DE L’INFLUENCE DES PRIX SUR LES REVENUS. S
changement porte sur l’échelle des frais de production.
164. — Lorsqu’on multiplie le prix de l’unité produite par le chiffre de la production, on obtient un troisième chiffre appelé produit brut (61), qui varie avec le prix et la demande, et qui comporte en général une valeur maximum pour un prix qui se trouve déterminé en conséquence de la forme trouvée pour cette table, pour cett e fonction empirique que nous nommons la loi de la demande(55). Le produit brut qui se répartit entre tous ceux auxquels nous donnons collectivement le nom de producteurs (148), exprime la part pour laquelle l’article figure dans la composition du total des revenus. Selon que la variation survenue dans le prix rapproche ou éloigne la valeur du produit brut de la valeur maximum qu'il comporte, cette variation aura certainement pour effet d’augmenter ou de diminuer le total des revenus, au moins dans sa valeur nominale. Cela résulte immédiatement des définitions et des explications données dans l’avant-dernier chapitre.
Dès l’instant qu’un article, soumis d’ailleurs à des frais de production, est en monopole, on peut être certain que tout accroissement de frais, en faisant hausser le prix et réduire la consommation de l’article, fera subir au total des revenus, non-seulement une diminution réelle, mais encore une diminution nominale. Pour l’établir, il faut montrer que le produit brut éprouve nécessairement une diminulion. Or, supposons que ce soit, non par suite d’un accroissement de frais, mais par suite d’une méprise sur son véritable intérêt, que le monopoleur renchérisse l’article: son produit net sera diminué, puisque (par hypothèse) l'ancien prix était celui qui rendait le produit net un maximum. Les frais
seront cependant moindres, absolument parlant, puisqu’une moindre quantité est produite et que, selon l’hvpothèse, rien n’est changé aux conditions d’exploitation. Donc il faut que le produit brut soit diminué par le renchérissement ; et comme la réduction de la demande ne dépend que du renchérissement et reste la même, à quelque cause que le renchérissement soit imputable, le raisonnement vaudra, aussi bien pour le cas où le renchérissement est causé par un accroissement de frais, que pour le cas où il est l’effet d’une méprise du monopoleur.
Mais, quand un article soumis à des frais de production est en même temps libre de monopole, une hausse de prix due à un accroissement de frais, en diminuant toujours le total des revenus dans sa valeur réelle, en pourra augmenter ou diminuer la valeur nominale, selon que la valeur initiale tombait au-dessous ou s’élevait au-dessus de la valeur qui rend le produit brut un maximum. La raison pour qu’elle tombe au-dessous, c’est l’absence de monopole : la raison pour qu’elle s’élève au-dessus, c’est la condition des frais de production. On conçoit que, selon les cas, l’une ou l’autre de ces tendances contraires doit l’emporter.
En résumé nous dirons que, si rien n’est changé dans les conditions de la demande, et que celles de la production se soient modifiées]de manière à déterminer une hausse de prix, il y aura|diminulion de production et diminution de revenu réel : tandis qu’il pourra y avoir, selon les cas, diminution ou augmentation dans le revenu nominal.
Et de même, les conditions de la demande restant toujours invariables, si un changement dans les condi-