‹ Principes de la critique historiqueChapitre 39 sur 146 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dans les divers pays du monde civilisé, que cette branche de l'éradition historique est aujourd'hui parfaitement accessible à tous les travailleurs (1). Sans doute tout n'est pas fait et ne le sera jamais en matière de publication de textes. Toujours il restera, aux nombreux fureteurs friands d'inédit, une foule de documents privés ou publics à découvrir et à faire valoir, et le plus humble travailleur peut prétendre à la bonne fortune d'ime pareille trouvaille. Du reste ici encore un grand secours nous est apporté par les catalogues et les inventaires (2), à la rédaction desquels on apporte tous les jours de nouveaux perfectionnements, de manière à rendre les recherches dans les dépôts de manuscrits aussi faciles et aussi r expéditives que possible (3).

(1) Voir dans notre Introductio generalis, p. 391 et suiv., rindication des principaux recueils d'inscriptions.

(2) L'état actuel des catalo^es de manuscrits des bibliothèques publiques de TEurope est parfaitement donné dans les articles publiés par M. Ulysse Robert dans le Cabinet Historique (noMY. série, tom. II (1878), 2*« partie, p. 196 et suiv., et tom. IV (1880), 2*« partie, p. 159 et p. 294) et dans les ouvrages indiqués au commencement du premier de ces trois articles. Nous ne connaissons pas de travail semblable pour les inventaires d'archives.

(3) Nous signalerons comme particulièrement dignes de servir de modèles en ce genre, le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de la villedeValenciennesjparM. J.Mangeart (1860), celui de la bibliothèque de Douai parM.rabbé Dehaîsnes et la BiUiotheca Ckiainensis. Parmi les inventai-

Nous venons d'indiquer en passant une distinction entre les textes, d'un fréquent usage dans la discussion des questions historiques. Les documents écrits peuvent être partagés en deux classes : les documents publics et les documentsprivés. On appelle documents publics ceux qui ont été rédigés officiellement au nom d'une société politique ou religieuse ou de l'autorité qui la gouverne, ou acceptés par cette autorité et promulgués en son nom: telles sont les constitutions et les lettres des souverains pontifes et des évêques ayant rapport à l'exercice de leurs fonctions pastorales, les actes des conciles, les livres liturgiques ; telles les lois émanant du pouvoir civil, les édits, les ordonnances et les diplômes des princes ; telles encore les inscriptions des monuments publics, des monnaies, des médailles. Les documents privés, dans le sens strict du mot, comprennent les lettres, les mémoires, les compositions historiques ou littéraires, écrits par des particuliers sans aucune intervention de l'autorité publique. On peut considérer comme formant un genre intermédiaire, bien qu'il faille plutôt les rattacher aux documents publics, les pièces rédigées pour des intérêts privés, mais sous la sanction de l'autorité

res d'archives, un modèle difficile à surpasser est offert dans la magnifique collection des Calendarsof State Paper s publiés aux frais du gouvernement anglais.

Page 1