‹ Principes de la critique historiqueChapitre 108 sur 146 · CHAPITRE Xffl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xffl

De rargumtnt négatif. Tbétries de Baronius, de Launoy, de Mabiilon, deNoSI Alexandre et de J.-B.Thiers.

A la suite de rargument de tradition se présente inévitablement l'argument négatif, non pas comme son allié, mais comme son adversaire naturel. Chaque fois, en- effet, que les partisans d'une thèse historique doivent se borner à invoquer en sa faveur une tradition de date relativement récente, leurs contradicteurs ne manquent pas d'y opposer aussitôt un argument négatif; et les deux antagonistes restent souvent en présence pendant des annexes, ou même pendant des siècles, sans pouvoir remporter l'un sur l'autre un avantage décisif.

Les choses se passeraient autrement si l'on était parvenu à faire adopter, par rapport à la valeur de l'argument négatif, quelqu'une des règles radicales posées dans les derniers siècles par des critiques de renom. Malheureusement ces règles

sont en complète contradiction entre elles. Cette circonstance, jointe à celle de l'autorité de leurs tenants respectifs, est déjà de nature à inspirer une légitime défiance. Les principes de critique justes, clairs et pratiques ne soulèvent pas de telles oppositions de la part d'hommes savants et amis de la vérité. Il faut en conclure qu'il manque aux règles dont nous voulonsparler ici quelqu'une des trois qualités indiquées, et peut-être toutes à la fois.

Commençons par constater ces errements de certains de nos devanciers. Us nous aideront probablement à distiller la voie la plus sûre. Mais avant tout, en faveur de ceux de nos lecteurs qui seraient peu familiarisés avec les théories de la critique, rappelons ce qu'on entend proprement par un argument négatif. C'est celui qui se déduit, non pas d'une dénégation plus ou moins formelle opposée par un écrivain à l'assertion de l'un de ses confrères par rapport à un fait afiBrmé par celui-ci : — on aurait là un témoignage des plus positifs contre la vérité de ce fait; — mais du silence gardé à son sujet dans les documents contemporains et dans ceux d'un âge peu éloigné de l'époque où il doit s'être passé.

Ce silence constitue-t-il toujours une preuve concluante en faveur de ceux qui nient le fait? ou du moins peut-il fournir une preuve semblable

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