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TONALITÉ. — FORMATION DE LA GAMME DIATONIQUE

1 19. Nous avons fait remarquer de quelle manière les sons doivent être espacés pour constituer notre gamme; nous allons maintenant étudier le principe en vertu duquel elle est formée.

Ce principe constitutif se nomme tonalité. La lonaiiié.

11 réside dans les affinités qui résultent de la parenté des sons.

120. Cette parenté des sons ressort de la nature même du son considéré dans le phénomène de sa production.

Voici en quoi consiste ce phénomène (1).

Le son est, comme nous le savons, le résultat des vibrations d'un corps ^'"^jg^a"^

sonore. résonnanœ

des

Or, tout corps sonore mis en vibration produit, outre un son principal corpssonores. (le seul qui, en raison de sa prédominance, soit apprécié par une oreille peu exercée), d'autres sons beaucoup plus faibles.

Ces sons, très-délicats, qui prennent naissance avec le son principal qu'ils accompagnent et avec lequel ils viennent, pour ainsi dire, se confondre, se nomment sons harmoniques ou concomitants (accompagnants).

Les sons harmoniques sont à la 12° juste et à la 17' majeure au-dessus du son principal.

Sons armoniques.

sons harmoinqiiei

son principal

(1; Nous ne présentons ici que les points saillants du phénomène de la résonnancc. D'ailleurs est-il besoin de faire observer que nous ne prétendons pas voir dans le système de sons qui constituent notre gamme une conséquence forcée, inévitable du phénomène de la résonnance. Nous avons voulu seulement, dans cette élude, rechercher la raison d'être de notre tonalité, mettre en lumière les rapports qu'ont entre eux les sons dont elle est formée, parenté d'où résulte la supériorité de cette famille de sons sur toute autre combinaison que l'imagination pourrait créer, et qui met la base même de la musique à l'abri des caprices journaliers de la fantaisie.

Intervalles qui, par le rapprochement des sons, tleviendraienl tierce majeure et quinte juste.

-r- : —-*—i- quinte justf —

tierce majeure ( -g^ ) '

Accord par- Quand, imitant la nature, l'art marie avec un son quelconque deux autres sons qui en répètent les harmoniques, il en résulte un ensemble qui fait sur notre oreille une impression complètement satisfaisante, et auijuel on donne le nom d'accord parfait.

EXEMPLE

Accord ) W^ " ou bien "^ S^

parfait l ^^^^ — — ( ^ ^-'-

Formation Voici déjà Irois sons ayant entre eux les affinités les plus directes, les aiatoni!iu™° rapports les plus parfaits. Mais, si agréable que soit l'émission simultanée ou successive de ces trois sons, leur unique reproduction eût fait naître une réelle monotonie (1), et, à eux seuls, ils ne pouvaient constituer une échelle musicale. Il fallut donc leur adjoindre de nouveaux sons qui, tout en étendant le système, ne vinssent pas en rompre l'harmonie.

Pour remplir ces conditions, les nouveaux sons devaient nécessairemenl se rattacher aux premiers ; et c'est en efl'el ce qui a lieu pour notre gamme, ainsi qu'on va le voir.

Supposons, par exemple, la note Méprise comme son primordial; cet ut fera résonner ses harmoniques mi et sol.

Or, le sol, quinte juste de noire ut, ei produit par lui, étant pris, à son tour, comme son générateur, sera accompagné des harmoniques si et ré.

Ce qui nous fait UT, mi, SOL, si, ré.

(I) Du grec nionos, un seul; lunos, tuu.

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