Nous dirions aujourd'hui : 3. Cette preuve toute mathéma
« qui sont en elle ». Il est difficile d'aceuser Descartes d’incorrection.
2. Nous- conservons la manière d'écrire du temps. Dans la première édition du Disc. de La mélh.,. tous les substantifs importants prennent uuc majuscule,
tique de l'existence de Dieu n’esi que la reproduction sous une aulre forme de la preuve connue dans l'école sous le nom de preuve de saint Ansclme. Dans le Disc. de la méth., au lieu de tenir comme ici la première place, elle ne vicut
rm 2 Par, KP L:
DE LA PHILOSOPHIE. M tt.
. 15. Que la nécessité d’être n’est pas ainsi comprise en la notion que nous avons des autres choses, mais seulement le pouvoir d’être {
Elle pourra s'assurer encore mieux de la vérité de - cette conclusion, si elle prend garde qu'elle n’a poin: - en soi l’idée ou la notion d'aucune autre chose où elle … puisse reconnaître une existence qui soit ainsi absolu- … ment nécessaire; car de cela seul elle saura que l’idée - d’un Être tout parfait n’est point en elle par une fiction, comme celle qui représente une chimère, mais … qu'au contraire elle y est empreinte par une nature
immuable et vraie et qui doit nécessairement exister,
parce qu’elle ne peut être conçue qu'avec une existence nécessaire.
16 Que les préjugés empêchent que plusieurs ne connaissent clairement cette nécessité d’être qui est en Dieu.
Notre ame ou notre pensée n’aurait pas de peine à
- se persuader cette vérité, si elle était libre de ses pré- - jugés. mais, d'autant que nous sommes accoutumés à distinguer en toutes es autres choses l'essence de
que la dernière. Il en est de même dans les Méditations. La question de l'existence de Dieu est lrailéc dans Ja 4re Méditation; la preuve, que nous avons ici, n’est exposée que » dans la 5°, On sait l'importance que Descartes attache à l'ordre de sesdéductions, On a voulu voir dans le cliangement que nous signalons ici une preuve que l’esprit gévmé-
trique était devenu dominant dans la pensée de Descartes pendant l'in tervalle qui sépare la composition des Médilations de celle des Principes. Voyez la thèse latine de M. Émile SAISSET.
4. Comparer, cette doctrine à celle de Leibniz, qui soutient que tout ce qui n’est pas contradictoire est possible.
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l'existence, et que nous pouvons feindre à plaisir in sieurs idées de choses qui peut-être n’ont jamais été et qui ne seront peut-être jamais; lorsque nous n "élevons! pas comme il faut ‘ notre esprit à la contemplation des cet Être tout parfait, il se peut faire que nous doutionss si l'idée que nous avons de lui n’est pas l’une de celless que nous feignons quand bon nous semble, ou qui sont possibles encore que l'existence ne soit pas nécessaire”
ment comprise en leur nature.
17. Que d'autant que nous concevons plus de perfection en une chose, d'autant devons-nous croire que sa cause doit aussi-être plus parfaite. =
De plus, lorsque nous faisons réflexion sur les diverses" idées qui sont en nous, il est aisé d'apercevoir qu’il nlys a pas beaucoup de différence entre elles en tant ques nous les considérons simplement comme les dépen: dances de notre ame ou de notre pensée, mais qu’il y en à beaucoup en tant que l’une représente une chose; et l’autre une autre ?; et même queleur cause doit être d'autant plus parfaite que ce qu’elles représentent de leur objet à plus de perfection. Car tout ainsi que, lorsqu’on nous dit que quelqu'un a l’idée d’une machine
1. Pour élever, comme il faut, naître en nous nos idées et dont notre esprit à la contemplation de nos idées sont la représentation en Dieu, nous devons nous efforcer de sont la cause formelle. Aujour-
le concevoir par la pensée pure, d’hui l'usage est de parler la langue sans aucune intervention de l'ima- | de Kant plutôt que la langué giualion, de Descartes. Kant appelle objectif!
9. Dans la langue de Descartes, ce que Descartes nomme formel ct
notre me estla cause objective de subjectif ce que Descartes nomme nos idées; les objets qui font | objectif.
An DE LA PHILOSOPRIE. 4 où il y à beaucoup d'artifice, nous avons raison de nous “enquérir comment il à pu avoir cette idée, à savoir * s’il a vu quelque part une telle machine faite par un autre, ou s’il a appris la science des mécaniques, ou s'il est avantagé d’une telle vivacité d'esprit que de lui- - même il ait pu l’inventer sans avoir rien vu de sem- > blable ailleurs, à cause que tout l’artifice qui est représenté dans l’idée qu’a cet homme, ainsi que dans un
tableau, doit être en sa première et principale cause, non pas seulement par imitation, mais en effet de la “inème sorte ou d’une façon encore plus éminente ! - qu'il w’est représenté. .
