PROGRÈS ET AVENIR DE LA GEOLOGIE, RÉSUMÉ ET CONCLUSION
La direction générale des études doit ôtre, d*après ce que nous venons de voir, la démonstration des faits généraux en concordance avec les faits particuliers. 11 faut, selon nous, chercher à poursuivre à grande distance la même couche, la même époque, sous toutes ses faces, dans toutes ses modifications; prolonger les recherches aussi loin que possible sur le même horizon, sans se laisser arrêter par des considérations de limites administratives ou politiques, afin d'en voir toutes les modifications, et d'en chercher la variabilité.
Ce sera dans les monographies spéciales à une couche ou à un ensemble zoologique, que se feront les plus belles découvertes de Tavenir. Ce n'est que lorsque la science aura établi beaucoup de nouveaux faits positifs, par des études minutieuses, qu'il sera possible d'étendre le champ des généralités.
Entrons dans quelques détails : D'après les lacunes dans nos connaissances que nous avons signalées, ce sont d'abord les faunes intermédiaires à celles d'Europe, qu'il faudra aller étudier à l'étranger, car il y a là des lacunes du plus haut intérêt à combler, puis les
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faunes anciennes qu'il faudra examiner d'une façon plus détaillée encore que cela n'a été fait. Une découverte d'un gisement de fossiles siluriens nous semble infiniment plus importante pour la biologie que la découverte d'une nouvelle zone marine dans le terrain jurassique par exemple; nous ne pouvons nous empêcher de regretter à cet égard l'abandon oîi sont restés la plupart des terrains anciens en France. Avant les travaux de M. Gosselet à peine terminés sur l'Ardenne, nous ne savions rien du dévonien que les Anglais avaient déjà si bien éclairci chez eux il y a plus de trente ans. Quand on voit les énormes massifs indiqués « Terrain de transition » sur la grande carte géologique de France de MM. Élie de Beaumont et Dufrénoy, on ne peut douter des trouvailles qui sont encore à faire, car on sait que sous ce seul nom et sous cette seule teinte, les auteurs ont rangé les talcschistes en partie, le cambrien, le silurien, le dévonien, et môme souvent une partie du carbonifère, c'est-à-dire très-probablement une durée géologique plus longue que celle qu'il a fallu pour le dépôt de tous les terrains suivants réunis. En Bretagne, M. Dalimier qu'une mort prématurée a enlevé à la science avait essayé de débrouiller, c'est le seul mot à employer, les massifs anciens, son œuvre si méritoire n'a pas trouvé jusqu'ici de continuateur. Le plateau central, les Pyrénées surtout, restent dans la plus complète obscurité malgré les recherches de MM. Leymerie, Frossard, etc. Si nous appelons si sérieusement l'attention des explorateurs français sur les terrains paléozoïques, ce n'est