CHAPITRE II r
DE LISFLUENCE DES CHANGEMENTS DE PRIX SUR LA VALEUR NOMINALE ET SUR LA VALEUR RÉELLE DES REVENUS.
163. — En général, et pour les choses susceptibles d’aménagement, de reproduction ou de fabrication régulière, c’est-à-dire pour celles qui intéressent principalement l’économie sociale, les causes de la hausse de prix rentrent dans deux catégories. Elles tiennent à une plus grande difficulté ou à une plus grande cherté de production, par suite des conditions naturelles, des exigences légales ou des prétentions que peuvent élever les propriétaires, les capitalistes, les ouvriers : auquel cas elles restreignent la production et diminuent l’abondance de la chose en même temps qu’elles en élèvent le prix, de manière à être pour la société une cause de diminution réelle de richesse, lors même qu’elles accroissent la richesse d’inventaire, la valeur commerciale créée annuellement, et les revenus que cette valeur procure aux producteurs entre les mains desquels elle se distribue. Ou bien les causes d’augmentation de valeur tiennent à ce que les consommateurs se sont créé de nouvelles ressources, de nouveaux moyens d’échange, par un surcroît de travail et d’industrie : auquel cas l’abondance de la production augmente avec le prix, la richesse réelle croît avec la richesse d’inventaire (quoique dans une proportion très-différente et généralement beaucoup moindre), et la société jouit de
cet accroissement réel de richesse, en même temps qu’augmente le revenu des producteurs.
Inversement, les causes qui font diminuer la valeur d’échange sont de deux sortes. Elles peuvent tenir à l’état de langueur où se trouvent le travail et l’industrie, à l’influence des saisons, aux perturbations sociales qui ferment des débouchés, suppriment des moyens d’échange, réduisent les ressources des acheteurs : et alors il y a déchet dans la production, perte réelle de richesse, en même temps que diminution plus grande encore dans la richesse d'inventaire qui subvient aux revenus des producteurs. Ou bien la chose baisse de prix, parce qu’il y a moins de difficultés naturelles, une meilleure application du travail, une économie mieux entendue dans la production ; parce que des monopoles ou des privilèges abusifs ont fait place à l’émulation et à la concurrence : auquel cas il y a pour la société accroissement réel de richesse, quel que puisse être le sens des variations dans la richesse d’inventaire, où se puisent annuellement les revenus de tous ceux qui concourent <\ la production.
Pour employer les expressions techniques avec lesquelles nous devons supposer que notre lecteur est maintenant familiarisé, nous dirons que la variation de prix peut provenir, ou d’un changement dans la loi de la demande , ou d’un changement dans Y échelle des frais de production , échelle croissante ou décroissante selon la nature des articles, ainsi qu’on a eu déjà l’occasion de l’expliquer (68). La production augmente ou diminue en même temps que le prix, si le changement porte sur la loi de la demande : au contraire, elle diminue quand le prix augmente ou réciproquement, si le