DES MODES DES YEKBES
Différentes sortes de Propositions. Elies sont divisées en trois classes principales, suivant qu'elles exprimeHt un cloute, un jugement ou une volonté; subdivisions de ces trois classes. Rapports que les diverses Propositions ont entre elles dans ie discours. Modes des Verbes. Modes personnels. Modes impersonnels. Modes absolus. Modes relatifs.
Toutes les opérations de notre esprit ont pour objet les rapports entre les choses et leurs qualités. Nous ne considérons jamais les choses qui tombent sous nos sens 5 et nous ne réfléchissons sur les idées que nous en avons conçues, que pour reconnoître les qualités qui leur conviennent-, et cet usage que nous faisons de nos facultés, a toujours pour but de nous mettre en état de porter un jugement.
Avons-nous une fois porté ce jugement, l'opération de notre esprit est terminée, et là commence l'action de notre volonté, dont les mouvemens sont déterminés par
nos jiigemens, vrais ou faux. Ainsi Texercice de nos facultés morales commence par le doute, et se termine par le vouloir; et ces deux termes fxtrêmes sont lies par le jugement.
On me présente un bijou d'or orné de perles et de diamans, que l'on offre de me céder pour un prix modéré. Je commence par examiner si le métal est effectivement de l'or, si les pierres dont il est enrichi sont vraies ou contrefaites, d'une belle qualité ou de rebut, si le travail de l'artiste répond au prix de la matière , si enfin il y a quelque proportion entre la valeur réelle du bijou et le prix qu'on en demande. Si , d'après cet examen, je juge que le bijou est réellement précieux, et que le prix auquel on me l'off're n'a rien que de modéré, ce jugement est suivi du désir de le posséder et de la détermination que je prends de lacquérir.
Nous avons dit précédemment que tout assemblage de mots, composé d'un Sujet, d'un Verbe et d'un Attribut, forme une Proposition. Il est temps d'observer qu'il y a diverses sortes de Propositions, qui répondent aux différons états par lesquels nous passons successivement , dans l'usage
de nos facultés intellectuelles. Nous commençons par douter • du doute nous passons au jugement , et le jugement nous conduit au vouloir. Ces troi* états doivent être peints par la parole : aussi donnent-ils naissance à trois sortes de Propositions que Ton pourroit nommer délibératives ^ affirmatives et volitwes.
Ces trois classes primitives de Propositions se partagent en plusieurs subdivisions.
A la classe des Propositions délibéraiives appartiennent les Propositions intejTogatives , interrogatives - hypothétiques, conditionnelles et suppositis^es.
Les Propositions affirmatives peuvent être absolues ou hypothétiques^
Enfin les Propositions volitives sont ou impératiçes j ou optatives, ou concessives (i).
Parmi ces Propositions , il y en a qui sont
(i) Je ne distingue point les Propositions û^rmaiives en positives, comme J^aime , et négatives , C0n)me Je n aime pas ; i° parce que les Propositions négatives sont de véritables affirmations d'un Attribut négatif; i° parce que toutes les espèces de Propositions peuvent devenir négatives , que par conséquent la négation ne forme point un Mode du
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corrélatives^ c'est-à-dire, qu'elles ne peuvent jamais aller seules, et qu'elles sont toujours clans une relation réciproque et immëdiale avec une autre Proposition. Ce caractère distingue essentiellement les Propositions hypothétiques , qui sont toir^ jours en rapport avec une Proposition conditionnelle ou suppositive.
Proposition interrogative : aimez-vous r étude?
Proposition interrogative-hypothétique:
AimerieZ'VOus V étude ^ si,..?
Proposition conditionnelle : Si vous aimez l'étude
Proposition suppositive : Sivous aimiez r étude
Propositions affirmatives , aÎDSOÎues :
J'aime l'étude; je naime pas l'oisiveté.
Proposition affirmative, hypothétique :
J'aimerois l'étude^ si...
Proposition impërative : étudiez votre leçon.
