CHAPITRE XVI
soit tout l'ensemble de cette vaste science, soit quelqu'une de ses branches, comme aussi par les mémoires présentés aux sociétés savantes, en particulier à ces modestes académies qui tendent de plus en plus à se former dans tous les centres de population de quelque importance, et enfin par les publications consacrées à l'étude de l'histoire et des antiquités d'une province ou d'un département.
C'est à ces ouvrages et, autant que possible, à l'avis de savants particulièrement versés dans la matière, qu'il faudra recourir pour résoudre les deux questions préalables qui se présentent pour les témoignages non écrits comme pour les témoignages écrits, celle de l'authenticité ou de la provenance, et celle de la signification, c'est-à-dire, dans un grand nombre de cas, de l'usage auquel ont servi les objets découverts. Ces questions sont plus épineuses que lorsqu'il s'agit de pièces écrites, et les règles qui doivent y guider l'esprit, bien plus difficiles à formuler et à appliquer. C'est ici surtout que la sagacité et l'espèce de coup d'oeil divinatoire, qui sont les fruits d'une longue pratique, apportent un secours beaucoup plus important que les règles les plus précises. C'est à force de voir et de comparer qu'on apprend à bien distinguer.
Après cela vient le rôle de la critique historique
proprement dite. Elle trouvera dans l'étude de ces précieux restes du passé, soit un éclaircissement ou une confirmation de textes historiques, soit la révélation d'un fait qui n'est pas consigné dans ces textes, soit, et le plus souvent, le point de départ de conjectures aboutissant ensuite à des découvertes d'une grande importance. Et qu'on ne croie pas que l'absence de documents écrits laisse toujours planer sur ces découvertes un nuage qui ne sera dissipé que par un texte formel et explicite. La certitude peut devenir entière rien que par l'examen des témoins muets.
Ici encore il n'y a qu'à choisir dans les publications de M. J.-B. de Rossi sur les hypogées romains pour trouver des exemples du plus heureux emploi de ce genre de preuves. Qu'il suffise de rappeler la démonstration tout à fait péremptoire que l'illustre archéologue a th:ée de la forme des galeries et de la nature du terrain dans lequel elles ont été creusées, pour établir que le but immédiat qu'on avait eu en vue dans ce travail se réduit à l'usage qu'en ont fait les chrétiens. Personne ne songera plus à ressusciter la vieille erreur qui voyait dans ces cimetières souterrains d'anciennes carrières abandonnées, que les chrétiens auraient adaptées à leur nouvelle destination.
Voici un autre exemple que nous empruntons à un compte rendu publié dans une Revue critique