‹ Principes de la critique historiqueChapitre 41 sur 146 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

AatteaticiM des textes.

Quelques profanes en sont encore à croire que tout est fait pour l'historien, même le plus consciencieux, lorsqu'il est parvenu à rassembler les textes anciens relatif à Tévénement dont il veut rendre compte. A les entendre, il n'y aurait plus après cela qu'à les transcrire bout à bout en les reliant tant bien que mal les uns aux autres par quelques phrases de transition. Cette facile méthode a pu sufBre aux chroniqueurs du moyenâge,

qui ne connaissaient pas même de nomla critique. Mais aiyourd'hui l'histoire a d'autres exigences. Chaque fait historique à éclaircir est un procès à juger. L'appel des témoins ne fait que marquer l'ouverture des débats. Après ce premier acte, commence le travail principal du critique, qui consiste dans l'examen delà valeur des dépositions et dans leur confrontation. C'est ici surtout qu'il est besoin de règles nettes f t sûres pour ne pas

s'égarer. Nous allons tâcher de les résumer brièvement.

Avant tout, il est nécessaire de constater l'identité du témoin. C'est là le premier soin de tout juge consciencieux, et même de tout homme prudent qui doit prendre ime décision sérieuse sur la foi d'autrui.

Un inconnu se présente à nous pour nous faire une communication importante. Il s'attribue le nom et les qualités d'un homme que nous n'avons jamais vu, qui habite un pays lointain, mais que nous connaissons de réputation et savons digne de toute confiance. Avant d'ajouter foi à ce qui nous est annoncé, nous ne négligerons rien pour nous assurer que notre officieux étranger n'est pas im imposteur qui joue un personnage d'emprunt. Si nous trouvons qu'il a voulu nous tromper sur ce point, nous nous garderons de nous fier à ses renseignements. Ou bien on nous apporte un écrit qu'on nous dit expédié par un correspondant tout à fait sûr. Si le moindre indice vient nous inspirer des doutes quant à la probité du messager ou de ceux qui l'emploient, nous commencerons de même par examiner minutieusement la missive, pour nous convaincre qu'elle vient réellement de celui dont elle porte la. signature, et qu'elle n'a subi aucune altération par addition ou retranchement frauduleux.

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