachiopodes, les pentacriniens, les échinides cidariens ou ananchytiens, les genres tethis, kellia, neaera, yoldia dans les lamellibranches; les pleurotoma, eulima, chemnitzia, etc., dans les gasté-

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ropodes; les caryophylliens et oculiniens dans les coralliaires.

II. Rivages, — Les sédiments sont ici plus variés, calcaires ou sableux, précipités ou triturés; la moitié des formations géologiques connues peuvent leur être attribuées. Les mollusques que Ton y trouve appartiennent aux genres les plus communs : les genres Gardium, donax, tellina^ ostrea, mytilus, dans les lamellibranches ; purpura, nassa, murex, littorina, patella dans les gastéropodes ; miliola et rotalina dans les foraminifères auxquels il faut joindre les nummulites qui ont joué un si grand rôle pendant la première partie de l'époque tertiaire.

On peut dire que, par rapport à leur nature minéralogique, les rivages plus que les autres zones peuvent se présenter sous trois aspects, ayant chacun leur faune spéciale :

1*» Rocheux : siliceux ou calcaires ;

2® Vaseux : argileux ou marneux ;

3® Sableux : siliceux ou calcaires.

III. Dunes. — Cette division semble étrange au premier abord et l'on serait tenté de la joindre aux dépôts continentaux, mais une étude plus attentive montre qu'elle eut aux époques anciennes une importance considérable et qu'elle forme un faciès bien caractérisé, aisément et utilement reconnaissable. Elle tire ses matériaux des débris les plus fins de la plage, par une tamisation minutieuse due au vent, son premier caractère est donc un état sableux. C'est en effet toujours un sable fin, ordinairement composé de silice

pure à fragments anguleux, avec de fines parties de silicate de fer, tourmaline, mica, etc.

Un second caractère, .non moins tranché, est Tabsence de tout débris organique. Nous avons vainement cherché un débris de mollusques sur toute retendue des dunes de^fiunkerque à Fumes, et la plage en était jonchée. Nous ne saurions trop insister sur ce caractère, disons cependant qu'on y rencontre quelquefois des débris végétaux. Le troisième caractère, d'une très-grande importance également, est le manque de stratification ; les dépôts des dunes sont discordants avec ceux du rivage comme avec ceux des lagunes qui sont derrière elles. Môme de nos jours ils ne sauraient se prêter à entrer en série linéaire, ils méritent une histoire détaillée à part.

IV. Eaux douces. — Les caractères minéralogiques sont assez variables, les fleuves étant le plus souvent sableux, les étangs argileux. La faune est variable suivant la rapidité du cours d'eau et surtout Tapparition d'un peu de salure dans le voisinage. On peut dire cependant que les espèces suivantes caractérisent les deux faciès, quoiqu'elles soient souvent mélangées :

Eaux douces.

Eaux saumâtres.

Lymnea.

Melania.

Physa.

Hydrobia.

Planorbis.

Bithinia.

Anodonta.

Auricula.

Neritina.

Cyréna.

En stratigraphie nous n'hésitons [pas à placer ces dépôts sur le même horizon, et nous préférons en rap-

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porter le synchronisme, lorsqu'il est nécessaire, avec le dépôt marin qui leur semble supérieur, parce que nous admettons que la mer apporte constamment et rapidement des débris sur lesrivvges qu'elle envahit, tandis que les dépôts d'eau douce sont assez longs à recouvrir les dépôts marins auxquels ils succèdent.

V. Continents, — C'est certainement sur les dépôts terrestres anciens que nous sommes le moins renseignés, presque tous les vestiges des sols fossiles ont disparu, arrachés, délayés par la mer qui les a envahis, ou bouleversés dans nos climats par l'époque glaciaire et les érosions. C'est au manque d'anciens dépôts terrestres qu'il faut attribuer la rareté des dé' bris des mammifères anciens et des végétaux. Les végétaux étant les plus abondants sont caractéristiques de leur zone, avec les gastéropodes pulmonés, Thélix, le bulime, le cyclostome, etc.

Il y a beaucoup à étudier cette histoire des vieux continents pour laquelle nous sommes livrés au hasard des renseignements locaux, insuffisants; les faunes générales nous devant rester probablement toujours inconnues.

Il semble que l'on puisse admettre cependant qu'il est .telle partie du globe, oîi, depuis le commencement de l'époque tertiaire par exemple, la même surface a toujours été exondée et habitée; mais nous allons traiter cette question en détail en parlant des migrations continentales.

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