‹ Principes de la critique historiqueChapitre 137 sur 146 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

ayant à sa tête un évêque dont Tautorité devait se perpétuer par une succession régulière^ Rien, continuent les défenseurs de la thèse de Fapostolicité, n'autorise à croire qu'il y ait eu à cet égard une anomalie pour les Gaules, et nous devons juger, en conséquence, que les églises de ces pays, dont parlent saint Irénée,Tertullien et Orîgène, avaient chacune un pasteur revêtu du caractère épiscopal, chargé de les maintenir et de les guider dans la profession de la foi et de la doctrine de Jésus- Christ Ce n'est pas ici le lieu d'examiner la force démonstrative de cet argument. Il nous suffit de constater, ce que personne ne conteste, pensonsnous, qu'il mérite d'être sérieusement pesé. Et cependant, encore une fois, peut-on nier que ce soit un véritable argument à priori?

On comprend, par ces exemples, ce que nous entendons par argument à priori^ par rapport à un fait historique mis en discussion. Il consiste dans un raisonnement fondé sur la nature même du fait considéré en lui-même, en dehors des témoignages et d'autres indices particuliers par lesquels nous pouvons arriver à le connsutre et à en démontrer la vérité ou la fausseté. En d'autres termes, plus précis et plus distincts, nous dirons qu'il fournit une preuve pour ou contre la vérité du fait, en établissant qu'il est ou qu'il n'est pas conforme aux lois générales qui régissent le monde.

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274 PRINCIPES DE LA GRinQUE

On peut distinguer ces lois en trois classes. La première comprend les lois essentielles ou métaphysiques, telles, par exemple, que le principe de contradiction, qui prononce Timpossibilité de la coexistence de deux choses absolument contradictoires entre elles, dont Tune entraîne nécessairement TafiOrmation de ce qui n'est pas moins nécessairement exclu par l'autre ; et le principe de causalité, suivant lequel nul être n'existe sans qu'il y ait une cause ou raison suffisante de son existence, soit dans sa perfection intrinsèque et nécessaire^ ce qui est le cas du seul être infini, soit dans l'action d'un autre être proportionnée à l'effet produit. La seconde classe est celle des lois physiques, qui président aux phénomènes du monde de la matière et à l'activité des êtres qui le composent On peut encore ranger dans cette classe de lois celles auxquelles sont soumises les natures et les facultés spirituelles qui ne dépendent pas ou en tant qu'elles ne dépendent pas de l'influence du libre arbitre. Enfin la troisième classe est constituée par les lois morales, qui régissent l'activité des êtres libres. Que ce genre de lois existe, c'est-à-dire qu'on puisse déterminer des manières d'agir constantes des êtres libres, placés dans telles ou telles conditions, sous telles ou telles influences, c'est un fait que nul ne contestera, pour peu qu'on se soit livré, sous la conduite de bons

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