Verbe, et que dans les langues où le Verbe a une forme négative, comme en turc, cela constitue un Ferbe dérivé, comme je le dirai plus loin, et non pas un Mode. Par la même raison, je n'admets ni vm Mode prohibitif, ni un Mode déprécatif. Ces deux modes ne seraient que V Impératif qiV Optatif de la fornie négative.
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Proposition optative : PuUse cet enfant aimer r étude!
Proposition concessive : Soit la chose telle que vous le pensez.
Observons , i « que ce qui distingue essentiellement la Prop:osition conditionnelle de la Proposition suppositive, c'est que la condition expri niée par îa Proposition suppositive , est envisagée comme ne devant vraisemblablement point exister , au lieu que la Proposition conditionnelle n'exprime que la simple incertitude : Qu'on m'entende dire à quelqu'un : Si vous m^ aimez yje serai content ^ on sera comme moi dans l'incertitude, si je suis aimé de celui à qui je parle-, mais si je disois : Si vous m'aimiez , je serois content^ on cornprendroit que je crois n'être point aimé. Quoique cette distinction ne soit pas toujours scrupuleusement observée , elle n'en est pas moins vraie.
2° On voit que le sens des Propositions conditionnel! es et suppositives , telles que , Si vous aimez [étude,... Si vous aimiez V étude,... n'est pas complet^ tant que la Proposition hypolhétique corrélative n'est p oint exprimée. Qu'on l'exprime en disant : Si vous aimez l'étude ^ Je suis content;
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Si VOUS aimiez F étude, je serais content ^ l'esprit sera pleinement satisfait.
3"* Les Propositions interrogatives, affirmatives, impératives, optatives et concessives peuvent devenir hypothétiques^ par leur relation avec une Proposition conditionnelle^ comme ; aimerez- vous vos enfansj si vous en avez? J'aimerai Eugénie y si elle est docile et studieuse, Eiiidiez, si vous voulez devenir savant, etc.
Jusqu'ici je n'ai considéré les Propositions que par rapport à l'état de nos facultés intellectuelles, état dont elles sont le tableau et l'expression -, et cela sufïiroit, si, daus le discours, chaque Proposition, sans liaison immédiate avec aucune autre, formoit un tout isolé. Mais il n'en est pas ainsi. Le plus souvent même il se trouve plusieurs Propositions tellement enchaînées ensemble, que leur sens dépend en grande partie de leur union, et qu'on ne pourroitles séparer sans anéantir le tableau qui résulte de leur combinaison intime. Ou en a déjà vu des exemples dans les Propositions conditionnelles et suppositives , qui sont de leur nature corrélatives.
■ A raison de ces rapports que les Propo-
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sitions ont les unes avec les autres , on peut les diviser encore en différentes classes^ telles que Propositions /7n/2c//7a/ei', compléinentaires^ coinplénientaireS'Subjonctwes , incidentes , adi^erbiales , conjoncti^es^ ei subjonctives. Ces distinctions ne tiennent pas, comme les précédentes, à la nature des Propositions ; mais elles tiennent à leur disposition dans le discours, et elles ne sont qu'accidentelles.
Donnons des exemples de ces diverses sortes de Propositions.
Proposition principale et Proposition complémentaire-subjonctive : Je yeux que Félicité apprenne sa leçon.
Proposition principale et Propositioa complémentaire : Je crois que Félicité APPREND sa leçon.
Proposition incidente : Je sais ^ dit le aoi , les services que vous avez rendus à VEtat. Un prince ^ si puissant soit-il, doit se souvenir qu'il est homme.
Proposition adverbiale : Je viendrai ^ DIEU AIDANT, j^a^^er V été à Paris. Je demande^ cela posé, quel parti je dois prendre dans cette affaire.
Proposition conjonctive : Sophie^ qui APPREND A ÉCRIRE , commcuce à employer
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son temps utilement Ustazade^ que sa MÈRE TIENT DE SEVRER , ne parle jjus encore distinctement. Tai écrit ceci pour Vuti^ lité de mes enfans qui en retireront du PROFIT, comme je l'espère.
Proposition conjonctive : llpourroitse faire que j'eusse oublié quelques observations essentielles.
