CHAPITRE IX
dire qu'Eusèbe, par une inconcevable distraction, n'a fait mention nulle part, dans la Vie de Cort' stantifij non plus que dans l'interminable panégyrique prononcé devant l'empereur en 335, du baptême de ce prince; ou bien encore que les Ariens ont eu l'adresse de supprimer les passages
que Constantin fut proclamé empereur par ses soldats, et au liv. IV, chap. Lxix, où il parle du décret du Sénat de Rome qui conféra ce titre aux fils du prince qu'on venait de perdre. On peut même dire que c'est son terme ordinaire dans tous les endroits à peu près où il met Constantin en parallèle avec les autres empereurs : ceux-ci sont alors appelés aûtoxpdfTops;. Citons quelques textes. On lit au liv. I, ch. iv: fidvov oiSv aôxàv Tûiv il alûivo; ctxo^ pOTfjôivxwv a^xoxpaxdpwv oTo'v Tiva piywTOv ^wattipa... [0eàç] ht^tl^azo, — Liv. I, ch. VIII : ûate... [jwJvov Te aÔToxpax^ptov irapà t6Ï< Trafft KtovŒxavTÏvov Y^oïptÇsaôat, — Liv, I, ch. xii : itax^p yip ^v a^T«J>...'ïcepiçav^ffTaTOç Ttov xa6' "fjiJiaç aÔTOxpato'pwv Kwvffxd^vTioç, — Liv. I, ch. xviii : àXXà x«l e'jxexviqp p-iivo; Tcapà Toùç TcoXXorSç auxoxpaTopaç SiijvôYxe. — Liv. IV, ch. Lxvii : p^voç youv (î)ço^8'à'XXocaiToxpaT(Jpwv,..©eôv'cip.ijaaç, Rapprochons de ces passages la phrase incriminée (liv. IV, ch. LXii) : xal B^ fJLC^voç tûv i^ alôivoç aÔToxpaxc^ptuv Kù)vaTavrïvoç,XpiffTOu jjwtpTupfoiç àvaysvvt^jxsvoç IxeXetooTO...
En vérité, en la comparant aux autres que nous venons de rappeler, et en particulier à la première, nous ne voyons plus pour les défenseurs quand même du système de l'interpolation, d'autre ressource que de renverser leur thèse, et de dire que le chroniqtieur de Nicomédie s'est approprié avec une habileté remarquable la manière d'écrire d'Eusèbe, mais qu'il se trahit par la servilité même de son imitation.
OÙ il en parlait, sans que cette altération ait laissé la moindre trace.
Et sur quoi s'est-on fondé pour ne pas reculer devant cet efifrayant amas de suppositions? Encore une fois, sur de prétendues iiàpossibilités ou de prétendues contradictions qui se rencontrent dans le récit du baptême de Nicomédie. Ayons le coiirage de les discuter brièvement une à une.
Voici la première : ** Les cérémonies saintes ^ s'achevèrent, dit le chroniqueur de Nicomédie. " Et ainsi seul d'entre tous les empereurs qui
* avaient existé dans la suite des âges^ Constantin " fut régénéré par le sacrement du Christ... La ** main qui a écrit ce témoignage peut-elle être la ** même qui avait déclaré dans V Histoire ecdésias- " tique que l'empereur romain Philippe l'Arabe
* était baptisé, qu'il remplissait les devoirs privés
* de chrétien et qu'il fut admis après sa pénitence
* à la participation du sacrement aux fêtes pascales ** dans l'Église d'Antioche? Eusèbe de Césarée
* ne nous a point habitués, dans le cours de son
* histoire,... à de telles inconséquences. Mais enfin
* cette contradiction, si grave qu'elle soit, peut ** lui être échappée par inadvertance. La faiblesse " humaine entraîne tant d'autres méprises. „ Hélas! oui; et nous sommes obligé d'en constater une ici, — un peu moins excusable que celle qu'on voudrait imputer â Eusèbe, — chez son