‹ Principes de la critique historiqueChapitre 52 sur 146 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

s'applique à l'étude de l'histoire moderne et qu on veuille être un critique tant soit peu sérieux, de se mettre au courant au moins des plus usuelles, telles que l'allemand, l'anglais, l'italien et l'espagnol, de manière à pouvoir s'assurer de la valeur d'un texte historique emprunté à un document dont l'original appartient à une de ces langues. Quant aux autres, il faudra bien se contenter souvent d'une traduction ; mais on aura soin alors de mettre sa responsabilité a couvert en indiquant la source à laquelle on emprunte l'interprétation du texte, et l'on sera d'autant plus réservé à pousser l'argument auquel elle sert de base, qu'on est moins à même d'en contrôler la parfaite exactitude.

Au surplus, rappelons-nous toujours que la détermination du sens précis d'un terme est une question de fait comme une autre. Par conséquent, pour rester fidèle aux principes que nous avons indiqués plus haut (l),il ne faudra pas accepter do confiance la signification donnée par le lexicographe, mais la discuter à l'aide des textes d'où il la tire. Là se trouve précisément le principal mérite des lexiques que nous venons de nommer. Chaque signification attribuée à un mot y est justifiée par des citations empruntées aux auteurs qui

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s'en sont servis. Plus la détermination du sens est importante pour la question qu'on traite, plus on apportera de soin à vérifier les textes cités et à se convaincre de la légitimité de l'interprétation qui en est déduite.

Les philologues ont si bien exploré toutes les richesses de leur domaine, surtout pour ce qui regarde les langues savantes, que le critique n'a généralement qu'à se mettre à leur suite pour les exploiter à son profit II arrive pourtant que certaines particularités, d'une • grande importance pour lui, ont échappé à leur attention. Ainsi, M. Michel-Etienne de Rossi a été amené, dans ses études sur le système de construction des catacombes de Rome, à examiner si les termes arenaria ou arenarium et crypta armaria doivent être regardés dans les anciens documents comme parfaitement synonymes. Or, en comparant entre eux les différents passages des actes des martyrs romains et du LU}er PorUificalis^ où ces expressions se rencontrent, il est arrivé à cette curieuse conclusion, que la première signifie toiyours les excavations pratiquées pour l'extraction de la pouzzolane, tandis que la seconde, loin de s'appliquer exclusivement aux carrières de ce genre, n'a peutêtre jamais servi à les indiquer : elle désignait des galeries ouvertes dans des couches de matière argileuse ou siliceuse d'une nature toute différente

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