Il est bon de remarquer que ce qui dislingue essentiellement, du moins en français (i) , les Propositions complémentairessubjonctives des Propositions simplement complémentaires, c'est que les premières renferment toujours Tidëe d'un Temps futur, et un degré plus oti moins grand d'incertitude. Les Propositions simplement complémentaires expriment toujours au
(i) En latin, les Propositions simplement complémenlaires s'expriment ordinairement par l'Infinitif j mais ce Mode sert fréquemment à exprimer des Propositions dont le sens est réellement subjonctif. C'est alors le sens du Verbe de la Proposition principale qui détermine le vrai caractère de la Proposition complémentaire, comme dans ces phrases : Dico Ciceronem fuisse honura civem. Voir, jfili mi, ie esse Dei tt Patrice religiosum cultorem. Il en est alors du latin, comme des langues qui n'ont point de Mode subjonctif.
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contraire une véritable affirmation. La même différence a lieu entre les Propositions conjonctives, et les Propositions subjonctives.
Puisque le discours doit être le tableau exact des opérations de notre esprit, il faut que les langues aient quelque moyen pour imprimer à chaque Proposition un caractère qui fasse connoître si elle exprime un doute , une affirmation ou une volonté.
II n'est pas moins nécessaire que des formes variées , dans expression , indiquent la nature des rapports qu'ont entre elles les diver^s Propositions dont la réunion doit former un tout uni , mais sans confusion.
Ces différentes sortes de Propositions sont effectivement distinguées, tantôt par Tordre que Ton observe dans la disposition du Sujet, du Verbe et dé l'Attribut, tantôt par des Conjonctions, tantôt enfin par diverses formes que le Verbe prend, suivant la nature de la Proposition. Ces formes, qui sont le principal objet de ce chapitre , sont ce qu'on appelle des Modes. L'exemple suivant fera sentir de quelle importance est la distinction des Modes ,
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et combien ils contribuent à la clarté du discours.
Qu'au lieu de dire : Je voidois , dit-il, que mon frère ^ qui connaît les lois mieux que moi, se troui^ât à cette conférence , afin quen discutant cette affaire as^ec lui, vous pussiez , s'il eût plu à Dieu , concilier les intérêts des deux parties , et que nous n eussions pas le regret de porter cette contestation en justice^ je dise : Je voudrais, il dit^ que mon frère ^ qui connaisse les lois mieux que moi, se trauwra à cette conférence , afin qu'en discuter cette affaire avec lui, vous pourriez ^ s'il aura plu à Dieu , conciliant les intérêts des deux parties, et que nous n aurons pas le regret que nous porterions cette contestation en justice, je ne parviendrai pas à me fairç comprendre. La raison en est que j'ai détruit toute l'économie de ce discours, en n'employant point la forme ou le Mode convenable , pour chacun des Verbes qui caractérisent les diverses Propositions qui entrent dans sa composition.
Il pourroit y avoir autant de Modes qu'il y a de différentes sortes de Propositions. Mais peut-être n'est-il aucune lan-
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gue qui multiplie les Modes à ce point. Le nombre des Modes varie beaucoup dans les diverses langues; il y a même des langues où Içs Verbes n'ont point de Modies. Le Mode impératif diffère rarement en français du Mode indicatif, par une variation dans la forme du Verbe; mais il en diffère toujours par la suppression du Pronom qui devroit indiquer le Sujet du Verbe (i).
Les Modes dont Fusage est commun à un plus grand nombre de langues, sont riadicatif, Tlmpératifet le Subjonctif.
Chaque Mode peut avoir tous les Temps dont nous avons parle précédemment.
Tous les Modes dont nous veabns de parler, supposent un Sujet lié par le Verbe exprimé ou sous-entendu, à un Attribut; aussi sont-ils tous susceptibles de la différence des Personnes; et, à raison de cela ., je les nomme Modes pei^sonnels.
(i) On emploie souvent en français le Mode impératif comme concessif, ainsi que dans ces exem- IDles : j4imez-moi ou ne tu aimez point , cela m* est absolument indifférent. Ayez fini votre tâche à Vheure indiquée ^ ou ne L^ayez peint finie^ on rie vous en té^ moignera ni plus ni moins de satisfaction.
