‹ Principes de la critique historiqueChapitre 34 sur 146 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

* par ce procédé sophistique, éluder ou combattre

* les preuves recueillies dans ces recherches ;

* mais il n'en serait pas moins obligé de se rendre " à l'évidence qui ressort de la merveilleuse syn-

* thèse de l'ensemble : celle-ci doit convaincre

* pleinement tout esprit judicieux et réfléchi. „ Ces paroles de l'éminent archéologue nous dispensent d'insister davantage. Le cas particulier qui les a provoquées fournit, au surplus, une confirmation frappante des idées que nous venons d'exposer.

Oserons -nous pousser la hardiesse jusqu'à vouloir trouver dans les observations précédentes l'explication d'un fait qui a dû frapper plus d'un de nos lecteurs ? Il n'est pas rare de rencontrer des hommes qui montrent une prodigieuse force d'intelligence dans l'étude des sciences purement rationnelles, et qui paraissent tout dépaysés lorsqu'ils mettent le pied sur le terrain des questions historiques. On dirait qu'ils ne savent raisonner là qu'au rebours du bon sens. Le P. Janning en faisait déjà malicieusement la remarque dans sa réponse au pitoyable factum publié par le P. Sébastien de Saint-Paul sous le titre deExhibitio errorum^ etc. Il ne nous semble pas bien difficile de se rendre compte d'une anomalie si étrange à première vue. D'abord les sciences rationnelles, et particulièrement la philosophie et la théologie

scolastique, demandent comme conditions de succès, dans les esprits qui s'y appliquent, une certaine subtilité, et surtout une grande puissance d'abstraction et ce qu'on pourrait appeler une impitoyable inflexibilité de logique. Or ces qualités forment souvent un véritable obstacle à la droiture du jugement lorsqu'il s'agit de questions qui ne peuvent guère aboutir qu'à une solution moralement, ou, comme disent encore les philosophes, prudentiéllementcevidime.'De plus,dansles sciences rationnelles, chaque thèse se prouve en général par un seul argument ; ou du moins, si l'on en apporte plusieurs, ils sont indépendants les uns des autres; leur multiplicité ne sert qu'à établir la connexion de la vérité à démontrer avec différents principes, et à convaincre ainsi ceux qui n'admettraient comme évident que tel ou tel de ceux-ci. Dès lors, dans l'examen de la valeur de ces arguments, il n'y a pas d'inconvénient à les prendre chacun à part, et si l'on trouve qu'aucun d'entre eux, ainsi considéré, ne mène rigoureusement à la conclusion proposée, on est en droit de regarder celle-ci comme fausse ou comme douteuse. Il n'en est pas de même, nous l'avons dit, pour les questions de fait. Là aussi, sans doute, on peut et on doit appliquer l'adage Argumenta non numeranda, sed ponderanda; mais il n'est pas permis d'oublier que, dans ce genre de questions, la force de la

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