‹ Principes de la critique historiqueChapitre 70 sur 146 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

^ foi catholique, pouvait être Cionstantin le Grand. *^ Mais Constantin le Grand était mort en 337. '^ Impossible donc qu'il eût assisté en 349 au con-

• cile de Milan et qu'il en eût promulgué les

• décrets. Or, il y eut réellement un empereur ^ orthodoxe qui assista au concile de Milan, qui *^ fut baptisé peu après et qui tomba bientôt sous *^ le poignard de Magnence. Cet empereur est ^ connu dans l'histoire sous le nom de Constant.

• En grec on le nommait Kcovoravxtoc. Un copiste ^ aura intercalé un v au milieu de ce vocable et en " aura fait leKwvoravftvoc qui défraie encore la cri- ^ tique superficielle de nos vulgarisateurs. C'est là

une simple question de cacographie, redressée " par les notions de la chronologie la plus élémen- " taire. ,

Ne nous laissons pas intimider par le ton assuré de cette conclusion, et considérons les choses d'un peu plus près. D'abord, où a-t-on vu que l'empereur Constant était nommé en grec KcovaTovtioc ? Nous trouvons le nom de ce prince mentionné dix fois par saint Athanase (1). Nous le trouvons encore dans Eusèbe (2), dans VHiêtoire ecclésiastique de Socrate (3), dans celle de Sozomène (4), et

(1) Apol, adv, Arian. cap. 36 ; Apot. ad CanstatUiutn Imp. capp. 2, 3, 8 ; Hist» Arian, ad monachos, capp. 8, 9, 15, 29.

(2) VU. dmsiantini, lib. IV , cap. 40.

(3) Lib. n, capp. 13, 15, 18, 25.

(4) Lib. m, capp. 2, 10, 11, 18, 20, 21 ; lib. IV, capp. 1, 8, 10^11.

dans celle de Théodore! (1). Partout Tempereiir Constant est nommé Ktivdxav; ; le nom de Kwi^iav- Tw; est réservé à son frère Constance^ Se serait-on assuré que les éditeurs des ouvrages cités ont mal lu les manuscrits ou qu'ils ont voulu nous tromper? En ce cas il serait bon de nous en avertir et d'en fournir la preuve. Jusqu'à ce qu'on Tait fait, nous sommes en droit de nou^ inscrire en faux contre cette assertion.

L'erreur du copiste incriminé aurait donc consisté non pas simplement à intercaler un y dans le vocable Kwvjxavxwç, mais à remplacer le <; final de K(»>v»xav; par la terminaison two;. Voilà qui est déjà un peu plus incroyable. Mais il y a plus. Nous avons la lettre du concile de Rimini en grec dans la lettre ou traité de saint Athanase sur. les conciles de Rimini et de Séleucie (2), et dans les histoires de Socrate (3), de Sozomène (4), et deThéodoret (5), et en outre en latin parmi les fragments historiques publiés sous le nom de saint Hilaire (6), et dans l'histoire tripartite de Càssiodore (7). Or, de nouveau, dans les éditions de ces différents

(1) Lib. I, cap. 30 et lib. II, capp. 3, 10.

(2) Gap. 10.

(3) Lib. II, cap. 37.

(4) Lib. IV, cap. 18.

(5) Lib. II, cap. 15.

(6) Fragm. VIII dansTédition des Bénédictins.

(7) Lib. V, cap. 21.

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