‹ Principes de la critique historiqueChapitre 103 sur 146 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Mais dès lors, avouons-le, la règle perd ses avantages pour la plupart des cas. On devra renoncer à l'argument commode de la prescription ou de la possession, si souvent, si malencontreusement invoqué à propos de faits historiques. Il sera nécessaire de discuter chaque tradition à part, de constater avec précision les circonstances où elle s'est produite, pour déterminer les caractères positifs et négatifs qui peuvent nous aider à porter im jugement prudent sur la fidélité de la transmission. Avec tout cela on n'aboutira encore, en général, comme nous l'avons dit plus haut, qu'à un certain degré de probabilité. Cette probabilité ne se changera en certitude que par le con-

ressources, n'est pas complètement à Tabri des méprises de la crédulité populaire, comme le prouve le trait suivant, que nous empnmtons aux Instnœtions populaires sur le calcul des probabilitésy^djc A. Quételet. (Bruxelles, 1828, in-24). " Quelques jours après la.bataille de Waterloo un journal du pays annonça qu'un personnage auguste (le prince d'Orange), ayant été blessé, pris par les ennemis et sauvé ensuite de leurs mains, jeta ses décorations à ses libérateurs en s'écriant : Mes amis, tous, vous les avez méritées ! Ce fait fut répété et a été cité depuis dans plusiem*s ouvrages comme un des faits historiques les mieux établis. Nos descendants se garderont bien de douter de son authenticité, puisqu'il a été décrit et répété sous nos yeux. Cependant nous avons vu l'auteur de ce récit, innocemment imaginé, s'effrayer de la confiance avec laquelle il avait été reçu et des arguments qu'on peut en déduire pour [contre ?] la vérité des faits historiques. „ Ouv, cUé, p. 212, note.

cours d'autres indices tirés, soit de monuments contemporains, soit de traditions diverses dont Tharraonie avec les premières serait inexplicable, si elle ne résultait de la vérité des faits.

Voilà la seule méthode digne d'im esprit judicieux. Elle ne donne pas sans doute des résultats aussi prompts que les vagues principes dont nous avons montré Tinsufflsance.Les conclusions y sont moins tranchées, mais elles sont plus sûres. Cela vaut mieux de tout point pour la science.

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