‹ Principes de la critique historiqueChapitre 138 sur 146 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

guidés, à Tétude du cœur humain. Ainsi une loi morale bien certaine, c*est (|ue nul homme n'aimera ni ne poursuivra le mal comme tel, mais seulement lorsqu'il se présentera sous Tapparence <i'un J}ien ; une autre loi, c'est qu'un homme quelconque, à moins d'être un monstre de perversion, sera naturellement porté à dire la vérité, s'il n'a abselunjent aucun intérêt à mentir.

Voyons maintenant à quoi peut servir la considération de ces trois classes de lois dans le jugement à porter sur la vérité d'un fait historique.

Tout d'abord, si le fait en question présente des détails absolument contradictoires et inconciliables, il est évident qu'il n'en faut pas davantage pour nous le faire rejeter sans plus d'examen. Seulement il importe de bien constater qu'il y a réellement contradiction absolue, sans nul moyen de conciliation, entre les circonstances qu'on nous présente comme devant être admises en même temps. Que de fois il arrive que, dans la chalem* du récit, par inadvertance, ou quelquefois par une réticence moins involontaire, mais qui se trahit ensuite par l'incohérence même de la relation, ' un témoin y introduise certaines invraisemblances ou impossibilités qu'il est aisé de faire disparaître en le pressant un peu ou en mettant en lumière des détails qu'il avait eu soin de rejeter le plus possible dans l'ombre ! Que de fois encore

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