‹ Principes de la critique historiqueChapitre 14 sur 146 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

homme de bon sens et de bonne foi. Elles avaient déjà été mises en Imnière au siècle dernier par Tiraboschi et Ancres ; mais, jusqu'il y a vingt ans, bien peu d'écrivains catholiques les ont franchement adoptées. Dans leur zèle imprudent à laver l'Église et le Saint-Siège du reproche d'erreur ou de fanatisme, la plupart ont misérablement travesti les faits et imaginé deux ou trois systèmes de défense également insoutenables (1). On a dit et crié bien haut que Galilée avait été condamné, non pour avoir enseigné le mouvement de la terre, mais pour avoir eu la prétention d'ériger cette conclusion scientifique en dogme de foi ; qu'il lui avait été permis de la défendre comme une hypothèse probable, pourvu qu'il s'abstînt de la soutenir comme la seule vraie et invinciblement démontrée; Et cependant on avait la sentence de condamnation et la formule d'abjuration imposée à Gali-

(1) Voyez la notice bibliographique placée par M. Th. Henri Martin à la fin de son livre. — Cette notice a besoin d'être complétée actuellement. M. Ph. Gilbert, professeur à rUniversité catholique de Louvain, a publié en 1869 daûs la Revue Catholique de Louvain, puis réuni en Tolume (Louvain,Ch.Peeters), une série d'excellents articles sur la question de Galilée. Le même savant nous a tenus ensuite régulièrement au courant des publications nouvelles sur le même sujet, dans la Revue des questions scientifiques de Bruxelles, tome I (1877), p. 353 ; tome II, p. 129; tome III (1878), p. 589 ; tome VH (1880), p. 255 ; et tome IX (1881), -p. 230.

lée (1), OÙ il est dit expressément que ce savant ** s'est rendu véhémentement suspect d'hérésici ** parce qu'il a cru et tenu ime doctrine fausse et ^ contraire aux saintes et divines Écritures, à ** savoir que le soleil est le centre de l'univers et ** qu'il ne se meut pas d'Orient en Occident, et " que la terre se meut et n'est pas le centre du ** monde. ^ On a dit et répété à satiété que la première décision prise dans cette affaire (en 1616) avait été tout à fait sage et modérée, et que c'est aux imprudences et à la fatuité de Galilée qu'il faut imputer la sentence plus sévère de 1633. Et cependant on pouvait lire dans cette dernière sentence et dans la formule d'abjuration qu'en 1616 " il lui avait été enjoint par- précepte formel " d'abandonner la fausse opinion qui tient que le "* soleil est immobile au centre du monde et que

" la terre n'est pas le centre et qu'elle se meut; ** défense lui avait été faite de tenir, de défendre ^ ou d'enseigner d'une manière quelconque la dite ** fausse doctrine, et ce sous peine d'être jeté en ^ prison; il lui avait été notifié que la dite doc- * trine était en opposition avec la sainte Écri- ** ture... «

(1) Déjà imprimées en 1651 dans VAlmagestum novum de Riccioli. M. Martin {<mv, cité, p. 208) indique en outre des éditions de ces documents faites antérieurement à Liège et à Paris.

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