‹ Principes de grammaire générale, mis à la portée des enfans, et propres à servir d'introduction à l'étude de toutes les langues;Chapitre 22 sur 53 · DE LA PRÉPOSITION · texte numérisé non relu

DE LA PRÉPOSITION

Distinction des mots employés d'une manière absolue, ou d'une manière relative.

Ce que c'est qu'un rapport, composé d'un antécédent et d'un conséquent. Exposant d'un rapport. Idée abrégée des Cas. Plusieurs rapports consécutifs. Le terme conséquent est aussi nommé Complément.

Nous sommes souvent obligés de réunir plusieurs mots, pour exprimer complètement ridée de la chose dont nous parlons. Si je dis : Donnez-moi un cheval^ le mot cheval exprime complètement à lui seul la chose dont je parle; mais si je dis : Donnez-moi un ches>al de carton y

la cbose nombrée est du masculin ou du féminin. C'est comme si l'on disoit en français un douzain de poulets^ une douzaine de poules.

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je réunis l'idée de chenal à celle de car-ton^ pour en faire le tableau complet de la chose dont je parle. Si quelqu'un me demandoit : Que faites -vous? ']q pourrois lui répondre : J'écris ^ et ce seul mot lui donneroit l'idée de l'action à laquelle je m'occupe-, mais si je voulois lui donner une connoissance plus distincte de ce que je fais, je lui dirois : J'écris une leçon de Grammaire : il saur oit alors non-seulement que j'écris , mais encore que ce que j'écris est une leçon, et que cette leçon est une leçon de Grammaire. Dans le premier cas, quand je n'emploie qu'un seul mot pour peindre l'idée d'une chose ou d'une action, ce mot est employé d'une manière absolue^ quand le mot principal qui caractérise la chose ou l'action , est suivi d'un ou de plusieurs Noms qui sont en rapport avec lui, et modifient l'idée principale , ce mot est employé d une manière relative. Dans l'exemple : Donnezmoi un cheval^ le Nom chenal est employé d'une manière absolue \ dans l'exemple : Donnez-moi un chenal de carton, le même Nom cheval est employé d'une manière relative, et le Nom avec lequel il est en rapport, est carton. Dans l'exem-

pie : T écris ^ le Verbe écrire est employé d'une manière absolue-, dans l'autre exemple : J'écris une leçon de Grammaire^ le même Verbe écrire est employé d'une manière relative, et le Nom avec lequel il est en rapport, est leçon; mais ce Nom lai-même est employé d'une manière relative, et le Nom avec lequel il est en rapport, est Grammaire.

Le rapport, qui est entre deux mots, n'est pas toujours le même. Ainsi entre ces mots je suis et Veau^ il peut y avoir une multitude de rapports, comme : Je suis dans Veau ^ Je suis sur Veau y Je suis sous Veau, Je suis devant Veau^ Je suis derrière Veau^ Je suis contre Veau. Pour exprimer ces différens rapports, il faut employer dans le discours des signes différens.

Ces rapports sont indiqués, tantôt par la place seule que les mots occupent dans la Proposition , tantôt par différentes terminaisons que l'on donne au même mot, tantôt enfin par des mots que l'on place entre le mot employé d'une manière relative, et celui qui est en rapport avec lui. Ces mots se nomment Prépositions^ d'un mot latin qui signifie mettre de^>ant^^2xcQ

qu'en latin comme en français, ils se placent devant le Nom qui complète le rapport (i).

Dans ces mots : un cheval de carton^ les Noms chei>al et carton sont en rapport l'un avec l'autre, et la nature de ce rapport est déterminée par la Préposition de. Dans cet autre exemple : J'écris une leçon de Grammaire , le Verbe f écris et le Nom une leçon ^ sont en rapport, et ce rapport est indiqué par la place qu'occupe le Nom une leçon immédiatement après le Verbe. Le Nom leçon est encore en rapport avec le Nom Grammaire^ et la nature de ce rapport est déterminée par la Préposition de. Enfin dans tous les exemples: Je suis dans Veau^ Je suis sur Veau^ Je suis sous l'eau ^ Je suis devant teauj, Je suis derrière l'eau ^ Je suis contre l'eau ^ le Verbe Je suis et le Nom reau sont en rapport ; mais la nature de ces différens rapports est déterminée par les Prépositions dans ^ sur ^ sous ^ devant^ derrière^ contre.

(i)Dans d'autres laugues, en turc, par exemple, en basque, en groënlandais, ces mots se placent après le terme conséquent j ainsi on ne devroit pas leur donner le nom de Prépositions,

Un rapport suppose toujours- deux choses: on nomme ces deux choses les deux termes du rapport; le premier se nomme Antécédent^ le second Conséquent, Dans ces mots un cheval de carton^ les deux termes du rapport sont cheval et carton; c/z^ç^a/etFantécëdent, et carton le conséquent. La Préposition dont on se sert pour faire connoître la nature du rapport qui est entre les deux termes, se nomme V Exposant (i).