18. Qu’on peut derechef démontrer par cela qu’il y a un Dieu.
De même, parce que nous trouvons en nous l'idée d'un Dieu, ou d’un Être tout parfait, nous pouvons - rechercher la cause qui fait que celte idée est en Mnous; mais, après avoir considéré avec attention » combien sont immenses les perfections qu’elle nous représente, nous sommes contraints d'avouer que nous ne saurions la tenir que d’un Être très parfait?,
* C'est-à-dire d’un Dieu, qui est véritablement ou qui exisle, parce qu'il est non seulement manifeste ‘par la lumière naturelle que le néant ne peut être auteur de quoi que ce soit, et que le plus parfait ne saurait être
4. Terme de l'école. Une chos: en ce sens qu'élant plus parfaite est éminemment dans une autre elle renferme sa raison d'être. quand la seconde contient la pre- 9. Très signifie dans ce cas abso-
mière, non pas formellement, mais Lument.
une suite et une dépendance du moins parfait!, mais: aussi parce que nous voyons par le moyen de cette. même lumière qu'il est impossible que nous ayons l’idée ou l’image de quoi que ce soit, s’il n’y a en noust ou ailleurs un original qui comprenne en effet toutes.
les perfections qui nous sont ainsi représentées ; mais. comme nous savons que nous sommes sujets à beau coup de défauts, el que nous ne possédons pas ces extrêmes perfections dont nous avons l'idée, nous devons conclure qu'elles sont en quelque nature qui est différente de la nôtre, et en effet très parfaite,
c’est-à-dire qui est Dieu, ou du moins qu’elles ont été
autrefois en cette chose, et il suit de ce qu’elles étaient”
infinies qu’elles y sont encore.
19. Qu’encore que nous ne comprenions pas tout ce qui est en Dieu, il n’y a rien toutefois que nous connaissions Si clairement comme ses perfections.
Je ne vois point en cela de difficulté pour ceux qui ont accoutumé leur esprit à la contemplation de la
1. Ce principe est le fondement de toute vraie métaphysique et Ja négation du matérialisme qui veut expliquer le plus par le moins.
Voy. un magnifique développement de cetle pensée dans Bossuer, Élévations sur les mystères, 4 semaine, 2% élévation: « On dit : lo-parfait n’est pas; le parfait n’est qu'une idée de notre espril qui va s’élevant de l’imparfait qu'on voit de ses yeux jusqu’à une perfection qui n’a de réalité que
dans la pensée. C’est ce raisonnement que l'impie voudrait faire dans son cœur insensé, qui ne songe pas que le parfait est le premier, et en soi et dans nos idées, et que l’i imparfait en toutes façons n’en est qu'une dégradation. Dis, mon âme, com=" ment entends-tu le néanl sinon par l'être? Comment entends-tu la pri= vation, si ce n’est par la forme dont elle prive? Comment l’imperfection si ce n’est par la perfection dont elle déchoit. »
= | Disinité, et qui ont pris garde à ses perfections infi- . nicS; car encore que nous ne les comprenions pas, L- Dharce que la nature de l'infini est telle que des pensées finies ne le sauraient comprendre, nous les concevons néanmoins plus clairement et plus distinctement que les choses matérielies, à cause qu’étant plus simples et n'étant point ue ce que nous en concevons est beaucoup moins confus. Aussi il n’y a point de spécu- “lation qui puisse plus aider à perfectionner notre -entendement et qui soit plus importante que celle-ci, “d'autant que la considération d’un objet qui n’a point de bornes en ses perfections nous comble de satisfaction et d'assurance.
{ 20. Que nous ne sommes pas la cause de nous-mêmes, mais que c’est Dicu, et que par conséquent il y a un Dieu.
Mais tout le monde n’y prend pas garde comme il faut; et parce que nous savons assez, lorsque nous “avons une idée de quelque machine où il y a beaucoup d'artifice, la façon dont nous l’avons eue, et que “nous ne saurions nous souvenir de même quand l’idée que nous avons d’un Dieu nous a été communiquée de Dieu, à cause qu’elle a toujours été en nous, il
« faut que nous fassions encore celte revue, et que nous recherchions quel est donc l’auteur de notre ame ou de notre pensée qui a en soi l’idée des perfections infinies qui sont en Dieu : parce qu'il est évident que
4, L'idée de Dieu cest innée qui précède ce que le mot inné en nous. — On voit assez par ce signifie,
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