‹ Principes de la critique historiqueChapitre 69 sur 146 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

époque. Le plus ancien de ceux-ci est un Arménien, Moïse de Khorène, qui termina son Histoire d'Arménie au plus tôt en 441, date des derniers événements qui y sont rapportés (1). Cependant on est parvenu à se persuader que Tautorité des témoins de la seconde catégorie doit seule être

(1) n est vrai qu'on suppose que Moïse a extrait sa notice sur Constantin d'un écrivain plus ancien, Agathangelus ou Agathange, auteur, nous dit-on, que ** nous ne connaissons ' aujourd'hui que par cette unique mention de Moïse de " Corène ! « Mais 1** Moïse de Khorène renvoie à Agathange, non pour le fait du baptême de Constantin, mais pour celui du succès qui couronna sa lutte contre les ennemis de la vraie foi : il est facile de s'en assurer en lisant le texte- de l'écrivain arménien ; 2* Agathange n'est pas aussi inconnu qu'on veut bien le dire. Son Histoire du règne de Tiridate a déjà été plusieurs fois éditée. Voici les renseignements que nous trouvons à ce sujet dans une note du savant orientaliste M. Félix Nève : " On connaissait autrefois " l'Histoire d' Agathange d'après un texte publié par les ** BoUandistes dans la vie de S. Grégoire, premier patriar- ** che de l'Arménie. On en possède aujourd'hui le texte

• arménien imprimé à Venise en 1835 (vol. in-24) et ime

• traduction italienne pubUée sous les auspices des Mékhi-

* taristes : Storia di Agatangelo, etc. (Venezia, 1843, vol.

* in-8'*) , (Revue catholique de Louyain, année 1857, p. 411). — Une nouvelle édition de l'œuvre d' Agathange a été donnée plus récemment par M.Victor Langlois dans le premier vohime de la Collection des historiens anciens et modernes de V Arménie (Firmin-Didot, 1867). — Or, on trouve en effet dans Agathange une assez longue relation des succès de Constantin après sa conversion à la foi chrétienne (Ed. Langlois, p. 185, 186. — Act, SS. tom. VI Septembris, p. 572) ; mais nous n'y avons rencontré aucune mention du baptême de ce prince à Rome.

prise en considération, et qu'il faut tout simplement écarter les premiers. Voici le procédé mis en œuvre pour établir cette singulière thèse. On commence par supposer quUvidemment saint Anibroiae reproduit ici la leçon d'EuaUbe (1)^ aussi bien que saint Jérôme, sans avoir eu d'ailleurs aucune connaissance du fait Nous sommes loin d'admettre la légitimité de cette hypothèse toute gratuite et invraisemblable, surtout pour le témoignage de saint Ambroise. Mais contentons-nous de discuter les réponses qu'on oppose aux éclatants témoignages d'Eusèbe et de la lettre du concile de Rimini. Pour ce dernier, on s'en débarrasse assez lestement Après avoir cité une partie du texte de la lettre (2), on continue : * Tel est le texte du '^ concile de Rimini. Il se prêterait merveilleuse- '^ ment à la version d'Eusèbe, si le prince désigné

* dans l'original grec sous le nom de Kwwxavxivoc

* et qui mourut quelques mois après le concile de

* Milan (349), après avoir reçu le baptême dans la

(1) Les mots soulignés sont extraits textuellement de la dissertation de Fabbé Darras. Il en est de même de la phrase placée entre guillemets au commencement de la note précédente et de toutes celles qui seront citées dans la suite de cette discussion d*une manière analogue, sans indication d'autre source.

(2) Nous citerons ce texte plus bas, en suppléant les phrases omises parTécrivain français et qui, comme on le verra, affaiblissent un peu la valeur de son argument.

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