Dans cette phrase : Moyse donna la loi de Dieu au peuple Juif^ il y a trois rapports. Le premier a pour terme antécédent donna ^ et pour terme conséquent la loi.

Le second a pour antécédent la loi^ et pour conséquent Dieu (2).

(i) Cette dénomination est empruntée de l'antlimétique. Dans cette science, on nomme Exposant^ un nombre qui exprime le rapport qui se trouve entre deux autres nombres^ Trois est l'exposant du rapport de douze à quatre.

{T.] En français, le rapport entre deux Noms a presque toujours pour exposant la Préposition de, et ce n'est que quand un même Nom sert d'antécédent à deux rapports, que le second a pour exposant la Préposition à, comme : le rapport des actions à Dieu, Au Heu de Texposant de, le peuple emploie souvent l'exposant à : C'est la servante à notre curé, Cest le

Le troisième a pour antécédent donna et pour conséquent le peuple Juif.

Dans le premier rapport^ il n'y a point d'exposant.

Dans le second, l'exposant est la Préposition de.

Dans le troisième, l'exposant est la Préposition ci : car au est un mot composé pour à le.

Le même mot qui sert de terme conséquent à un rapport, peut servir en même temps d'antécédent à un autre rapport. On en a vu un exemple dans cette proposition : T écris une leçon de Grammaire^ où le mot leçon sert en même temps de conséquent dif écris ^ et d'antécédent à Gram- TTza/re. Dans cet autre exemple: J'ai acheté une table de bois d'acajou^ on trouve les trois rapports suivans-, premier rapport : antécédent , fai acheté; conséquent , une table; scQpnd rapport: antécédent, une table; conséquent, 60/5'/ troisième rap-

jardlnierà M, le hailli : anciennement on supprimoit l'exposant, et on disoit Vhost y le Roi, la bannière M, S. Denjs. C'est ce qui se voit encore aujourd'hui dans beaucoup de Noms propres, comme la Fille-' TEvêque, larae des Fossés M. le Prince, Fiîleneupele- Comte, etc.

port: antécédent, èo/^-y conséquent,. ^cajoii; et Ton voit que le mot table sert en même temps de conséquent au premier rapport et d'antécédent au second, et que le mot bois sert pareillement de conséquent au second rapport, et d'antécédent au troisième.

[ Si l'exemple donné précédemiTient : Mojse donna la loi de Dieu au peuple Juif^ étoit mis en latin, on diroit ; Moïses dédit legem Dei populo judaïco.

Le premier rapport a pour terme antécédent dédit j et pour conséquent legem.

Le second a pour antécédent legem ^ et pour conséqueut Dei.

Le troisième a pour antécédent dédît , et pour conséquent populo judaïco.

Chacun de ces rapports a son exposant^ mais cet exposant n'est point, comme en français, un mot séparé : c'est, dans le premier, la finale em du mot legem; dans le second, la finale i du mot Dei/ dans le troisième, la finale o des mots populo judaïco.

Ces terminaisons sont ce qu'on appelle des Cas, Nous reviendrons sur cet objet.

Dans un grand nombre de langues, tant de celles qui admettent des cas, comme

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le turc, le basque, etc. , que de celles qui n'en admettent pas, comme le persan, le rapport entre deux Noms s'indique en plaçant le terme conséquent immédiatement avant rantécédent(i), et n'en faisant, pour ainsi dire, qu'un seul mot: cela même peut aussi avoir lieu entre plusieurs Noms qui forment divers rapports successifs. Ainsi en basque, au lieu de dire : les ornemens des autels des églises des Indes , en s'exprime d'une manière qui revient à peu près à celle-ci: Indes-églises- autels-oV' nemens. ]

Le terme conséquent d'un rapport se nomme aussi Complément. Si la nature du rapport estdéterminéepar une Préposition, le terme conséquent de ce rapport est le complément de la Préposition; s'il n'y a point de Préposition , le terme conséquent

(i) Dans ce cas, les àénommdiùous df antécédent et de conséquent semblent être en contradictioa avec la marche du langage j mais elles conservent leur exactitude par rapport à la marche des idées. Dans l'exemple cité et pris de la langue basque, c'est toujours l'idée des ornemens qui se présente la première à l'esprit, et qui est modifiée par l'idée des autels , comme celle-ci à son tour est modifiée par ridée de églises, et l'idée des églises par celle des Indes,

se PRINCIPES

est le complément immédiat de l'antécedent.

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