CHAPITRE V
publique, telles que les testaments et les contrats revêtus des formalités légales.
Ce ne sont pas seulement les documents écrits qui doivent attirer l'attention de l'historien. La connaissance de bien des faits nous est parvenue par des voies moins directes. Un bon nombre nous ont été conservés dans des légendes qui se sont transmises plus ou moins fidèlement, quelquefois pendant des siècles, d'âge en âge et de génération en génération, avant qu'on ait songé à les fixer par l'écriture: c'est le cas des traditions orales ou populaires. Pour d'autres il ne reste que le témoignage muet des monuments d'architecture, des armes, des bijoux ou d'objets quelconques, dont les habiles savent tirer bon parti pour raconter l'histoire de ceux qui les ont fabriqués ou possédés et qui ont depuis longtemps disparu, plusieurs sans laisser d'autres souvenirs de lem* passage sur la terre (1).
(1) Me serait-il permis d'égayer mon grave sujet en rappelant la définition de l'Académie des Inscriptions mise dans la bouche d'une spirituelle jeune fille par un célèbre écrivain moderne ? * C'est une société très considérée de savants hommes, qui s'occupent entre eux de lire ce qui fut écrit, en caractères effacés, dans une langue inconnue, sur les monuments détruits de peuples qui ont cessé d'être. , Eh bien ! tout cet ensemble de conditions désavantageuses s'est trouvé réuni, ou à peu près, dans les inscriptions cunéiformes, et cela n'a pas empêché les savants d'y lire les principaux traits de l'histoire véritable des peuples
Puis, à côté de l'autorité des textes, des traditions et des souvenirs matériels, le sagace investigateur du passé trouve, dans la puissance de son esprit, le moyen de suppléer à leur insuffisance. Par des conjectures ingénieuses et sagement combinées avec la lumière des témoignages, il saura combler bien des lacunes dans la série des événements que les monuments historiques nous ont fait connaître.
Enfin, il pourra tirer souvent du silence des témoins, et même de la considération des lois générales qui président à l'activité des êtres, des arguments solides pour appuyer ses conclusions.
Voilà, esquissé à larges traits, le champ que nous avons à parcotirir dans cette étude. Abordons-en successivement les diverses parties, en commençant par les témoignages écrits.
anciens, si longtemps défigurée par les fables qu^on avait acceptées trop aveuglément sur Tautorité d*Hérodote.Voilà qui est de nature à encourager les pionniers de l'érudition préhistorique. Làbor omnia vincit improhus!