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MÉTAPHYSIQUE

Toute métaphysique a la prétention d’être générale. £ - En réalité, .une métaphysique, quelle qu’elle soit, a pour. objet de résoudre le problème particulier que s’est posé le philosophe qui l’institue. La métaphysique de Platon | explique comment l'unité, qui est-un besoin de la pensée, se concilie avec la diversité, qui est un fait constamment observé dans la nature. La métaphysique de Kant …

- explique dans quelle mesure la connaissance humaine, ia. pe . science peut être légitime. La métaphysique cartésienne s'attache au problème de la certitude. | Descartes part du doute sincèrement, sérieusement, et non par hypothèse, comme le feront plus tard ses diseiples, Malehranche ou Fénelon. Mais au lieu deprendreson … parti du doute, ou même de s’y complaire, comme Protagoras ou comme Montaigne, il considère le doute comme un

n’est, après tout, qu'un mode de sa pensée. Maïs tout | £ ds de sa pensée, le doute comme tout autre, suppose à propre existence. Son doute suppose donc sa pensée, et a pensée suppose sa propre existence. Le sceptiqueleplus déterminé est donc forcé de dire : Je doute, donc je pense; e pense, donc je suis. Quand le sophiste grec disait que homme est la mesure de toute chose, il conVenait luimême que loute chose a une mesure, et que celte mesure sl r ‘homme. Il est vrai que cette mesure même varie d’un : à l’autre : Pierre n’est pas Paul. Mais peu 1morte de ne sais pas, disait Descartes, s’il existe d'au- “tres hommes que moi; wais, quand j’existerais seu}, à tout. À moins suis-je sûr absolument d'exister. ÿe - Il y a donc au moins une vérité qui défie tous les efforts 1 doute, d'est i ane cerlaine de celui qui doute, dans

s A iemant, poursuit Descartes, quand je m’examine pe 4 noi-même par la conscience ou pe lt réflexion, jet trouve.

tant que représentations, sont peut-être éæ pures éhiméses 2 mais, en tant que modes de ma propre pensée, elles sont ‘toutes aussi certaines que ma pensée même, ou, si lon | veut, que mon propre doute. Le problème qui se pose maintenant est donc celui-ci : Mes idées, qui sont certaines, n tant que modes de ma propre pensée, sont-elles des resentations vraies de quelque réalité différente de moimême?

J'ai l’idée de la feuille de papier sur laquelle J'écris. Cette feuille de papier me parait blanche, et j'ai l’idée de cette | blancheur. Peut-être ces deux idées ne sont-elles rien que

se des modes de ma propre pensée. Per À dent- elles à à rien d’ Dos. en pe. de moi-

tement ce qu'est la feuille de papier par rapport à + . cheur. Il est possible que j’aie, sans m’en apercevoir, donné à la feuille de papier une existence comparable à + mienne. Je ne puis tirer de ces Cons ERRE aucl .conclusion certaine. CT ms Je trouve en moi l’idée de Dieu, c’est-à-dire d’un être

infiniment parfait. Cette idée diffère in non <

“Dies est sie parfait, et je suis nn L'idée F Dieu ne peut donc être en moi que si cie y : été mise 1e

même.

Que si nous reprenons les choses d’une autre manièré, nous arrivons à la même conclusion.

Par ma conscience je me saisis moi-même dans un m

sible, , Car je suis HR ou es je suis par A ha, et cette autre chose, qui est par soi, ne peut

que Din lui-même. .

- Jusqu'ici j'ai pris pour point de départ de mon raisonneent un fait observé en moi. Ne puis-je me placer en des du monde des phénomènes, et, pour ainsi dire, dans le omaine de la pensée pure? Dans touté démonstration les v athématiciens partent d'une définition. Toute se =

I! importe en tout cela de bien observer la marche que it la métaphysique cartésienne. Le point de départ est de istence du moi donnée par la conscience, si lon veut, d ns le phénomène même du doute. Mais l'existence du moi, l'est certaine, est inintelligible sans une autre existence.

ais, puisque nous connaissons cette marque et puisqu'elle + e peut nous tromper, comment peut-il arriver qu'en fait

… nous nous trompions si souvent? Le problème de l'erreur formé une sorte de complément indispensable du problème \

en Ja certitude. Æ

nous voulons découvrir la cause de l’erreur.Or le) jugem l n’est pas un fait purement intellectuel; c’est un acte. L

de nos erreurs. Nous pouvons prendre nos mesures pour … ne jawnais nous tromper. LE

tromper par une équivoque. Quand on demande si le

y a deux mondes : le monde de la sensation, qui est. aussi

d'un demi-pied de diamètre; dans le second, le soleil. est

donc la nature du ete que nous devons examiner,

renferme donc nécessairement en lui-même un élément vo: lontaire. La volonté est libre. Nous sommes donc libres de juger ou de ne juger pas. Si nous savons suspendre notr É jugement jusqu’à ce que l’évidence soit faite, nous ne nous tromperons jamais. L'erreur n’a donc qu’une cause, la précipitation du jugement, qui n’est au fond qu'u un mauvais usage de la volonté. Nous serions mal venus à nous plaindre. Æ