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Mais, outre ces Modes, il en est d'autres dans lesquels le Yerbe cesse en quelque sorte d'être Verbe , ou, pour parler plus exactement, dans lesquels il perd une partie des qualités du Verbe , et joint à ce qu'il en conserve les qualités du Nom ou de l'Adjectif.
Le Verbe signifie l'existence d'un Sujet avec relation à un Attribut. Cette destinalion du Verbe suppose toujours un Sujet, et c'est pour cette raison que, dans tous les Modes dont nous avons parlé, le Verbe peut admettre des distinctions de Genres , de Nombres et de Personnes , qui servent à le faire concorder avec son Sujet détermine; mais on peut aussi employer le Verbe comme liant l'idée de l'existence avec un Attribut, sans déterminer le Sujet dans lequel se trouve l'existence. L'idée de l'existence est donc considérée alors avec abstraction du Sujet : •ce Mode s'appelle InfmitiJ. Tels sont en français les mots être ^ lire, de^einr. Vinfinitif participe du Verbe , en ce qu'il contient toujours l'idée de l'existence comme se trouvant dans un Sujet , et à rai- . son de cela il peut avoir différens Temps, comme lire, avoir lu ^ devoir lire. Il n'a
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ni Genres, ni Nombres, ni Personnes, parce qu'il ne se rapporte pas à un Sujet déterminé, dont on puisse dire qu'il est de Genre, de tel Nombre ou de telle Personne (i). Il s'assimile aux Noms abstraits, puisqu'il désigne toujours une action ou une manière d'être ^ mais il y a -cette différence entre rinfinitif et le Nom abstrait, que le Nom abstrait désigne raction ou la manière d'être, sans aucune idée accessoire, et quel'Infînitif la désigne comme existant dans un Sujet quelconque. On sentira la différence qu'il y a entre le Nom abstrait et l'Infinitif, en comparant les significatiotis des mots
(i) II y a des langues dans lesquelles îe Mode infinitif fait souvent la fonction d'un Mode personnel, le Sujet étant déterminé, comme en latin, dans ces phrases : Credo Deum esse omnipotent em ; Volo i^os essejustos'^ et on pourroit croire, à raison décela, que rinfinitif seroit susceptible de Nombres, de Genres et de Personnes. Mais ce n'est qu'accidentellement, et par une sorte d'abus, qu'on le substitue aux Modes personnels 5 ce qui arrive aussi quand on le construit avec un Sujet au Nominatif, comme dans cet exemple : Ego flere, ille vero ridere et ca-^ chinnari. On peut rendre raison dei^cetle construction par l'ellipse d'un Verbe, tel que eœpi. Si l'Infinitif admettoil la distinction des Genres, des Nombres et des Personnes , il ne seroit plus propre à remplir sa destination principale et primitive.
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amour qX, aimer. Us expriment run et l'autre la même manière d'être, la même disposition du cœur. Dans le mot amour ^ elle est considérée avec une abstraction parfaite, sans rapport à aucun Sujet, et ne fait nullement la fonction d'Attribut. Dans l'Infinitif aimer ^ qui est synonyme à' être aimant , cette qualité devient attributive, parce qu'elle est liée à l'idée de l'existence , et par conséquent elle suppose nécessairement un Sujet, quoiqu'il n'y en ait aucun d'exprimé.
Les rapports qui se trouvent entre l'Infinitif et le Nom abstrait sont tels , que dans plusieurs langues, comme le grec vulgaire (i), les Verbes n'ont point de Mode infinitif I c'est le Nom abstrait qui en tient lieu.
Il faut observer néanmoins un caractère qui distingue ces deux espèces de mots, et qui est propre à en faire sentir la
(i) Il en esl de même en arabe : il n'y a réellement point de Mode infinitif. Le Nom abstrait qui en fait la fonction, reçoit indifféremment le sens actif et le sens passif. Cette vérité, méconnue jusqu'à présent des grammairiens qui nous ont donné desélémens de celte langue, est mise dans tout son jour dans ma Grammaire Arabe.
