‹ Principes de la critique historiqueChapitre 15 sur 146 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

N'y a-l-ii pas dans ces maladroites réponses un tout autre scandale pour les faibles que celui qu'on Toolait prévenir en les produisant? Ce dernier, en tout cas, ne serait que temporaire, et il perd de son darder à mesure qu'il se répète plus souvent, au lieu que l'autre reste à jamais et deviendra d'autant plus formidable que nos ' adversaires pourront en apporter des exemples plus nombreux et plus frappants.

On ne se méprendra pas, nous osons l'espérer, sur le sentiment qui a dicté ces lignes. Certes nous comprenons qu'un chrétien ne se propose pas d'autre but dans ses travaux que l'exaltation de l'Église sainte à laquelle il a le bonheur d'appartenir et le bien des âmes rachetées par le sang d'un Diea Nous comprenons que l'amour de la science soit subordonné chez lui à ce noble sentiment, et qu'il renonce volontiers à la satisfaction de contribuer à ses progrès, s'il devait en résulter quelque péril pour des intérêts d'une importance si capitale. Nous comprenons même qu'il se laisse entn^er d'abord par l'ardeur de son zèle à adopter les opinions qui se présentent au premier aspect comme plus favorables à ces intérêts. Mais ce qui serre douloureusement le cœur, c'est de voir ensuite l'obstination du parti pris poussée jusqu'à fermer les yeux à la lumière des témoignages les plus irrécusables, ou, ce qui est plus révoltant

encore, jusqu'à dissimuler ou tronquer ces témoignages, et enfin jusqu'à s'irriter contre ceux qui refusent de recourir à de pareils expédients et à mettre en suspicion leurs sentiments de foi et d'attachement à l'Église. Ah! nous aussi, nous nous flattons d'avoir pour mobile principal de notre amour de la science le désir de servir une cause tout autrement grande et chère à nos cœurs. Mais nous avons, de plus, la conviction que les conquêtes de la science doivent aboutir définitivement au triomphe de la vérité révélée et de l'Eglise, qui est son interprète; et comme la raison et l'expérience nous apprennent que tout ce qui ressemble à des subterfuges ne peut qu'empêcher ou retarder ce triomphe, quoi qu'il en soit de l'avantage immédiat qu'on espère en retirer, nous croyons ne pouvoir repousser avec trop d'indignation toute alliance avec le mensonge ni trop recommander comme un impérieux devoir, en histoire comme partout ailleurs, la sincérité du langage et la loyauté du jugement.

Prenons garde cependant de donner dans un excès opposé en affectant une sorte de dureté ou d'indifférence stoïque pour tout ce qui touche à l'honneur de l'Église et de la religion : cette faiblesse ne servirait qu'à scandaliser et à attrister nos frères ; nos ennemis ne nous en sauraient aucun gré. Ensuite, ainsi que nous le ferons

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