TABLEAU DES NOTES ENHARMONIQUES
ou LES 35 NOTES EXPRIMÉES PAR 12 SONS.
Nota. — Dans ce tableau, les noies sont disposées par quintes. Les noies naturelles sont écrites en gros caractère; les notes diésées ou bémolisées, en caractère moyen, et les notes affectées du double dièse. ou du double bémol, en petit caractère.
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Voilà pourquoi le clavier du piano ne présente que douze touches par octave.
80. Néanmoins on n'est pas libre d'appeler indifféremment un son des noms divers réunis sur lui par l'enharmonie, mais il faut lui donner le nom que lui assigne le rang qu'il occupe dans la gamme à laquelle il appartient. Par exemple, le si bémol, Zi' degré de la gamme de fa, ne saurait être confondu
(i) L'enharmonie est une des plus remarquables propriétés de notre système moderne, par les rap|]orts qu'elle établit entre des tons fort étrangers, en apparence. Or, le tempérament, favorisant ces transitions enharmoniques qui, sans lui, ser; ' considéré comme un avantage bien p
aient dures et souvent même im[)raticables, doit être
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avec son synonyme la dièse, car la note la ne peut être quatrième degré d'une gamme qui commence par /a; ce k^ degré ne peut être que si ;
fa, sol, la, si, etc.
Réciproquement, la dièse, T degré de la gamme de si, ne pourra être nommé si bémol, car la note si ne peut remplir la fonction de 1" degré dans une gamme dont le premier est un si. Ces noms divers pour un même son qui remplit plusieurs rôles, ne sont donc pas une superfluilé.
81. D'après ce qui précède, on reconnaîtra qu'il y a, pour les sons, trois manières de succéder :
1° Par tons et demi-tons diatoniques ;
2° Par demi-tons chromatiques ;
3° Par transition enharmonique, c'est-à-dire en passant d'une note à sa synonyme.
Ces trois modes de succession constituent les trois genres : le diatonique, le chromatique et V enharmonique.
On comprend que le genre enharmonique est le moins usité.
Ajoutons que les genres sont presque toujours mixtes, c'est-à-dire que le diatonique entre pour beaucoup dans le chromatique, p*. que l'un et l'autre sont nécessairement mêlés à l'enharmonique.
RÉSUMÉ
A. Au moyen des altérations, on peut partager en deux demi-tons chacun des espaces de ton contenus dans la gamme diatonique,
B. Une semblable succession de demi-tons se nomme gamme ou échelle chromatique.
C. La gamme chromatique présente douze sons différents dans rétendue d'une octave.
D. Elle peut être formée, soit au moyen des altérations supél'ieures, soit à l'aide des altérations inférieures.
E. On emploie de préférence les altérations supérieures dans la gamme ascendante; et les altérations inférieures dans la gamme descendante.
F. Tout intervalle de ton se partage en deux demi-tons (Y espèces diffYrcntes.
G. L'un de ces demi-tons est appelé demi ion diatonique, parce que c'est celui qui entre dans les gammes diatoniques.
L'autre se nomme demi ton chromatique, parce qu'il est spécial à la gamme chromatique.
H. Le demi-ton diatonique est toujours formé par deux notes de noms différents : si ut, fa # sol, ré mi I'.
Dans le demi-ton chromatique, les deux notes sont de môme nom, mais dans un état différent : ut ut #, ré b rè b,.
L La gamme chromatique contient, dans l'étendue d'une octave, sept demi-tons diatoniques et cinq demi-tons chromatiques; en tout, douze demi-tons.
J. Les notes qui forment une gamme diatonique sont, à l'égard de cette gamme, des notes diatoniques.
Les notes étrangères à une gamme sont, par rapport à elle des n®tes chromatiques.
K. Il y a deux sortes de notes chromatiques : les chromatiques ascendantes, produites par les altérations supérieures; et les chromatiques descendantes, produites par les altérations inférieures,
L. C'est parce que les altérations supérieures tendent à monter et les inférieures à descendre, qu'on emploie de préférence les premières dans ia gamme chromatique ascendante, et les secondes dans la gamme chromatique descendante.
M. On appelle synonymes ou enharmoniques, les notes qui, sous des noms différents, ont une intonation à peu près identique, telles (\Vi\it a et ré\>.
N. L'enharmonie consiste dans le passage d'une note à sa synonyme.
0. On appelle tempérament, un système dans lequel chaque ton est divisé en deux demi-tons parfaitement égaux. Alors les notes synonymes sont rendues par un son unique ; et ainsi disparaît la légère différence qui, en principe, existerait entre elles.
P. Le tempérament réduit à douze le nombre des sons contenus dans une octave.
Q. Ces douze sons pourraient exprimer trente-cinq notes.
B. Par l'enharmonie, un son reçoit plusieurs noms, mais on n'est pas libre de les appliquer indifféremment. Un son doit toujours prendre le nom que lui assigne la fonction qu'il remplit vlans la gamme.
S. On appelle genres, les différentes manières dont les sons peuvent se succéder.
T. Il y a trois genres : le diatonique, le chromatique et V enharmonique, puisque les sons peuvent se succéder de trois manières, par tons et demi-tons diatoniques, par demi -ton s chromatiques et par transition enharmonique.
