CHAPITRE V
entraîner à cette digression sur la marche à suivre dans les premières études historiques. Nous parlons à la multitude, assez nombreuse, croyonsnous, de ceux qui apportent à ces études plus d'ardeur et de bonne volonté que de connaissances acquises et d'expérience. Nous nous permettrons donc de répondre encore brièvement à une autre question qu'ils pourraient nous adresser. Comment sera-t-il possible de connaître les travaux publiés avant nous sur le point particulier que nous voulons examiner? Où trouver les documents cités dans ces travaux, et aussi ceux qui n'y ont pas été mis à profit et qui peuvent cependant fournir quelques nouvelles lumières? C'est surtout par la jfréquentation des grandes bibliothèques et par les avis des vétérans de la science que les débutants doivent se renseigner à cet égard. Ils pourront encore consulter utilement les tables analytiques des grandes collections (1), et des ouvrages tels que la Bibliothèque historique de la France du P. Lelong, la Table chronologique des diplômes de Bréquigny, Pardessus et Laboulaye, le Regesta Jmperii de Bôhmer, le Regesta Pontificum Ro-
(t) Comme celle des Mémoires contenus dans les Recueils de r Académie des Insci'iptions et Belles-Lettres et de VAcO' demie des sciences morales et politiques, par MM. Eugène de Rozière et Eugène Chàtel; celîes de la Bibliothèque de VÉcoie des Chartes, etc.
tnanorum de Jafifé, continué par M. Potthast, le Bibliotheca historica medii Bvi de M. Potthast, qui sera bientôt avantageusement remplacé par le Répertoire des sources historiques du moyen âge de M. Ulysse Chevalier, et d'autres recueils semblables (1), fort irrévérencieusement baptisés par les érudits du nom de guide-ânes^ ce qui n'empêche pas les plus qualifiés d'entre eux d'y recourir fréquemment.
Ces recueils ne renseignent pourtant, en général, que les ouvrages historiques proprement dits. Dans certaines questions, il faudra recourir en outre aux inscriptions ou monuments épigraphiques. On comprend sous ce nom les textes gravés sur la pierre, sur le mêlai ou sur d'autres matières différentes de celles dont on a coutume de se servir pour l'écriture ordinaire. Heureusement il n'est pas nécessaire d'aller consulter ces monuments sur place. L'art de la reproduction a fait de tels progrès, des savants de premier ordre se sont appliqués avec tant de zèle à déchiffrer, à transcrire et à réunir dans des volumes que possèdent toutes les grandes bibliothèques, les inscriptions trouvées
(1) Nous nous permettrons de rappeler que nous avons nous-même donné diverses listes de recueils de sources relatifs aux différentes branches de l'histoire, et spécialement de Thistoire ecclésiastique, dans notre Introductio generalis ad historiam ecclesiasticam critice tractandam publiée en 1876.