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différence réelle. C'est que le Nom abstrait désigne Taction sans distinction de sens aetif ou passif , au lieu que l'infinitif est déterminé à i\\n de ces deux points de vue exclusivement. L'amour de Dîeu^ par exemple, peut, suivant les circonstances, s'entendre de l'amour que Dieu a pour les hommes, ou de celui que les hommes doivent au Créateur. C'est dans le crémier sens que l'on dit : L'amour de Dieu est gratuit , il n'ajoute rien à sa félicité; on dit dans le sens opposé : L'amour de Dieu n'exclut pas la crainte.
Je peux dire de même : D éducation est un dei^oir pour les pères et les mères j, et alors dans le Nom abstrait éducatioji est pris dans le sens actif, et signifie prendre les soins convenables pour former le corps , l'esprit et le cœur des enfans -, dans cette autre Proposition, L'éducation est le premier des biens ^ ce même Nom est pris dans le sens passif, et signifie recevoir les soins dont nous venons déparier. A raison des rapports qui existent entre le Mode infinitif et le Nom, ce Mode peut prendre des Articles^ il peut servir de Sujet à une Proposition, et de Complément à un Verbe et à une Préposition. Ainsi
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Y on dit : Juger les autres est une chose aisée ; Je veuœ lijxej Je prends ce U^re
pour I.IRE.
Puisque HnfiLiiLif peut servir de Complëment à un Nom , à un Verbe et à une Préposition, il doit être susceptible de îa variation des Cas, dans les lanf^ues où les Noms en admettent. Les Cas de l'Infinitif se nomment Gérondifs. Chaque Temps deFInfiniLif pourroit avoir des Gérondifs.
Je trouve en français un Gérondif, il se termine en ajît: en lisajit^ en venant. C'est rinfinitif servant de complément à une Préposition , et prenant , à cause de de cette circonstance , une terminaison particulière.
L'Infinitif, considéré comme un Nom , devient, à raison de cela, complément d'une Préposition. Or, une Préposition et son complément peuvent êtres rejidus d'une manière [équivalente par un Ad^ verbe , comme nous l'avons fait voir précédemment. 11 est donc possible qu'une Préposition et l'Infinitif qui lui sert de complément, soient remplacés par un seul mot qui fasse la fonction d'Adverbe. Cette espèce de mots existe dans quelques lanfçuesj comme en latin. Ou la nomme Su--
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pin. Le Supin des Latins ne peut être rendu , le plus souvent , dans les autres langues, que par une Préposition, suivie d'un Temps de llnfinitif (i). •
H y a encore un autre Mode du Verbe qui l'usimile à l'Adjectif. Dans ce Mode, qu'on nomme Participe^ le Verbe exprime en même temps le Sujet, mais d'une manière indéterminée et conjonctive, et son existence avec relation à un Attribut déterminé ou indéterminé (2). Ce Mode
(i) Venit CŒNATUM ^ il est venu pour SOUPER: Horribiîe est risu. Gela est horrible A ÊTRE VD : cœ- 2fATU3i, pour souper, visu y à être vu, sont des supins, l'un actif, Tautre passif.
Quinlilien a observé le rapport que j'établis ici entre les Supins et les Adverbes. Parlant des Verbes passifs, il dit: Quœdam simile quiddam patiuntur vocahulis in adirer bium transeuntihus. Namut noctu et viu, ita jdictu et factv. Sunt enlm hœc quoque V erh a partie ipalia quœdam; non tamenqualia dicto jFACToque, Voyez Instit, Orat,, liv. I, ch. L.
(2) Pour bien juger de la nature du Participe, il faut le considérer non dans les Verbes attributifs , mais dans le Verde abstrait; enverra alors qu'il ne contient pas essentiellement un Attribut, mais qu'il renferme seulement le Conjonctif qui et le Verbe abstrait : dans les Verbes attributifs, il contient, en outre, un Attribut; mais il a cela de commun avec tous les autres Modes du Verbe.
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participe donc du Verbe , en ce qu'il exprime Texistence , et par cette raison il peut avoir différens Temps ; mais il participe aussi de l'Adjectif, en ce que, comme l'Adjectif, il contient toujours l'ellipse du Conjonctif qui.