Parmi tant de restes de la civilisation égyp
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tienne, qui rappellent d’une manière frappante nos arls et, notre industrie, on n'a rien trouvé qui donnât l’idée des monnaies et des médailles en usage dans l’antiquité classique et chez les nations modernes. On croit que les scarabées, sur lesquels on lit les noms des Pharaons, pouvaient servir de menue monnaie; mais, dans les transactions importantes, on se servait d’anneaux d’or et d’argent. Sur les monuments égyptiens, et particulièrement sur ceux qui remontent au règne de Rhamsès-le-Grand, les tributs payés aux rois d'Egypte par les peuples vaincus sont représentés sous la forme de plusieurs séries d’anneaux ou de bourses : les uns devant représenter l'or et l’argent déjà fondus en lingots annulaires, et les autres contenant probablement l’or en pépites ou en paillettes
I,es Phéniciens, ce peuple éminemment commerçant, ne paraissent pas avoir connu l’usage de la monnaie aux temps de leur indépendance : il ne nous reste pas plus de monnaies des anciens Phéniciens que des Egyptiens des temps pharaoniques. Les plus anciennes monnaies des Juifs ne remontent non plus qu’à l’époque des Séleucides et des Asmonéens.
Dans les temps bibliques, on pèse pour les échanges l'or et l'argent en lingots. Abraham, après avoir acheté d'Ephron l’emplacement du tombeau de Sara, fait peser en présence des enfants de Heth quatre cents sicles (environ deux kilogrammes et demi) à' argent marchand*, ce que la Vulgate, s’accommodant à des idées
1 Ciiampoluon-Eigi ic, Egypte ancienne, p. 3. — Saigey, Métrologie, p. î6. — I). Vasqdez Qieipo, Essai sur les systèmes métriques et monétaires des anciens peuples, Tom. I. pag. 6".
* Kal ànixoïTtoiTioev 'Aë.aip. tü ’E .pwv to àpYÛ^iov, TtTpaxO'jm îiSpayp* èpvvptov Saxi iov iunôpct;. Gen. XXIII, 16.
plus modernes, rend par la paraphrase argenli probatæ monetœ publicce. Bien des siècles plus tard, Jérémie 1 voulant, par l’ordre de Dieu, acheter le champ d’FIamanaêl, écrit le contrat, le signe et pèse à la balance dix-sept sicles d'argent, en présence de témoins.
Dans les temps homériques, la monnaie est pareillement inconnue. Ni Homère, ni Hésiode n’en parlent; ils expriment la valeur des choses par têtes de bétail. Homère dit que Glaucus, inspiré par Jupiter, troqua ses armes contre celles de Diomède, quoique les armes de Glaucus, qui étaient d’or, valussent cent bœufs, et que celles de Diomède, qui étaient d’airain, n’en valussent que neuf1. Le même poète, au chant suivant, décrivant la manière dont se faisait le commerce au camp devant Troie, dit qu’on y achetait des vins de Lemnos, en donnant, les uns du cuivre et les autres du fer, ceux-ci des peaux, ceux-là des bœufs ou des esclaves.
97. — Les érudits ont soigneusement relevé, comme on le pense bien, tous les passages des écrivains grecs et latins, qui peuvent faire allusion à l'invention de la monnaie; mais ces dires d’écrivains se contredisent souvent, et ils sont loin d’avoir l’autorité qui s’attache aux conclusions tirées des monuments mêmes. Nos collections numismatiques n’embrasseraient pas un espace de vingt-quatre siècles où chaque siècle, chaque période et chaque région un peu notable sont fidèlement représentés, sans qu’il y ail de représentants des siècles antérieurs, si le commencement de l’usage habi-
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