Îlne nous reste plus à examiner qu’un seul point pour Ce terminer le résumé de la métaphysique proprement dite, c'est la question de l’existence du monde extérieur. Les dif ticultés que les philosophes ont rencontrées dans Pétude de cc problème viennent de ce qu'ils se sont toujours laissé

monde extérieur existe, de que} monde veut-on parler? dE

le monde de l'apparence, et le monde de la raison, qui est celui de la science; dans le premier, le soleil est un disque -

un globe plusieurs millions de fois plus gros que la terre. Maintenant, quand on demande si le soleil existe, prétendon demander s’il existe dans l’espace un disque lumineux d'un demi-pied de diamètre, ou bien s’il existe à une im mense distance de nous un globe enflammé plusieurs millions de fois plus gros que notre terre? Pourquoi tant d’esprits pénétrants, et même tant d’esprits supérieurs, ont-ils ee mis en doute l’existence du monde? c’est qu'ils ont eu . £ vue un énsemble d’apparences absolument contradictoires éutre clles. L'œuvre de la science consiste à substituer à

Éc et ensemble bre un Hate dans re toutes pi parties sont absolument cohérentes entre elles, un Sys= Lt tème dans lequel nulle contradiction ne peut trouver place.

Je monde de cette façon, on n’a pas de Du à se débarras- 3 ser de toutes Le objections de ce que j'appellerai res +

TER qui est celle-ci : peut-être le monde même de Ja science n'est-il pas autre chose qu’une création, ou, si l’on veut, qu'une construction chimérique dela

on. ;

3 Descartes n’hésita pas à reconnaître que, placée au dé-

É: put même de la métaphysique, avant le Cogito, ergo sum,

cette objection est irréfutable. Mais nous savons mainte-

- tenant que Dieu existe, et qu’il ne peut pas nous tromper.

Au fond, c’est uniquement de cette vérité que dépend toute

| lasohidité du principe de l’évidence.

Comment donc pourrions-nous, sans mettre en doute la

- véracité divine, supposer que le monde de la science n’est x

qu une chimère ? Ainsi toute la métaphysique de Descartes

se réduit à cet enchaïinement absolument indissoluble de érités évidentes : | 7 TI

Je ne puis douter, sans être sûr que j'existe;

Si j'existe, Dieu existe nécessairement ; ce

Si Dieu existe, le monde lui-même ne peut manquer

d'exister.

Ainsi Dieu est la raison, l’explication de toute existence.

- On pourrait sans doute le poser d’abord à priori; mais,

en agissant de lasorte, on laisserait subsister le scepticisme.

Mieux vaut partir du doute, montrer que le doute se détruit

Jui-même, et s’élever ensuite jusqu’à Dieu. Cela fait, on n’a

pas de peine à prouver que toutes choses se disposent et

‘s’arrangent suivant les lois mêmes de la raison.

Le, À

: cations du principe unique qui la constitue. Le pri de la matière, sa qualité première et essentielle est quoi la matière ne peut être fonte c "est Ë étendue.

Tout est “e > Les parties de l'étendue étant parfaitement ne.

de figures; que les parties de l’étendue peuvent avoi

unes par rapport aux autres une infinité de situatio . qu’enfin des corps réduits à l'étendue sont mobiles. diversité des ane et lens changements s a

due est divisible à l° fans et ses parties sont sr mobiles ; le mouvement bircultire se conçoit dans le plein.

: a ce principe, dont la formule ne laisse pas que un ee vague, Descartes déduit trois lois générales de

s’il en rencontre un plus faible qu’il puisse mouvoir, iles pe d autant qu'il en donne. a Première règle. Si deux corps étaient exactement

cun vers le côté d’où il Ar venu, sans fecdrese rien de : leur vitesse. A Deuxième règle. Si lun des deux corps était tant Soit. peu plus grand que l’autre et qu’ils se rencontrassent avec même vitesse, il n’y aurait que le plus petit qui rejaillirait vers le côté d’où il serait venu, et ils continueraient par. après leur mouvement tous deux ensemble vers ce même. | LOS: TER LR - Troisième règle. Si ces deux corps étaient de même. grandeur, mais que B eût tant soit plus de vitesse que €, à non seulement, après s’être rencontrés, C seul rejaillirait et ils iraient tous deux ensemble, comme devant, vers le 4 côté d’où C serait venu, mais aussi il serait nécessaire que B lui transférât la moitié de ce qu’il aurait de RE de vitesse. :

Quatrième règle. Si le corps C était tant soit peu Se grand que B et qu’il fût entièrement en repos, de quelque vitesse que B pût venir vers lui, jamais il n'aurait la force de le mouvoir, mais.il serait contraint de rejaillie | vers le même côté d’où il serait venu. ee Cinquième règle. Si, au contraire, le corps G était tant soit peu moindre que B, celui-ci ne saurait aller si lente= ment vers l’autre, lequel je suppose encore parfaitement en repos, qu'il n ‘eût la force de le pousser et de lui transférer la partie de son mouvement qui serait requise pour faire qu'ils allassent par après de même vitesse. Sixième règle. Si le corps C était en repos et partie tement égal en grandeur au corps B, qui se meut vers Jui, ; il faudrait nécessairement qu’il fût en partie poussé par B et qu'en païlie il le fit rejaillir; en sorte que, si B était

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