‹ Principes de la critique historiqueChapitre 68 sur 146 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Application. L'examen du récit du baptême de Ccnttantin

par l'abbé Darrat (1).

Les principes et les règles que nous avons formulés dans les trois chapitres précédents semblent si simples et si élémentaires, ils s'imposent si clairement à l'esprit, qu'il peut sembler incroyable qu'un écrivain faisant profession de critique puisse les méconnaître à peu près tous à la fois. Le passage de V Histoire générale de V Église, par l'abbé Darras, que nous allons mettre souis les yeux de nos lecteurs, est de nature à les désabuser de cette illusion. D montrera jusqu'où peut entraîner l'influence d'une idée préconçue.

S'il est un fait bien établi maintenant dans l'histoire ecclésiastique, c'est assurément celui du baptême de Constantin à la fin de sa vie (2). Ce

(1) Histoire générale de V Église, (Paris, Vives), tom. IX, p. 72-100.

(2) Ainsi renseignait aussi BIgr J. B. Palma dans ses leçons

fait nous est attesté par Tami et le confident de l'empereur, Thistorien Eusèbe, qui nous a laissé une relation détaillée de tous les incidents de la cérémonie. Un autre témoignage, non moins respectable, vient à l'appui du premier. C'est celui des évêques du concile de Rimini, tenu en 359, vingtdeux ans après la mort de Constantin. Enfin, dans le rv® siècle encore, nous rencontrons deux autres témoins considérables, saint Ambroise et saint Jérôme, tous les deux bien à même de savoir la vérité, et cpii affirment positivement le fait; tandis qu'on ne peut citer, pour le contredire, que des textes de documents apocryphes ou d'écrivains orientaux, notablement postérieurs à cette

d'histoire ecclésiastique professées au Collège de la Propagande et au Séminaire Pontifical à Rome : * Quae de Gon- •* stantini baptismo habet Eusebius, dit-il, invictum afferunt "" monumentum, quo illorum hominum sententîa rejicitur " qui arbitrati sunt imperatorem in urbe Roma anno 324 a

* Silvestro pontifice fuisse baptizatum. „ Puis, après avoir rappelé les divers témoignages que nous indiquerons nousmême, il conclut : " Haec vero sunt ejusmodi ut cum argu- ** mentis comparata quae a contrarias sententiae defensoribus

• afferuntur, évinçant Romanum Constantini baptismum " denegari omnino oportere. „ (Prseïectiones historiœ ecclesiasticœ, quas in... pontificio Seminario Romano habuit J. B. Falma, tom. I, part ii, Romae 1838, p. 42). Ces assertions se trouvent répétées en ces termes dans les cinq éditions des Prseïectiones, toutes publiées à Rome (la dernière en 1875) et revêtues de l'approbation du Maître du Sacré Palais. Voilà qui peut rassurer les âmes timorées, qu'effrayerait l'autorité du Martyrologe et du Bréviaire romains.

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