‹ Principes de la critique historiqueChapitre 144 sur 146 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

dit, à le lire, que les dangers pour la saine critique sont surtout à craindre de ce côté.

Il nous siérait mal de reculer devant une explication franche et précise.

Nous l'avouerons donc sans détour ; oui, nous avons visé tout spécialement quelques écrivains catholiques. Et même, ce qui nous a fait entreprendre notre travail, c'est la douleur, l'indignation qu'a excitées en nous le succès de certains ouvrages, tels que YHistoire générale de V Église de l'abbé Darras et les Erreurs et mensonges historique^s de M. Gh. Barthélémy, dont les auteurs semblaient prétendre racheter par le bon esprit le manque d'étude sérieuse et de probité scientifique. Il y avait là pour la science catholique un scandale et un danger qu'il fallait combattre à tout prix. A nos yeux, c'était un devoir de conscience. Nous taire, par crainte de qualifications et de suppositions désobligeantes de la part de ceux qui se sentiraient atteints par nos observations ou de leurs amis, nous eût paru une lâcheté.

Nous regardons comme superflu de protester que nous n'avions à satisfaire aucune rancune, soit personnelle, soit de corps ou de parti, et que l'amour de la vérité, de la science et de l'Église a seul guidé notre plume. Aussi, en relisant ces pages après plus de douze ans, consacrés presque tout entiers aux études historiques, nous n'avons

éprouvé aucun remords. En les reproduisant, nous n^avons eu à rétracter ou à modifier aucune des idées qui y étaient émises. Du reste, les sévérités que nous avons cru pouvoir nous permettre à Tendroit d'écrivains catholiques ont été accentuées depuis avec plus d'énergie encore par des hommes d'une mcontestable compétence. M. Tabbé Ulysse Chevalier dans les Lettres chrétiennes (1), M. Tabbé Duchesne dans le BuUetin critique (2), leur ont fait entendre des paroles tout autrement dures que les nôtres ; et nous lisons dans la dernière livraison du JSt^Zteim (3) que M.Tabbé Douais, professeur d'histoire ecclésiastique à la Faculté catholique de Toulouse, dans une brochure qu'il vient de publier sur VEnseignement de Vhis^ toirê ecclésiastique^ signale ** l'insuffisance des histoires générales de Rohrbacher et de Darras, qui, parce qu'elles furent écrites dans un sens anti-gallican, parurent combler toutes les lacmies, mais dont le succès a été considéré à l'étranger comme la preuve la plus significative de la décadence des études historiques au sein du clergé français. „ Ces maîtres distingués ne se sont pas fait illusion plus que nous : ils ont vu que la liberté do leur langage pourrait donner heu à bien des frois-

(1) Prem. Liv. (Mai-Juin 1880) p. 154 et suiv.

(2) Tome 1 (1880), p. 123. Comp. tom. II (1881), p. 1-2.

(3) Livr. du 15 Janvier 1883, p. 34.

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