U. Dans la pratique, les genres sont presque toujours associés. L'enharmonique est peu fréquent.
EXERCICES
RÉPONDRE AUX QUESTIONS SUIVANTES
(Sar les principes.)
Chaque intervalle de ton peut-il être partagé en deux demi-tonsl — k.
Comment nomme-t-on une série de sons procédant constamment par demi-tonsl — B.
Combien la gamme chromatique présente-t-elle de sons différents, dans l'étendue d'une octavel — C.
Peut-on former la gamme chromatique aussi bien avec les altérations inférieures qu'avec les altérations supérieures^ — D.
Écrit-on habituellement de la même manière la gamme chromatique ascendante et la gamme chromatique descendante! — E.
Un ton partagé en deux fournit-il deux demi-tons de même espècel — F.
Par quel nom désigne-t-on les deux espèces de demi-tonsl — G.
Comment distingue-t-on le demi-ton diatonique du demi-ton chromatique!—"A.
Combien la gamme chromatique^ dans l'étendue d'une octave, renfermet-elle de demi-tons de chaque espèce! — I.
Qu appelle-t-on notes diatoniques et notes chromatiques! — J.
Ne distingiie-t-on pas deri.t sortes de notes chromatiques? Quelles sontelles?— Y..
Expliquez pourquoi la gamme chromatique s'écrit habituellement avec les altérations supérieures pour monter^ et avec les altérations inférieures pour descendre. — L.
Qu'est-ce que tes notes synonymes ou enharmoniques? — M.
En quoi consiste /'enharmonie? — N.
Qu'est-ce que le tempérament dans l'accord des sons de l'échelle musicale?— 0.
Dans le système du tempérament ^ combien y a-t-il de sons réellement différents? — V.
Combien de notes peut-on exprimer au moyen des douze sons fournis par le système du tempérament ? — Q.
Puisque le tempérament réduit le nombre des sons, pourquoi na-t-on pas réduit également le nombre des notes, et a-t-on conservé plusieurs noms pour un même son? — R.
Qu' appelle-t-on genres en musique? — S.
Combien y a-t-il de genres? Quels sont-ils? — T.
(Sur l'application.)
Queis seraient le demi-ion diatonique et le demi-ton chromatique résultant de la division par ce dièse de l'intervalle de ton fonné par les deux notes FA, SOL (ou tontes autres notes à distance de ton) ?
Quels seraient le demi-ton diatonique et le demi-ton chromatique résultant de la division par le bémol de l'intervalle de ton formé par les deux notes FA, SOL (on toutes autres notes à distance de ton)?
Formez un demi-ton diatonique sur telle note naturelle, — sur telle note diésée, — sur telle note bémolisée.
Formez un demi-ton chromatique sur telle note naturelle, — sur telle note bémolisée, — sur telle note diésée.
Quelles seraient les notes diatoniques et les notes chromatiques à l'égard du ton d'vT, où toutes les notes sont naturelles?
Même question par rapport à un ton où toutes les notes seraient diésées ? — Par rapport à im ton où toutes les notes seraient bémolisées ^
Quelles sont les enharmoniques de telle note?
EXERCICES PRATIQUES
Dictées sans modulation, mais avec F emploi de quelques notes chromatiques.
Nous voici en possession de tous les sons dont se compose notre système moderne. C'est l'ensemble de tous ces sons, rangés dans un ordre progressif, qui constitue Véchelle musicale dont, au début, nous avons donné la définition, et que nous pouvons maintenant comprendre.
Nous en apprécions les éléments, nous en connaissons la notation; dans l'étude qui va suivre, nous nous occuperons des rapports de distance existant entre tous ces sons, c'est-à-dire, des intervalles qui les séparent dans leurs diverses combinaisons.
Cette étude a pour objet les rapports qu'ont entre eux les diiïérents sons, quant à l'intonation.
Définuion 82, On appelle intervalle^ la dislance qui existe d'un son à un autre.
83. Il semblerait, au premier abord, qu'en raison du grand nombre de sons dont se compose l'échelle musicale, la quantité des intervalles diil être considérable. Cependant, si l'on observe la manière dont sont accordés les sons de cette échelle (§§ i5 et 67), on reconnaîtra que tous les intervalles peuvent être ramenés à ceux fournis par la combinaison des sons contenus dans un espace de huit degrés (une octave). Comment on g/j. Ainsi que nous l'avons dit (S 9), on donne à chaque intervalle un
les nomme. ^ ^ n ,. .
nom exprimant le nombre de degrés diatoniques que 1 mtervalle contient.
85. En tête des intervalles on place Vunisson, c'est-à-dire l'intervalle nul servant de point de départ.
EXl-MPLli :
UMSson.
Iiilervalle nul. — Il seul et même degré.
SECONDE
lulervalle de deux degrés.
lulervalle de trois degrés.
^^-^^tr— Il
[iilervalle de quatre degrés
Intervalle de cinq
QtMTE. j
de cinq degrés IH)