Descartes ne discute jamais la révélation
la Philosophie première. 1 «à pour ob;et d'exposer la science des premiers principes et des premières causes,
- ne au Le qu'Aristote a eu moins de franchise
4 ! semblé de vraisemblables, nn principes par lesquels il tâchait de rendre raison des a
quoiqu'il n’y ait aucune apparence qu’il les ait jama estimés tels?. Or ces deux hommes avaient beaucoup d’es prit et beaucoup de la sagesse qui s’acquiert par les quatre moyeus précédens, ce qui leur donnait beaucoup d”° autorité; en sorte que ceux qui vinrent après eux s’arrêtèrent plus + à suivre leurs opinions qu'à chercher quelque chose de - meilleur, et la principale dispute que leurs disciples euren entre eux fut pour savoir si on devait mettre toutes chose en doute, ou bien s’il y en avait quelques-unes qui fussen certaines, ce qui les porta de part et d’autre à des erreur extravagantes : car quelques-uns de ceux qui étaient pour le doute l’étendaient même jusques aux actions de la vie, … en sorte qu'ils négligeaient d’user de prudence pour se È conduire®; et ceux qui maintenaient la certitude, supposant qu’elle devait dépendre des sens, se fiaient entièrement … . à eux, jusque-là qu’on dit qu'Épieure osait assurer, contre : tous les raisonnements des astronomes, que le soleil n’est … pas plus grand qu’il PATES ee.
C’est un défaut qu’on peut remarquer en la plupart de À disputes, que la vérité étant moyenne entre les deux opi- LE
4. Affirmation tout à fait con- 3. Il est bien difficile de savoir. testable: ni Socrate, ni Platon, à qui Descartes veut faire ici n'ont été des sceptiques. allusion. 4 :
2. 11 faut lien reconnaître qu'un 4. Il semble que la rares pareil jugement sur Aristote est faux défendrait d'accepter aussi ÉEER > et injuste. ment un Spareul on-dit.
PR RE EE Te RESTE : # TM TT soutient, chacun s’en éloigne d’autant plus qu'il ection à contredire. Mais l’erreur de ceux qui
es. Toutefois je ne sache point qu'on l'ait entièreen faisant voir que la certitude n’est pas dans-
ions évidentes ; et que pendant qu’on n’a que les aissances qui s’acquièrent par les quatre premiers rés de sagesse, on ne doit pas douter des choses qui
qu’on ne doit pas aussi les estimer si certaines quon uisse changer d’avis lorsqu'on y est obligé par lévi-. de quelque raison. # te d’avoir connu cette vérité, ou bien, s’il y ên a qui pnnue, faute de s’en être servis, la plupart de ceux de ces derniers siécles qui ont voulu être philosophes ont ivi aveuglément Aristote; en sorte qu'ils ont souvent | rrompu le sens de ses écrits, en lui attribuant diverses inions qu'il ne reconnaîtrait pas être siennes s'ilrevenait en ce monde; et ceux qui ne l'ont pas suivi, du nombre ‘squels ont été plusieurs des meilleurs esprits, n'ontpas sé d’avoir été imbus de ses opinions en leur jeunesse, parce que ce sont les seules qu’on enseigne dans les écoles :
ce qui les a tellement préoccupés qu’ils n’ont pu parvenir
Ja connaissance des vais principes. Et bien que je les
stime tous, et que je ne veuille pas me rendre odieux en -
s | ‘eprenant, je puis donner une preuve de mon dire (que,
; ne crois pas qu'aucun d’eux désavoue), qui est qu'ils ont tous supposé pour principe quelque chose qu’ils n'ont
point parfaitement connue. Par exemple, je n’en sache aueun qui n'ait supposé la pesanteur dans les corps terréstres ; mais encore que l’expérience nous montre bien clairement que les corps qu’on nomme pesans descendent vers le centre de la terre, nous ne connaissons point pour cela quelle est la nature de ce qu'on nomme pesanteur, c’est-à-dire de la cause ou du principe qui les fait ainsi descendre, et nous le devons apprendre d’ailleurs!. On peut dire le même du vide et des atomes, comme aussi du chaud et du froid, du sec et de l’humide, et du sel, du soufre et du mercure, et de toutes les choses semblables que quelques-uns ont supposées pour leurs principes. On toutes les conclusions que l'on déduit d’un principe qui arèst point évident ne peuvent pas être évidentes, quand bien même elles en seraient déduites évidemment : d’où il suit que tous. les raisonnemens qu’ils ont appuyés sur de tels principes n’ont pu leur donner Ja connaissance certaine d’aucune chose, ni par conséquent les faire avancer d'un pas en la recherche de la sagesse. Et s'ils ont trouvé quelque chose de vrai, ce n’a été que par quelques-uns des quatre moyens ci-dessus déduits. Toutefois je ne veux rien diminuer de l’honneur que chacun d’eux peut prétendre ; je suis seulement obligé de dire, pour la consolation de ceux qui n’ont point étudié, que.tout de même qu’en voyageant, pendant qu’on tourne le dos au lieu où l’on veut aller, on s’en éloigne d'autant plus qu’on marche plus longtemps et plus vite, en sorte que, bien qu'on soit mis par après dans le droit chemin, on ne peut pas y
1. Suivant Descartes ja pesan- vements de la matière sublile, teur nest pas une qualité des On retrouvera cette explication corps. Les corps tomb nt parce dans les Principes de la philoqu'ils sont entraînés par les mou- sophie.
river sitôt que si on n’avait point marché auparavant; asi, lorsqu'on a de mauvais principes, d'autant qu’on les altive davantage et qu'on s'applique avec plus de soin à tirer diverses conséquences, pensant que ce soit bien hilosopher, d'autant s’éloigne-t-on davantage de la con- “naissance de la vérité et de la sagesse : d’où il faut conclure que ceux qui ont le moins appris de tout ce qui à été nommé jusqu'ici philosophie sont les plus capables | d'apprendre la vraie.
Après avoir bien fait entendre ces choses, j'aurais voulu mettre ici Les raisons qui servent à prouver que les vrais principes par lesquels on peut parvenir à ce plus haut degré de sagesse, auquel consiste le souverain bien “(le la vie humaine, sont ceux que j'ai mis en ce livre: et deux seules sont suffisantes à cela, dont la première est “qu'ils sont très clairs; et la seconde, qu'on en peut dé- “duire toutes les autres choses : car il n’y à que ces deux conditions qui soient requises en eux. Or je prouve aisé- “ament qu’ils sont très clairs : oremièrement par la façon dont j je les ai trouvés, à savoir en rejetant toutes les mGlioses auxquelles je pouvais rencontrer la inoindre occa- “sion de douter ; car il est certain que celles qui n'ont pu “Cn cette façon être rejetér*, lorsqu'on s’est appliqué à les “considérer, sont les plus évidentes et les plus claires que esprit humain puisse connaître. Ainsi, en considérant Que celui qui veut douter de tout ne peut toutefois douter “qu'il ne soit pendant qu'il doute, et que ce qui raisonne ainsi, en ne pouvant douter de soi-même et doutant néanmoins de tout le reste, n’est pas ce que nous disons être
4. « Ceux qui ne marchent que | jours le droit chemin que ne font » lentement peuvent avancer beau- ceux qui courent el qui s'en éloicoup davantage, s'ils suivent tou- L gnent, » Disc. de la méth.