PRINGIPBS DE LA CRITIQUE
en bonne critique, ni en général à regarder comme tenant lieu d'un argument quelconque, cette évidence ou conviction purement subjective, si chère aux écrivains de Técole de Baur et de Strauss, et dont M. Renan a tant abusé dans sa fantaisiste Vie de Jésus. Cette conviction subjective rappelle ce goût particulier par lequel les docteurs du protestantisme ont prétendu autrefois, avant de glisser sur la pente du rationalisme, remplacer l'autorité de TÉ^lise pour la détermination du sens véritable de la sainte Écriture et pour le discernement entre les livres authentiques et les apocryphes. Gomme lui, elle n'a d'autre titre pour se faire accepter que la révolte de l'esprit humain contre une vérité qui humilie sa suffisance (1) ; comme lui, elle est sigette à des variations et à des contradictions continuelles ; comme lui enfin, elle doit amener une infinité de conflits fatalement interminables, parce que les opinions opposées qui se trouvent en présence ne relèvent que d'ellesmêmes et que chacune d'elles, en vertu du principe même sur lequel elle s'appuie, ne peut jamais for-i cer son adversaire dans ses retranchements.
(i) Notons à ce sujet des aveux précieux à recueillir : " Si
* le miracle a quelque réalité, dit BL Renan dans la préface " à la Vie de Jésus (13* édition, p. v), mon livre n'est qu'un
* tissu d'erreurs I , — • Si le miracle et l'inspiration de
* certains livres sont choses réelles, notre méthode est
* détestable , (ibid. p. ix).