CHAPITRE VI
fera ensuite reconnaître les variantes qu'offrent les différentes copies d'un même document et donnera le moyen de définir quelles sont celles qui ont été transcrites d'après un même modèle original, ou, pour parler le langage des paléographes, qui appartiennent à la même famille.
Ce premier travail, qui n'est pourtant que préliminaire, présente déjà assez de difficultés pour
ner une idée générale des procédés delà paléographie. Ceux qui voudront connaître des détails plus précis peuvent consulter les ouvrages spéciaux écrits sur cet art. Les plus importants sont la PcUseographia Grseca de M ontfaucon et, pour la paléographie latine, le traité De re dîplomatica de Mabillon (Parisiis, 1709. Neapoli, 1789, in-fol.), le Nouveau, Traité de Diplomatique^ par deux religieux Bénédictins de la Cofigrégation de Saint-Maur (Paris, 1750-1765. 6 vol. in-4®) et l'abrégé de ce dernier ouvrage, publié et mis à la hauteur des progrès les plus récents par M. Natalis de Wailly sous le titre de Eléments de Paléographie (Paris 1838, 2 vol. gr. in4°). On trouve une bibliographie très étendue sur ce sujet dans l'intéressant ouvrage de M. Wattenbach, Das Schriftwesen im MiUelalter (2« édit, Leipzig, 1875, in-8«, p- 1-35). Nous ne connaissons pas de traité spécial suffisamment complet sur la paléographie des inscriptions. On peut y suppléer par Tétude des savantes introductions placées en tête des principaux recueils épigraphiques, particulièrement des Inscriptiones christianae Urbis Romae de M. de Rossi, des Inscriptions chrétiennes de la Gaule, de M. Edm. Le Blant, et dans le Corpus inscriptionum latinarum publié sous les auspices de TAcadémie de BerUn. On pourra encore se servir utilement des ouvrages de Morcelli, De stilo inscriptionum latinarum (éd. 2% Patavii 1818-1822, 3 vol. in-**») et Lexicon epigraphicum (Bononiae 1836-1844-, 5 vol in-4*>).
rebuter la plupart des aspirants à la science historique, si tous étaient obligés de Fentreprendre. Hâtons-nous de dire qu'il devient de moins en moins nécessaire. Des hommes spécialement voués à cette branche si importante et si ardue de la critique, d'une probité littéraire à l'abri de tout soupçon, nous ont donné et continuent à publier, avec le généreux concours de leurs gouvernements ou de sociétés savantes, des éditions des sources historiques qui peuvent remplacer, je dirai presque avec avantage, les manuscrits eux-mêmes.
Dans les préfaces de ces magnifiques publications, tous les manuscrits connus de chaque document sont soigneusement décrits, classés, souvent représentés en partie par des fac-similé qui permettent d'en vérifier les caractères paléographiques. L'édition elle-même est faite d'après un des manuscrits principaux; mais, de plus, à chaque page se trouve un relevé exact, qui pourrait parfois paraître minutieux à l'excès, de toutes les variantes qui se rencontrent dans les autres (1). Avec de semblables secours, on peut discuter l'authenticité d'un ouvrage ou d'un texte, sans avoir besoin de parcourir toutes les grandes bibliothèques de l'Europe et de se fatiguer les yeux et la tête à déchiffrer les écritures plus ou
(1) Nous nous contenterons de citer comme spécimen la collection des Monumenta Germanise Historica.